Le blog de Magali Orsini - Page 2

  • Les dénonciations spontanées

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    J'avoue avoir été très agacée en lisant dans le dernier GHI les lamentations d'un représentant des fraudeurs. Rappelons que, depuis le 1er janvier 2010, les contribuables qui avaient omis de déclarer des biens à l'étranger ont pu le faire sans encourir de sanctions, mais en réglant les arrières d'impôt des dix dernières années, sur le revenu et la fortune (amnistie partielle). On a d'ailleurs pu constater que, dans de nombreux cas de soustractions modestes, l'administration fiscale renonçait à cette taxation rétroactive.

    J'ai été, pour ma part, vexée par le nombre de mes clients qui m'ont subitement avoué qui, un appartement à Paris, qui un chalet à Chamonix, une  maison en Italie  ou au Portugal, alors que je me croyais avec eux dans un rapport de totale confiance. Nul n'est censé ignorer la loi et celle-ci a toujours clairement demandé de déclarer les biens sis à l'étranger.

    On sait combien je  me suis battue pour un changement des barèmes qui impose davantage les plus fortunés. Mais je ne laisserai pas écrire sans réagir que "le petit épargnant est le plus vulnérable...ils étaient convaincus que leurs biens étant déclarés et taxés dans leur pays d'origine, ils ne devaient plus l'être aussi en Suisse". Mais justement, ils ne le sont pas, cher Monsieur ! Le fait de les déclarer n'entraîne pas la taxation de ces biens en Suisse ; ils viennent juste s'ajouter aux biens suisses pour définir le taux d'imposition des seuls biens suisses. C'est pourquoi, pour les petits épargnants en question, la différence est souvent dérisoire. Rappelons que tout contribuable a droit à une déduction sociale sur la fortune de CHF 82.000, soit CHF 164.000 par ménage plus CHF 41.000 par enfant. A titre d'exemple, une maison estimée à CHF 300.000 ne sera souvent plus déclarée que pour CHF 136.000. Tout dépend alors à quoi cela s'additionne. Mais s'il s'agit de gens très modestes comme ceux cités dans l'article, on peut supposer qu'il s'agit du seul élément de fortune possédé. L'impôt dû sera de l'ordre de CHF 450,- par an. Quant à la valeur locative (si le bien n'est pas loué à des tiers), sans commune mesure avec nos loyers, elle est généralement calculée sur la base des taxes d'habitation locales, et reste très mesurée elle aussi.

    Tout responsable de fiduciaire doit avoir à coeur de rappeler à ses clients que la juste déclaration de son revenu et de sa fortune et le juste paiement de l'impôt sont leurs premiers devoirs civiques. Je suis de ceux qui se battent évidemment d'abord contre la fraude massive des plus fortunés. Mais je souhaite à tous de dormir sur leurs deux oreilles plutôt que de se ravager comme on le voit parfois, pour des soustractions qui n'en valent pas la peine.

  • De quoi la perversité est-elle le nom ?

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    Le dénommé Jean Batou vient de se fendre dans le "Journal de Solidarités" de deux longues pages dont l'intitulé est : "De quoi Pierre Maudet est-il le nom ?" Il dépeint ce dernier comme "hypnotisé par l'apparat des grands de ce monde", ce qui ne correspond à aucune réalité psychologique pour ceux qui connaissent ce magistrat. Je pense qu'il a des défauts comme tout le monde mais pas précisément ceux-là.

    Répétant ce que tout citoyen de gauche dit du rôle de Genève comme plaque tournante d'un négoce international critiquable à bien des égards, il en profite pour insinuer sournoisement que certains de ses acteurs"semblent avoir joué un rôle clé dans la mise au point du voyage controversé aux EAU, en novembre 2015".

    De même, c'est un fait que Genève est connue pour son horlogerie et sa joaillerie de luxe qui intéressent la clientèle sélecte des pays du Moyen-orient. On ne voit pas pourquoi un ministre de l'économie de droite brillamment élu devrait s'en désintéresser, de même que des cliniques et des écoles privées.

    Pour faire bon poids, il jette ensuite la suspicion sur le déclassement d'un terrain au Grand-Saconnex, situé dans une zone trop polluée pour en faire autre chose que de l'administratif, l'attribution d'un mandat à la société Dnata dûment contrôlée par l'OFAC, etc..

