13/04/2012

communiqué d'Attac France

Le gouvernement a-t-il donné le feu vert au nouvel outil de spéculation contre la dette française ?

A quelques jours de l'élection présidentielle, Eurex - une bourse allemande spécialisée dans les produits dérivés - lance un nouveau produit financier qui va permettre de faciliter grandement la spéculation sur la dette française. Jusqu'ici réservée aux très gros opérateurs financiers, la spéculation sur les taux d'intérêt payés par la France va devenir accessible au boursicoteur de base.

Comme dans le domaine des matières premières ou agricoles, la spéculation sur les produits dérivés de taux d'intérêt risque de faire flamber les prix du "sous-jacent" - c'est-à-dire ici le taux d'intérêt sur la dette française. En achetant ce produit, les spéculateurs peuvent en effet parier sur une hausse des taux d'intérêt que la France offre aux prêteurs. Plus nombreux seront les parieurs, plus les prêteurs jugeront que "le marché" anticipe une hausse des taux, et plus ils seront inquiets sur la situation de la dette française. Car une hausse des taux d'intérêt ("prime de risque") indique que les opérateurs de marché anticipent un risque plus élevé de défaut du pays concerné. De fait cette hausse alourdit la charge de la dette, donc aggrave les déficits, la dette et donc in fine le risque de défaut...

Finalement, selon la logique de la "prophétie autoréalisatrice", les paris sur la hausse des taux d'intérêt contribueront à cette hausse. Et l'exigence d'un plan d'austérité draconien pour "rassurer les marchés" sera posée "dans les deux jours après le 6 mai", comme l'a affirmé Nicolas Sarkozy.

Eurex est une société privée qui dit n'avoir aucune intention politique : elle affirme ne faire que répondre « à une forte demande des acteurs de marché français et autres acteurs européens, à la recherche d'un outil de protection adapté ». C'est possible, mais  l'Agence France Trésor, c'est-à-dire Bercy, c'est-à-dire le gouvernement français, s'est quant à elle publiquement félicitée de cette « initiative privée qui pourrait susciter un surcroît d'intérêt des investisseurs pour les titres français et accroître marginalement leur liquidité », (selon un porte-parole de l'AFT cité hier par l'AGEFI.(www.agefi.fr/articles/les-futures-sur-la-dette-francaise-...).

Selon Pascal Canfin, député européen EELV, l'Agence France Trésor (AFT) a même accordé son autorisation au lancement de ce produit. L'AFT, donc Bercy, donc le gouvernement français, a-t-elle vraiment autorisé le lancement de cette nouvelle arme de spéculation massive à quelques jours de l'élection présidentielle ? Est-il possible que les technocrates de l'AFT aient agi dans une affaire aussi grave sans même en référer à leur ministre ? Est-ce une coïncidence au moment où Nicolas Sarkozy et François Fillon agitent de façon de plus en plus ostensible l'épouvantail d'une attaque spéculative contre la France en cas d'élection de François Hollande ?

Attac exige la clarté sur les conditions de lancement de ce produit financier. L'incompatibilité entre la démocratie et la loi des marchés financiers devient de plus en plus éclatante. La finance ou les citoyens, qui doit décider ?

Attac France,
A Paris, le 13 avril 2012

12/04/2012

Domination de la finance

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

Une nouvelle arme de la finance contre la France

Pendant que Sarkozy et Hollande se font des querelles de mots sur la finance, celle-ci vient de s'offrir un nouveau pouvoir considérable en France. Je condamne la création annoncée pour lundi 16 avril prochain d'un nouvel instrument spéculatif contre la dette française. Lancé par la bourse de Francfort sur le Marché européen des produits dérivés, ce "contrat à terme sur les obligations d'Etat françaises" va offrir des moyens considérables aux spéculateurs pour attaquer notre pays.

Ce nouvel instrument de faire de l'argent sur le dos de notre peuple a aussitôt été saisi par les banksters qui ont déjà déclenché la crise de 2008 aux USA puis celle de la dette en Europe, comme les banques anglo-saxonnes Morgan Stanley et Barclays Capital.

Face à ce nouveau coup de force de la finance contre notre pays, je m'étonne du silence de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement pourtant si prompts à agiter la menace des marchés financiers contre la gauche.

