Le blog de Magali Orsini

  • Les risques d'inflation

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    Un article du banquier Valentin Bissat dans Le Temps de ce jour me laisse perplexe. Selon lui, on doit considérer le coût salarial comme principal indicateur des pressions inflationnistes. J'avais bêtement en tête que c'était l'augmentation du coût des biens et des services qui poussait les salariés à demander des augmentations pour essayer (vainement) de faire face à l'augmentation du coût de la vie. Mais c'est vrai que, dans cette histoire de poule et d'oeuf, il est assez normal que le petit monde de la finance rende les travailleurs responsables de l'inflation. Et de prendre l'exemple d'un iPhone pour lequel 60% des coûts proviennent du design et du marketing, secteurs où les salariés sont sûrement insatiables. Ce qui est sûr, c'est que ce sont bien les plus faibles, comme d'habitude, qui paieront le prix de l'inflation si elle doit se développer, comme le souhaitent si fort nos amis les banquiers.

  • L'imposition individuelle

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    Je suis opposée depuis toujours à cette idée, qui va faire l'objet d'une initiative populaire des femmes de droite. Celle-ci ferait bien sûr faire baisser l'impôt payé au total par les deux personnes d'un couple vivant sous le même toit. Mais où est l'équité ? Prenons l'exemple d'une femme secrétaire vivant avec son mari cadre supérieur dans une superbe villa avec piscine, jardinier et majordome (ou l'inverse bien entendu). Elle ne serait imposée que sur son modeste salaire et l'impôt ne correspondrait en aucune manière à son niveau de vie réel. Par ailleurs, la vie sous le même toit engendre d'indiscutables économies d'impôt (loyers, assurances, etc.). La vraie justice sociale consiste bien à considérer le foyer fiscal comme une unité.

  • A propos de collégialité

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    Me revient le souvenir d'un jour où Mauro Poggia avait annoncé sur Léman Bleu avoir reçu les représentants de la Mosquée dans son bureau pour leur proposer de loger des migrants musulmans dans les immeubles qu'ils possèdent à Genève, afin qu'ils restent dans leur environnement religieux.

    Choquée, j'avais interrogé un autre membre du Conseil dEtat qui m'avait confirmé qu'il n'avait pas consulté ses collègues, qui étaient furieux dans l'ensemble. J'ai su, par ailleurs, qu'il avait été vertement tancé.

    Le rencontrant dans la vieille ville, je lui fais la remarque :

    - Je crois savoir que vos collègues du Conseil d'Etat n'ont pas vraiment approuvé cette initiative

    Réponse immédiate de l'intéressé :

    - Ça, je n'en ai rien à faire !

    Comme quoi, on pouvait être un excellent ministre de la santé et trouver la collégialité superfétatoire. C'est d'ailleurs pourquoi, on l'a chargé de bien plus de responsabilités la fois suivante.

  • A propos de bureaux vides

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    Le Matin Dimanche nous explique que de nombreuses surfaces de bureaux, spécialement périphériques, seront bientôt vides. Les nouvelles habitudes de télétravail ne devraient-elles pas plutôt aboutir à la location par les entreprises d'antennes plus proches du domicile de leurs employés, de manière à éviter à ces derniers de traverser le canton pour se rendre au Siège ? Les logements ne sont souvent pas adaptés au travail à la maison, à cause de leur exiguïté, de la présence de la famille, etc. Une excellente occasion de revoir nos habitudes tout en freinant une crise immobilière.

  • Rien ne leur fait peur

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    Selon Le Courrier, des militants de base du mouvement SolidariteS étant enfin parvenus à être représentés dans ce qui lui sert de comité ("La coordination"), les caciques éliminés (Vanek, Batou et Preciosa, etc.) ont décidé de fonder un nouveau parti "qui serait piloté démocratiquement par les assemblées générales de ses membres" ! Il est vrai qu'il s'agirait d'une nouveauté révolutionnaire venant de gens qui se sont comportés depuis toujours comme des tyrans autocrates. On peut rêver...

  • Et pendant ce temps-là, la finance...

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    Ces quelques considérations sont un résumé d'un article récent d'Eric Toussaint. Il répète que tous les éléments d'une nouvelle crise financière étaient réunis depuis plusieurs années et le coronavirus n'a été que le déclencheur. Les mesures annoncées en 2008 et 2009 pour discipliner les banques se sont limitées à des effets d'annonce. A la fin mars 2020, la FED, la BCE et le Comité de Bâle ont de toutes façons mis fin à presque toutes les restrictions imposées aux banques après la dernière crise. Déjà à l'époque, les milliers de milliards de dollars distribués aux banques par les banques centrales n'ont pas été utilisés pour de l'investissement productif, mais pour acquérir des purs actifs financiers, produisant une bulle spéculative. Face à l'éclatement de la nouvelle bulle boursière qui a commencé en février 2020, la FED a baissé drastiquement son taux directeur, encourageant les banques à augmenter les dettes. Et elle a à nouveau injecté une masse énorme de dollars car les banques répugnaient à se prêter de l'argent. De plus, elle achète massivement des dettes très risquées. Quant à la BCE, elle va également gonfler les crédits avantageux octroyés aux banques. Dans l'ensemble, les banques centrales ont réduit leurs exigences envers les banques qui peuvent actuellement refaire un peu n'importe quoi. De très grandes entreprises commencent à rencontrer d'énormes difficultés pour rembourser les dettes colossales amassées au cours des dix dernières années. En 2007-2008, de nombreuses grandes banques et entreprises ont été sauvées avec de l'argent public. Cela a encore renforcé la concentration financière. Or, l'intervention des banques centrales à partir de mars-avril 2020 est encore plus colossale que celle de 2008. Comment trouver que ce système peut perdurer ?