    La perversité de l'auteur consiste à partir de faits réels incontestés pour en donner un éclairage tendancieux propre à jeter un maximum de discrédit sur ses victimes, avec un éternel petit sourire satisfait sur les lèvres. Il est bien connu pour cela et depuis longtemps. Ne tombons pas dans ces pièges grossiers. 

    La question n'est pas de savoir si on aime ou pas Pierre Maudet, mais d'attendre sereinement le résultat des investigations de la justice, sans se soucier des prétentions de certains justiciers de pacotille.

  • Les blancs et les noirs

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    J'ai toujours eu une grande tendresse pour les noirs et ils le savent très bien. Leurs rires merveilleux ont égayé mon enfance. Que ce soit à Mitzig ou à Cotonou, ils nous ont toujours protégés des dangers de la brousse et des punitions parentales. Non Madame, non Monsieur, nous ne les battions pas et nous ne nous faisions pas servir comme des pachas. Le sol de notre maison était en terre battue et les toilettes au fond du jardin. Mon père avait créé un dispensaire et ma mère envoyait des venins de serpents à l'Institut Pasteur. Personne ne m'interdira de leur dire avec affection : "Vous les noirs" comme ils disent "vous les blancs" en parlant de nous.

    Certains auraient voulu qu'on dise plutôt "black". En Anglais, c'est tellement plus respectueux, n'est-ce-pas ? J'en ai plus qu'assez de cette hypocrisie imbécile. J'ai été la première à hurler quand certaines personnes m'ont dit au moment des élections au Grand-Saconnex qu'elles ne voulaient pas être gouvernées par un noir.

    Mais quand je dis qu'il n'y a que des noirs sur le boulevard de la République à Saint-Denis, pas un blanc et pas un Arabe, j'énonce un fait. Des noirs d'ailleurs serviables qui vous portent votre valise et respectent les personnes âgées, infiniment plus que le parisien blanc moyen.

    On a quand même le droit de reconnaître qu'on n'a pas la même couleur de peau ni la même texture de cheveux, sans se faire traiter de raciste, surtout quand la notion de race n'existe plus ? Quand Benoit Genecand dit qu'il n'y a que des noirs qui vendent de la drogue à la jonction, il énonce également un fait indiscutable quoique regrettable. Ils ne sont pas agressifs, se poussent poliment pour me laisser installer mes petits enfants dans la voiture, mais ils vendent de la drogue et ils sont noirs.

  • Le droit de superficie

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    Malgré toute l'amitié et l'estime que j'ai pour mon ex-collègue Cyril Aellen et son honorable voisine, je suis contrainte de dire que je ne partage pas son sentiment de la "fausse propriété" que constituerait le droit de superficie.

    Ce n'est pas à ce brillant avocat que je rappellerai que celui-ci est régi en Suisse par les art. 675 et 779ss du Code Civil. Il existe depuis plus d'un siècle et a permis l'édification de bâtiments et d'ouvrages importants dans plusieurs quartiers de Genève. Les bénéficiaires d'un tel droit de la part d'une collectivité publique signent un contrat devant notaire et acceptent qu'à l'échéance prévue, le propriétaire puisse récupérer terrain et bâtiment, moyennant "une indemnité équitable".

    On m'a aussi appris que la bonne foi est un principe essentiel du droit. Le cas des bâtiments à Genthod est un cas flagrant de bénéficiaires de mauvaise foi.

    Je suis de ceux qui aimeraient même que la totalité du sol reste la propriété des collectivités, via le canton ou les communes. Les coopératives et toutes autres personnes physiques ou morales pourraient ainsi construire pour les besoins de la population, à l'abri des spéculations dues à la rareté des terrains. Nous sommes bien loin du compte et les promoteurs pour de la PPE ont encore de beaux jours devant eux.

  • Les cryptomonnaies

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    Les vieux de la jeune chambre Economique, dont je fais partie, n'ont pas l'intention de mourir ignorants. Notre précieuse Chantal nous a fait un exposé magistral sur les crypto monnaies et comment y investir. A commencer par la définition et le fonctionnement de la blockchain. Grâce à une dizaine d'amis différents qui me l'expliquent depuis un mois, je commence à avoir une vague idée...