J'invite François Hollande à prendre conscience du danger qui menace et à rejoindre ma stratégie de combat. Je préviens que si je suis élu, ces contrats seront interdits comme toutes les ventes à découvert et les CDS non adossés. Je préviens que des poursuites seront engagées contre ceux qui ont préparé ou facilité la mise en place de ces mesures contre les intérêts économiques fondamentaux de la nation (article 410-1 du code pénal).


29/02/2012

Ma candidature aux législatives françaises 2012

 

Le 22 avril prochain, les Français seront appelés à voter au premier tour pour l’élection du nouveau Président de la République Française, dont le nom sera définitivement connu le 6 mai suivant.

Le 3 juin, seront élus les membres de l’Assemblée nationale et, pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, les Français de l’étranger seront représentés avec 11 circonscriptions au niveau mondial.

Le Front de Gauche présente des candidats dans toutes les circonscriptions. J’ai l’honneur d’être sa représentante pour la 6ème circonscription, celle des 155.000 Français et Françaises résidant en Suisse et au Lichtenstein.

Je suis une Française de Suisse, bi-nationale franco-suisse. Je suis arrivée à Genève en 1969 et n’ai pas cessé depuis lors d’y militer pour plus d’égalité et de justice sociale, d’abord au PSU, puis au Parti socialiste français et enfin au Parti socialiste genevois dont j’ai été l’une des vice-présidentes. J’ai quitté ce dernier en 2007, en quête d’une gauche plus radicale.

Expert-comptable, ancienne enseignante de droit fiscal à la haute Ecole de Gestion, j’ai lutté activement contre toutes les tentatives par lesquelles le système neo-libéral a voulu faire des cadeaux fiscaux répétés aux contribuables les plus fortunés lors de toutes les votations locales.

Je suis actuellement présidente de « La Gauche-Genève » un mouvement fondé il y a deux ans au niveau national pour regrouper toutes les formations de la gauche radicale. Ancienne conseillère municipale dans ma commune (Grand-Saconnex), je suis membre du comité d’Attac-Genève, de l’Association Démocratique des Français de l’Etranger (ADFE), de la Déclaration de Berne, pour ne citer que l’essentiel.

En décembre 2008, j’ai participé avec enthousiasme au congrès fondateur du Parti de Gauche : Enfin un vent d’espoir se levait face à la résignation ambiante ! Enfin des économistes émérites, tels que Jacques Généreux, expliquaient haut et fort que l’asservissement aux marchés financiers et la spirale de l’austérité n’étaient pas inévitables !

Cet enthousiasme ne m’a plus quittée. Je voudrais tous vous convaincre, en même temps que Jean-Luc Melenchon, qu’il existe pour la France et pour l’Europe une autre voie que le gouffre du néo-libéralisme, auquel les soi-disant socio-démocrates, en réalité socio-libéraux, s’apprêtent à collaborer.

J’appelle tous les Français de Suisse et du Lichtenstein, mais aussi tous les frontaliers, à voter pour Jean-Luc Mélenchon le 22 avril et pour le Front de Gauche aux législatives le 3 juin 2012, afin que le débat démocratique pour l’instauration d’une VIème République puisse avoir lieu.


Site officiel du Front de Gauche

Blog de Jean-Luc Mélenchon

L'Humain d'abord!
Programme 2012 du Front de Gauche

 

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08/01/2012

Le point de vue d'attac France

Taxe Tobin à la française : un bluff indécent



Henri Guaino annonce ce matin à BFM une taxe Tobin française avant la fin 2O12. De qui se moque le gouvernement ? Il y a à peine un mois le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s’opposait au vote par le Sénat d’une telle taxe, estimant que la France "ne peut légiférer seule" car ce serait "contre-productif" et cela "nuirait à la place financière de Paris".

Depuis deux ans déjà Nicolas Sarkozy orne ses discours d’envolées lyriques sur la taxe Tobin. Il avait promis que le G20 de Cannes marquerait une avancée décisive : l’échec a été total. Aujourd’hui, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, il prétend la décider seul, éventuellement avec l’Allemagne. Cette annonce est purement opportuniste : elle ne vise qu’à atténuer l’effet désastreux de l’annonce de la TVA « sociale », dont chacun sait qu’elle frappera d’abord les couches populaires. Elle manque totalement de crédibilité : contrairement à ce qui se fait toujours avant d’introduire un nouvel impôt, tout indique que Bercy n’a mené aucune étude sérieuse de faisabilité pour préparer la mise en place d’une telle taxe au plan français.

