23/12/2011

Insolvabilité des Etats ?

Un article du "Temps" d'aujourd'hui, signé par Ram Etwareea, me donne la nausée. Il trouve intéressant un postulat déposé par un conseiller aux Etats radical demandant au Conseil Fédéral d'étudier une procédure d'insolvabilité pour les Etats. Alors que ce sont les banques qui devraient être en faillite depuis longtemps sans l'aide de ces cochons de contribuables, des individus sont donc assez cyniques pour réclamer la mort de ceux qui les ont sauvés. Et que je te compare les Etats et les entreprises (ce qu'on se garde bien de faire dans d'autres cas, quand on oublie complètement de citer l'Etat comme agent économique). Je ne trouve pas de nom assez ignoble pour qualifier cet auteur qui ose parler du "refinancement coûteux des Etats". Quand on pense que ses chères banques empruntent à la BCE à 0,5% pour reprêter aux Etats à un taux usuraire, le tout avec la bénédiction de cette engeance infâme qu'est le FMI ! Mais ne vous faites aucune illusion, les peuples ne se laisseront pas crever la bouche ouverte. Messieurs les banquiers, préparez vos valises pour Singapour, Hong kong ou Pekin car, sous nos climats, on entend déjà la révolte qui gronde.

01/11/2011

De l'Allemagne

Je ne résiste pas à la tentation de résumer l'édito de François Delapierre dans "A Gauche" (publication du Parti de Gauche)

L'Allemagne commande au sein de la droite européenne, y-compris aux français. Or, le prétendu "modèle allemand" est responsable de graves déséqilibres économiques. L'excédent commercial allemand a été acquis par un dumping salarial systématique et a produit les déficits qu'elle reproche à ses partenaires. Ce sont les pays dits "dépensiers" qui ont financé sa croissance. Le traité de Lisbonne (rejeté par le peuple français mais imposé par Sarkozy) fait la part belle aux conceptions et aux intérêts allemands. Chirac avait voulu éviter justement une zone monétaire dominée sans partage par l'Allemagne, mais pour Sarkozy, ce n'est plus un problème. Or, cette domination conduit au désastre : Merkel s'est opposée à ce que la BCE puisse prêter aux Etats au même taux qu'aux banques privées. Le renonciation de ces dernières à une part de leurs créances envers la Grèce est une ruse évidente car elles eront recapitalisées à grand flot d'argent public.

27/10/2011

communiqué d'attac-France

Sauver l’Europe en coulant les peuples ?

Dans la nuit du 26 au 27 octobre, les participants du sommet européen ont abouti à un nouvel accord, censé pour une énième fois « sauver l’Europe ». À la baguette, Angela Merkel (et Nicolas Sarkozy), Christine Lagarde (pour le FMI) et, surprise… un représentant du secteur bancaire, Charles Dallara. Alors, qu’en est-il vraiment de cet accord – qui a déjà fait bondir les bourses ?

On retiendra tout d’abord que la restructuration de la dette grecque est enfin mise à l’ordre du jour ; et malgré les résistances de Nicolas Sarkozy et du secteur bancaire, les créanciers devront débourser à hauteur de 50%, via une décote de leurs titres de dette. Il aura donc fallu deux ans – deux ans de calvaire pour le peuple grec – pour que la réalité rattrape en partie les dirigeants de la zone euro.

Mais les peuples grecs et européens sont loin d’être tirés d’affaire pour autant. Conformément aux exigences allemandes, l’interdiction faite à la BCE de prêter directement aux gouvernements de la zone euro ne sera pas levée. Elle leur permettrait pourtant de s’émanciper des marchés financiers.

À la place, les pays en difficulté devront se tourner vers le fonds européen (le FESF), démultiplié grâce à la participation de pays émergents, et placé sous la supervision du FMI. Les clients ne devraient pas tarder à pointer au guichet du FESF… Espagne, Portugal, mais aussi la France, dans un contexte où la recapitalisation des banques par les fonds publics risque de s’avérer inéluctable.