    J'apprends qu'il y a actuellement 1600 crypto monnaies sur le marché et qu'il s'en crée tous les jours. Chantal nous en recommande certaines plutôt que d'autres, tout comme les  sites d'échange. C'est une fan qui s'en occupe deux heures par jour, en-dehors de son travail officiel.

    Olivier prétend que c'est une vaste escroquerie et le Matin Dimanche dit  que le bitcoin pique dangereusement du nez, alors que des piratages de plateformes d'échange ont lieu en Corée du Sud.

    Je crois quelle vais investir cent francs pour avoir l'air d'être dans le coup et pouvoir en parler à table.

  • Pourquoi pas de signes religieux ostentatoires au Parlement ?

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    On nous dit que, contrairement à l'exécutif (le Conseil d'Etat), le Parlement ne saurait être soumis à aucun code vestimentaire, car les élus représenteraient le peuple et non l'Etat. Les députés auraient, de ce fait, le droit d'afficher au Parlement leurs croyances religieuses ou philosophiques.

    C'est faire fi du fait que les députés sont les représentants de la République, une et indivisible. Ils n'ont pas vocation à représenter des intérêts particuliers, ni des communautés au Parlement. Les signes religieux doivent s'y effacer pour laisser place au débat éclairé. Le Parlement est une enceinte qui représente la République.

    Il n'y a pas que l'Etat et ses agents qui doivent être soumis à la neutralité républicaine : les élèves du primaire et du collège en doivent pas non plus manifester ostensiblement une appartenance religieuse. Ils sont soumis à la neutralité religieuse, même s'ils sont des usagers et non des agents de l'enseignement public. Les représentants du peuple doivent être logés à la même enseigne que les élèves de l'école  laïque et républicaine.

    Certains aussi essaient d'ergoter sur la notion de "signe ostentatoire". Il est évident qu'il ne s'agit pas de signes religieux discrets, mais de signes "dont le port conduit à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse, tels que le voile islamique quel que soit le nom qu'on lui donne, la Kippa ou une croix de dimension manifestement excessive".

    En effet, ceux qui prétendent les exhiber au Parlement ont bien l'intention de manifester par là qu'ils tiennent à placer leur foi religieuse avant leur qualité de citoyen. C'est ce prosélytisme qui ne saurait être toléré. La foi est une affaire privée et doit absolument le demeurer.

    De plus, certains éléments vestimentaires, uniquement portés par les femmes dans certaines religions, indiquent clairement la subordination de ces dernières à la domination masculine. Il est incompréhensible qu'ils soient défendus par des partis politiques qui se disent de gauche, alors qu'ils représentent le traditionalisme le plus arriéré. Comment admettre que seuls les hommes apparaissent au Parlement en tenue neutre qui les dispense d'afficher leur religion ?

  • Une campagne avec l'argent des autres

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    Une partie du groupe "Ensemble à Gauche" au Grand conseil, pilotée par le mouvement SolidaritéS, se permet de fustiger "le flot d'argent dans la campagne" alors qu'elle prive depuis deux ans sa composante "La Gauche" de 75% des jetons de présence et de la totalité des indemnités qui lui reviennent, soit en tout CHF 52.213. Le Tribunal de première instance a pourtant été limpide au sujet de l'appartenance de l'élue de "La Gauche" à ce groupe jusqu'à la fin de la législature. Mais les responsables font la sourde oreille et ne daignent pas répondre à notre avocat.

    "La Gauche" a donc été contrainte, à son grand regret, d'actionner à nouveau la justice. Il est évident que le président d'EAG-GC et sa trésorière seront finalement contraints de rembourser le sommes indûment retenues, même s'ils les utilisent actuellement pour la campagne électorale de seulement trois composantes sur sept, au détriment de celle de "La liste pour Genève" dont "La Gauche" fait désormais partie.

  • Grand conseil

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    Si on pouvait avoir des doutes sur les accointances de rédacteur de la Tribune Eric Budry avec le mouvement SolidaritéS, sa prise de position de ce jour sur la situation de ce qu'il reste du groupe "Ensemble à Gauche", suffirait à nous éclairer. Prétendre q'un des buts de notre nouvelle liste "La liste pour Genève" serait de nuire à ce dernier est lui faire bien de l'honneur.