Tous les actes de Nicolas Sarkozy – réformes fiscales, réforme des retraites, sauvetage des banques sans contrepartie, casse des services publics… - montrent qu’il gouverne pour la finance. Rappelons également que Nicolas Sarkozy a supprimé en 2008 l'impôt de bourse, qui taxait à la Bourse de Paris les transactions sur actions au taux de 0,3%. Nicolas Sarkozy joue donc de façon indécente avec le symbole de la taxe Tobin pour tenter de redresser son image de Président des riches. La manipulation politique est trop grossière pour que les citoyens se laissent abuser.

La taxe Tobin est possible dès 2012, en Europe, au taux de 0,1%, en incluant les produits dérivés et (contrairement au projet de la Commission européenne) les transactions sur les devises, pour freiner fortement la circulation des capitaux et la spéculation et pour financer les biens publics mondiaux, à commencer par la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. La France pourrait bien sûr montrer montrer l’exemple. Mais il faudrait une volonté politique, pas un bluff médiatique.


Attac France,
Paris, le 6 janvier 2012

23/12/2011

Insolvabilité des Etats ?

Un article du "Temps" d'aujourd'hui, signé par Ram Etwareea, me donne la nausée. Il trouve intéressant un postulat déposé par un conseiller aux Etats radical demandant au Conseil Fédéral d'étudier une procédure d'insolvabilité pour les Etats. Alors que ce sont les banques qui devraient être en faillite depuis longtemps sans l'aide de ces cochons de contribuables, des individus sont donc assez cyniques pour réclamer la mort de ceux qui les ont sauvés. Et que je te compare les Etats et les entreprises (ce qu'on se garde bien de faire dans d'autres cas, quand on oublie complètement de citer l'Etat comme agent économique). Je ne trouve pas de nom assez ignoble pour qualifier cet auteur qui ose parler du "refinancement coûteux des Etats". Quand on pense que ses chères banques empruntent à la BCE à 0,5% pour reprêter aux Etats à un taux usuraire, le tout avec la bénédiction de cette engeance infâme qu'est le FMI ! Mais ne vous faites aucune illusion, les peuples ne se laisseront pas crever la bouche ouverte. Messieurs les banquiers, préparez vos valises pour Singapour, Hong kong ou Pekin car, sous nos climats, on entend déjà la révolte qui gronde.

03/11/2011

Université d'automne d'attac

Vous remarquerez que je dois traiter le dimanche à 10h du projet de nouvelle baisse du taux d'imposition pour les entreprises genevoises. Venez nombreux !!!

 

Université d’automne d’Attac-Suisse 2011
4 au 6 novembre 2011

Europe : dettes et luttes sociales ... et la Suisse ?

Maison des Associations Socio-Politiques de Genève

Rue des Savoises 15

Organisation : Attac-Genève en collaboration avec le CETIM et le CADTM

Vendredi 4 novembre 2011

17h30 Film sur les mobilisations des Indignés en Europe.

19h00 Apéro offert par Attac

20h00 La crise de la dette publique en Europe (Pascal Franchet, CADTM)

Samedi 5 novembre 2011

Format : 30 min d’exposé et 15 minutes de questions de la salle

9h00 ISLANDE : ce qu’il y a derrière le "non" des Islandais au sauvetage des banques (Sigurbjörg Sigurgeirsdóttir, Université d’Islande, Reykjavik)

9h45 IRLANDE : dette et austérité, l’explication de al crise et réactions (Andy Storey, University College, Dublin)

10h30 Pause

10h45 GRECE : la campagne pour l’audit de la dette (Christina Laskaridi, Campagne pour l’audit de la dette, Athène)

11h30 ESPAGNE : le mouvement social face à la dette et l’austérité (Jérôme Duval, Patas Arriba, Attac-CADTM, Valence, Espagne)

12h30 Pause repas, à deux pas (CAP LOISIR, St Georges 34), avec "Les Simples"

14h00 - 15h30 Table ronde avec les intervenants : quelle sortie de la crise de la dette publique européenne ? Quelles perspectives pour les luttes sociales ?

15h30 - 17h30 Ateliers divers (Comment les Indignés s’organisent, avenir d’Attac-Suisse, autres propositions... etc.)