  • Personne âgée ou senior ?

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    Tel est le grave dilemme traité par une lectrice de La Tribune. Pour ce qui me concerne, je suis la première à me traiter de "vieille" sans que cela me dérange le moins du monde. Aucune dénomination, régulièrement changée pour une nouvelle prétendument plus respectueuse, ne modifiera mon âge réel. Je dispense donc mes interlocuteurs de savantes circonlocutions pour essayer de me faire comprendre que je suis un sujet à risque, que les rêveries romantiques ne sont plus de mon âge, que je ferais mieux de surveiller ma tension et mon taux de cholestérol plutôt que d'aller faire le clown sur les planches, etc. Le régime politique du pays où nous vivons actuellement a bien des défauts, mais il laisse encore la liberté aux vieilles et aux vieux d'organiser leur vie comme ils l'entendent... dans les limites, bien entendu, des instructions de nos autorités et des places disponibles à l'hôpital.

     

  • Avoir la foi

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    Une page entière dans "La Tribune" pour essayer de nous convaincre que la religion a des effets bénéfiques sur notre organisme ! "Un corpus scientifique montre que, globalement, la religion et la spiritualité amènent un effet positif sur la santé mentale". Ces effets psychologiques bénéfiques, se regroupent sous le nom de "coping religieux". "Lorsqu'on croit que c'est une instance supérieure qui décide, cela peut mener à une acceptation de l'adversité, ce qui joue un rôle important dans la résilience".

    Des expériences faites sur des psychotiques montrent que 70% des patients font un usage positif de la religion. J'espère qu'on accordera à ceux qui, comme moi, se croient presque normaux, le droit à une autre forme de croyance : Nous ne sommes que de misérables fourmis à la surface d'une misérable petite planète. Rien ne dit que nous comprendrons un jour ce qu'est la vie. Mais, en tous cas, nous n'avons pas été créés par un Dieu bon. La "nature" se fiche pas mal de notre bien être et toutes les bestioles et les virus ne sont pas nos amis. Je préfère accepter l'adversité en toute lucidité et souhaiter bon vent à mes atomes pour aller reconstituer autre chose après ma mort. En attendant, j'aime aimer (comme dirait Saint Augustin), très satisfaite de l'existence des hormones du plaisir.

  • De la taxation des multinationales.

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    Il est de coutume en Suisse, quand on évoque les travaux de l'OCDE, de s'entendre répondre : "Ils ne sont pas prêts d'être appliqués...". C'est pourquoi on peut se permettre de mettre quinze ans pour décider du taux qu'on appliquera  aux bénéfices des sociétés qui ont leur siège. sur notre territoire. On vient d'apprendre que le 18 octobre prochain, l'OCDE proposera, lors du G20 finances à Washington., son nouveau projet : Les grandes entreprises ne paieraient plus leur impôts au siège du groupe, mais dans les pays où les biens sont exportés et vendus et où les bénéfices sont générés.

    On comprend le peu d'intérêt que présentera, désormais, l'installation d'un siège social de grands groupes sur notre territoire, puisque c'est juste la part du marché intérieur qui sera taxée. Bien que de nombreuses voix aient alerté dans ce sens, Ueli Maurer semble découvrir tout d'un coup que cela risque de bouleverser notre régime fiscal et que les pertes pourraient se chiffrer en milliards de Francs. 

    Sans compter l'incidence sur le marché immobilier si la place suisse ne présente plus d'attractivité particulière.

  • Ultimatum au PDT

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    On lit que SolidaritéS n'acceptera de faire liste commune aux municipales genevoises que si les quatre élus en Ville de Genève qui ont quitté ce mouvement mais sont restés au sein du groupe EAG (Parti du Travail) leur rétrocèdent CHF 150.000 de jetons de présence. Curieuse conception de la notion de "jeton de présence" dont on aurait pu croire qu'elle était prévue pour dédommager précisément les personnes présentes. Mais tout est bon pour racketter de quoi payer leurs pseudo-militants et éliminer les candidats du PDT. Et ils osent parler des "règles de la coalition EAG" alors qu'ils ont longtemps été les adversaires acharnés de tout statut pour cette simple coalition électorale, de manière à pouvoir inventer les règles au fur à mesure de leurs intérêts. En tous cas, l'intérêt général semble bien être le dernier de leurs soucis. Ce sont de toutes petites gens.