    S'il nous a paru nécessaire, dans l'intérêt de notre canton, de déposer cette liste, c'est d'abord pour y défendre l'importante valeur républicaine qu'est la laïcité, actuellement menacée par un certain nombre d'actions nettement communautaristes. Nous laissons le soin aux islamo-gauchistes trotsko-staliniens de prendre leurs responsabilités à ce sujet. 

    A leur différence également, nous ne sommes pas partisans de l'éligibilité des étrangers. Notre république mérite qu'on demande la nationalité suisse pour prétendre la gouverner. Les membres de notre liste restent, par ailleurs de vrais citoyens de gauche, souvent issus de la société civile et actifs dans les associations, toujours prêts à lutter contre le creusement des inégalités, les cadeaux fiscaux aux plus fortunés et l'emprise des multinationales. Nous nous battons pour garder à l'Etat toutes ses prérogatives régaliennes et son rôle de régulateur de la justice sociale.

    A propos enfin du désir de nuire, l'auteur de l'article oublie de mentionner le montant de CHF 55.000 de jetons et indemnités qui reviennent à mon parti depuis deux ans et qu'EAG refuse de rétrocéder malgré mon récent succès au Tribunal, dans le seul but de nous priver de ressources pour la campagne et d'augmenter leurs propres moyens.

  • De la valeur locative (extrait de mon intervention au Grand Conseil)

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    Récemment, dans une de ses conférences, Me Xavier Oberson, à la  suite de Bill Gates, a proposé de taxer le revenu fictif des robots, à l'image de la valeur locative. C'est dire que la notion de revenu fictif n'est pas malvenue en droit fiscal.

    La possibilité de déduire la dette hypothécaire de la fortune et les intérêts et frais d'entretien du revenu rendent souvent l'opération fiscalement blanche pour les jeunes ménages qui ont pu accéder à la propriété, ce qui est évidemment une minorité.

    La valeur locative n'a jamais égalé le loyer que le propriétaire aurait réellement pu obtenir en le louant à un tiers. On estime qu'il représente globalement 60% de la valeur du marché. Sans cet ajustement, la réalité économique serait que le propriétaire serait logé gratuitement, là où une majorité de locataires doivent consacrer une part importante de leurs revenus, non déductible, pour pouvoir se loger.

    Certains propriétaires, qui ont amorti leur dette hypothécaire, se plaignent de se voir imposer la valeur locative de leur bien sans pouvoir déduire ni dette ni intérêts. Ils  oublient qu'ils bénéficient depuis de très nombreuses années d'une évaluation de leur bien immobilier sans commune mesure avec sa valeur réelle, créant ainsi une injustice par rapport aux acquéreurs plus récents.

    Ceux qui ont hérité de petites villas ont profité de la phénoménale augmentation du prix du terrain. Si le paiement d'un loyer fictif leur pose un problème, ils peuvent toujours souscrire un prêt hypothécaire comme ont dû le faire les acheteurs des générations suivantes.

  • Jugement du Tribunal

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    Le Tribunal de première instance vient de confirmer qu'en aucun cas, la branche trotsko-stalinienne d'EAG n'avait eu le pouvoir de m'exclure du groupe parlementaire "Ensemble à Gauche", appuyant la position du Bureau du Grand Conseil qui n'a jamais voulu prendre acte de cette exclusion.

    Les considérants sont très clairs et je ne félicite pas les journalistes qui ont colporté pendant près de deux ans la fausse nouvelle de mon exclusion.

    Il va maintenant falloir rendre à mon parti La Gauche les jetons de présence et autres indemnités indûment détournés et me convoquer régulièrement au caucus auquel ces petits tyrans m'interdisaient d'assister, me privant des informations en vue des plénières et des jetons de présence correspondants.

    Dans une de ses lettres destinées à faire pression sur le Bureau du Grand Conseil, Pierre Vanek qualifiait mes recours de "surréalistes". Malheureusement pour lui, le Tribunal les a trouvés parfaitement fondés. Je félicite et remercie mon avocat, Me Steve Alder.