17h30 L’avenir des Taxes sur les Transactions financières (Jacques Cossart)

19h00 Pause repas, à deux pas (CAP LOISIR, St Georges 34), avec "Les Simples"

20h30 La compagnie de l’Ange d’Or présente : " Le$ Prédateur$ ". Spectacle "lucido-comique" sur l’univers de la finance, de Patrick Chevalier et Ismaïl Safwan. Partez à la rencontre du monde cynique et raffiné des nouveaux princes de la planète !

Ce spectacle sera suivi d’une fin de soirée musicale avec "Les Haricots Sauvages".

Dimanche 6 novembre 2011

Suisse (format exposé de 40 minutes et 20 minutes de questions)

10h00 La baisse de la fiscalité pour les entreprises, où allons-nous ? (Magali Orsini, Attac-Genève)

11h00 le projet du Denknetz (réseau de réflexion) pour une fiscalité plus juste (Hans Baumann, Denknetz)

12h00 Pause repas, à deux pas (CAP LOISIR, St Georges 34), avec "Les Simples"

13h30 ASSEMBLEE GENERALE d’Attac-Suisse (pour les membres)

16h00 Fin


01/11/2011

De l'Allemagne

Je ne résiste pas à la tentation de résumer l'édito de François Delapierre dans "A Gauche" (publication du Parti de Gauche)

L'Allemagne commande au sein de la droite européenne, y-compris aux français. Or, le prétendu "modèle allemand" est responsable de graves déséqilibres économiques. L'excédent commercial allemand a été acquis par un dumping salarial systématique et a produit les déficits qu'elle reproche à ses partenaires. Ce sont les pays dits "dépensiers" qui ont financé sa croissance. Le traité de Lisbonne (rejeté par le peuple français mais imposé par Sarkozy) fait la part belle aux conceptions et aux intérêts allemands. Chirac avait voulu éviter justement une zone monétaire dominée sans partage par l'Allemagne, mais pour Sarkozy, ce n'est plus un problème. Or, cette domination conduit au désastre : Merkel s'est opposée à ce que la BCE puisse prêter aux Etats au même taux qu'aux banques privées. Le renonciation de ces dernières à une part de leurs créances envers la Grèce est une ruse évidente car elles eront recapitalisées à grand flot d'argent public.

27/10/2011

communiqué d'attac-France

Sauver l’Europe en coulant les peuples ?

Dans la nuit du 26 au 27 octobre, les participants du sommet européen ont abouti à un nouvel accord, censé pour une énième fois « sauver l’Europe ». À la baguette, Angela Merkel (et Nicolas Sarkozy), Christine Lagarde (pour le FMI) et, surprise… un représentant du secteur bancaire, Charles Dallara. Alors, qu’en est-il vraiment de cet accord – qui a déjà fait bondir les bourses ?

On retiendra tout d’abord que la restructuration de la dette grecque est enfin mise à l’ordre du jour ; et malgré les résistances de Nicolas Sarkozy et du secteur bancaire, les créanciers devront débourser à hauteur de 50%, via une décote de leurs titres de dette. Il aura donc fallu deux ans – deux ans de calvaire pour le peuple grec – pour que la réalité rattrape en partie les dirigeants de la zone euro.

Mais les peuples grecs et européens sont loin d’être tirés d’affaire pour autant. Conformément aux exigences allemandes, l’interdiction faite à la BCE de prêter directement aux gouvernements de la zone euro ne sera pas levée. Elle leur permettrait pourtant de s’émanciper des marchés financiers.

À la place, les pays en difficulté devront se tourner vers le fonds européen (le FESF), démultiplié grâce à la participation de pays émergents, et placé sous la supervision du FMI. Les clients ne devraient pas tarder à pointer au guichet du FESF… Espagne, Portugal, mais aussi la France, dans un contexte où la recapitalisation des banques par les fonds publics risque de s’avérer inéluctable.