Dans tous les cas, qu’ils fassent ou non appel à l’intervention du FESF, les gouvernements européens se sont accordés pour accroître la « discipline », le contrôle budgétaire des dépenses publiques et l’inscription dans leurs constitutions du carcan budgétaire de la « règle d’or » pour 2012. Des mesures adoptées sans aucun débat ou consultation populaire, à l’image de cette nouvelle « gouvernance » de l’Europe, parfaitement anti-démocratique. Au nom de laquelle on annonce déjà une nouvelle modification des traités…

Le « deal » était donc le suivant : en l’échange d’une (inévitable et tardive) restructuration de la dette grecque, c’est l’hyper-austérité qui est promise aux peuples. Avec toutes les conséquences sociales dramatiques qu’elle a déjà causées, à travers les licenciements, les baisses des salaires, des retraites, le démantèlement de l’Etat social… et au risque de voir plonger l’Europe dans le cercle vicieux de la récession. Mais aussi de voir les peuples se dresser les uns contre les autres, sous prétexte que les uns paieraient pour les autres.

Il est clair que les peuples ne veulent plus de cela, à l'image des manifestants et manifestantes grecs, des indignés espagnols, italiens ou britanniques. Il est désormais urgent de sortir l’Europe du «piège de la dette publique».

Attac France participe avec d'autres organisations du mouvement social à un audit citoyen de la dette (http://www.audit-citoyen.org/). Cette initiative vise à démontrer les mécanismes pervers de l'endettement public, et à proposer de véritables solutions pour sortir de la crise. Présentée à l'occasion du contre G20 de Nice la semaine prochaine, lors duquel l’indignation sera plus que jamais de mise.

Attac France,
Paris, le 27 octobre 2011

Pour rejoindre Attac : http://www.france.attac.org/adherer

11/08/2011

Fonds européen de stabilité financière

Réuni le 21 juillet à Bruxelles, le sommet de la zone euro a confirmé le choix politique des dirigeants : Faire payer aux contribuables et aux peuples européens le coût de la crise.

On a créé le Fonds européen de stabilité financière qui pourra racheter les obligations considérées comme pourries des pays débiteurs. Les contribuables européens vont décharger les banques qui auraient dû prendre les pertes en charge, pour avoir prêté de façon inconsidérée et cela avant-même qu’elles ne soient réalisées.

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens réitèrent leur engagement à une austérité sans faille qui implique un tour de vis draconien sur les finances publiques partout en Europe.

Alors que la solution à la crise par l’arrêt des plans d’austérité et l’annulation partielle des dettes, l’annulation des cadeaux fiscaux faits depuis vingt ans aux entreprises et aux riches, la possibilité donnée à la Banque centrale européenne de prêter directement aux Etats membres,.

Attac France propose la mise en place d’un audit citoyen de la dette publique pour évaluer entre autres qui doit payer pour cette dette et jusqu’à quel point celle-ci est légitime

(Résumé d'une communication d'attac-France : "Les pyromanes saluent le plan anti-incendie de la zone euro"

18/01/2011

La classe moyenne

Je lis la chronique de Claude Monnier qui explique les mouvements de rues actuels des jeunes de divers pays par leur seul appauvrissement. Loin de moi l'idée de minimiser les difficultés financières insurmontables de certains. Mais oublier de parler de l'indignation devant l'injustice et le mépris plus encore que le manque d'argent me paraît singulièrement réducteur. Les Tunisiens crient actuellement leur fierté et leur sourire est revenu alors que rien n'a encore changé en matière de redistribution des richesses dans leur pays. En France, le bouclier fiscal accordé aux richissimes amis de la Présidence est le symbole de la morgue de cette clique. L'augmentation des taxes universitaires est le symbole d'une insupportable volonté de sélectionner par l'argent. Certes, la droite a besoin de penser que tout est affaire d'argent. Mais qu'elle n'oublie pas que la fureur due à l'atteinte à la dignité est bien plus dangereuse. On nous dit "Même si on prenait ce qu'ils ont aux dix plus riches contribuables de la nation, cela ne changerait pas grand chose au revenu national par personne". Commencez donc par le faire, cela changera beaucoup dans la conscience des citoyens qui se sentiront un peu moins floués.

14/01/2011

LA GRANDE REGRESSION

je me régale à la lecture du dernier livre de l'éminent économiste Jacques Généreux ("La grande régression") et vous livre ci-dessous un résumé du résumé de Guillaume Etievant dans "A Gauche" :