Dans tous les cas, qu’ils fassent ou non appel à l’intervention du FESF, les gouvernements européens se sont accordés pour accroître la « discipline », le contrôle budgétaire des dépenses publiques et l’inscription dans leurs constitutions du carcan budgétaire de la « règle d’or » pour 2012. Des mesures adoptées sans aucun débat ou consultation populaire, à l’image de cette nouvelle « gouvernance » de l’Europe, parfaitement anti-démocratique. Au nom de laquelle on annonce déjà une nouvelle modification des traités…

Le « deal » était donc le suivant : en l’échange d’une (inévitable et tardive) restructuration de la dette grecque, c’est l’hyper-austérité qui est promise aux peuples. Avec toutes les conséquences sociales dramatiques qu’elle a déjà causées, à travers les licenciements, les baisses des salaires, des retraites, le démantèlement de l’Etat social… et au risque de voir plonger l’Europe dans le cercle vicieux de la récession. Mais aussi de voir les peuples se dresser les uns contre les autres, sous prétexte que les uns paieraient pour les autres.

Il est clair que les peuples ne veulent plus de cela, à l'image des manifestants et manifestantes grecs, des indignés espagnols, italiens ou britanniques. Il est désormais urgent de sortir l’Europe du «piège de la dette publique».

Attac France participe avec d'autres organisations du mouvement social à un audit citoyen de la dette (http://www.audit-citoyen.org/). Cette initiative vise à démontrer les mécanismes pervers de l'endettement public, et à proposer de véritables solutions pour sortir de la crise. Présentée à l'occasion du contre G20 de Nice la semaine prochaine, lors duquel l’indignation sera plus que jamais de mise.

Attac France,
Paris, le 27 octobre 2011

Pour rejoindre Attac : http://www.france.attac.org/adherer

21/09/2011

RUBIK n'est pas un jeu amusant

En effet, RUBIK, c'est le nom des accords fiscaux bilatéraux que la Suisse a signés avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne, avant que s'ouvre leur procédure de ratification. Leur entrée en vigueur est prévue au début 2013. C'est au départ  une idée de l'AFBS (Association des banques étrangères en Suisse) et Patrick Odier, Président de l'ASB (Association suisse des banquiers) était au début un peu seul à y croire.

Ces accords se veulent une alternative crédible à la suppression du secret bancaire. Une évaluation datant de 2009 annonce des avoirs étrangers non déclarés de 600 Milliards d'Euros en Suisse. Les accords s'articulent autour de deux axes :

- Régularisation anonyme des avoirs dissimulés dans les banques suisses par les résidents allemands et britanniques.

- Taxation effective de tous les revenus de la fortune et gains en capital imposables dans leur pays, sous forme de retenues à la source prélevées en Suisse.

Le taux effectif s'établirait à 20-25% dans le cadre de l'opération de régularisation puis, à l'avenir, les taux varieraient en fonction de la législation des pays concernés, entre 26.37% et 48%. Les banques suisses verseraient un acompte de 1.7 milliards d'euros à l'Allemagne et 415 millions à la Grande-Bretagne en 2013. Le contrôle serait assuré par la Confédération et des organismes suisses de certification.

Le problème, c'est que ces accords ne semblent pas compatibles avec la règlementation européenne sur la fiscalité de l'épargne, en cours de renégociation ni avec l'accord que la Suisse a conclu en 2004.

Il faut signaler l'extrême gravité de tels arrangements. En exonérant la Suisse de l'obligation de renseigner sur l'identité des titulaires de comptes, ce système créée une amnistie permanente pour les fraudeurs des pays concernés. Au Parlement de Strasbourg, les accords ont déjà provoqué une levée de boucliers, surtout que l'on estime à  200 milliards d'euros l'évasion grecque dans les banques helvétiques. Plusieurs eurodéputés souhaitent que l'on prenne comme modèle les pressions exercées sur la Confédération par les Etats-Unis.

D'autre part, en Allemagne, les ministres régionaux des finances sont convaincus que l'accord signé entre la Suisse et l'Allemagne n'est pas conforme à la Constitution. Les sociaux-démocrates allemands refusent de cautionner la légalisation de la fraude. En France, l'opinion publique n'est pas non plus prête à accepter la signature d'un tel accord.

16/08/2011

Impôt Fédéral sur les successions

Nous avons jusqu'en Février 2013 pour voter l'initiative sur un impôt fédéral sur les successions, dont 2/3 iront à l'AVS et 1/3 aux cantons. Celle-ci exonère les conjoints, prévoit des allègements pour les transmissions d'entreprises et une franchise de 2 millions. Exactement ce qu'aurait dû faire le Canton de Genève au lieu d'inclure dans son abolition des super-héritages échappant à toute taxation.