"Le capital profite de tout : de ses propres échecs, mais également des progrès de la modernité. Il en exploite les traits progressistes, la liberté individuelle, la démocratie, la science, quand ils servent ses intérêts. Et il arrive même à faire croire à nombre de nos contemporains qu'il en est la source. Pourtant, nous ne l'avons pas attendu pour aboutir à la science moderne et à la démocratie, et c'est contre le capital qu'il a fallu conquérir les droits sociaux et la sécurité sociale. Nous ne devons rien au capital, à part le pire... Le nouveau discours économique martèle que l'épargne des riches permet de financer l'investissement et la création d'emploi, que les inégalités dynamisent la société et qu'il faut attirer les investisseurs les plus fortunés sur notre territoire. Les faits prouvent constamment l'inverse : C'est le travail productif qui permet l'épargne et la richesse d'un pays et c'est l'affectation d'une part du revenu national aux services collectifs qui engendre le progrès social...Le désastre actuel est un processus politique volontaire. Il n'est en aucun cas la conséquence de l'incapacité de l'Etat à répondre aux attentes des citoyens. L'Etat n'est pas faible, il s'agit de le rendre au peuple par la Révolution citoyenne... L'homme est avant tout un être social et l"Homo oeconomicus" une fiction...Nous pouvons stopper la régression par une arme simple : le bulletin de vote. Notre état social est encore puissant, notre niveau d'éducation élevé. Les citoyens sont encore capable de voter pour un programme qui confierait la gestion des entreprises en partie aux salariés, freinerait radicalement la spéculation financière, ferait disparaître la dictature des actionnaires et préserverait les services publics du marché et des intérêts particuliers.

09/01/2010

La lanterne

Les banquiers centraux, dont le Président de notre BNS, s'alarment des risques croissants pris par les banquiers d'affaires, selon "Le Temps". Ils ont convoqué ce week-end à Bâle les principaux dirigeants des grandes banques internationales. En effet, ces dernières se sont remises à emprunter massivement à très court terme tout en plaçant à long terme, pour profiter d'un écart dans les taux d'intérêt qui a atteint un niveau historique.

Le probable relèvement de ces taux à court terme les mettrait à nouveau en danger. Mais Messieurs les banquiers estiment avoir suffisamment amélioré leur fonctionnement et ne plus devoir en faire davantage dans ce domaine. Le relèvement préconisé de leurs réserves minimales abaisserait selon eux leur rentabilité et l'encadrement des bonus limiterait leurs rémunérations.

... Et puis l'Etat et ses cochons de citoyens ne sont-ils pas là pour assumer la casse en cas de problème ?

Face à cette race d'indécrottables profiteurs, je ne vois vraiment plus qu'un traitement possible :"Ah, ça ira, ça ira, ça ira......... à la lanterne, on les pendra".

31/08/2009

Les fraudeurs français

Qu'ils sont nobles les cris d'orfraie poussés par les juristes suisses, et même un "avocat aux barreaux de Haute-Savoie et de Genève, Conseil de contribuables français détenant des comptes gérés en suisse" !

Il ne faudrait peut-être pas oublier que les fraudeurs français sont de vulgaires délinquants au regard de la loi française, qui privent leur pays de ses recettes fiscales et se posent vis-à-vis de leurs concitoyens comme une race "au-dessus des lois" (exactement ce qu'ils reprochent aux sans-papiers).

La seule chose qui m'inquiète dans cette sélection de noms, ce sont les passe-droits dont pourraient bénéficier certains amis privilégiés de qui vous savez, Monsieur "je détiens tout".

30/08/2009

Le respect du vote populaire

Passant un charmant dimanche à faire des déclarations de TVA, je m'aperçois que l'administration fédérale a envoyé depuis plusieurs semaines aux entreprises les nouveaux taux qui, selon elle, seront sans doute en vigueur le 1er janvier prochain.

Je rappelle tout de même que nous sommes appelés à donner notre avis le 27 septembre prochain.Ce n'est pas la première fois que soit les autorités, soit les milieux patronaux anticipent ainsi sur une votation populaire. Certes, je me vois mal refuser d'aider l'assurance invalidité, mais il y avait évidemment d'autres moyens de le faire. Je ne vois pas ce qu'il y avait de si brûlant pour les services de la TVA qui les empêchait d'attendre l'issue de la votation pour diffuser aussi largement leurs circulaires. je ne vois qu'une explication : Peser sur le scrutin populaire et ce n'est pas joli, joli...

08/01/2009

Qu'est-ce que l'économie ?

"L'économie met tout son poids dans la bataille de la libre circulation" titre "La Tribune" d'aujourd'hui. Je sais bien que les titres les plus succints sont les plus racoleurs, mais je commence à être sérieusement agacée par le fait qu'on réserve le terme générique d'"économie" à une poignée d'individus au sommet des organisations patronales. 

A part ces charmants Messieurs/Dames, qui savent bien pourquoi ils sont pour la libre circulation des travailleurs, l'économie, c'est aussi, figurez-vous les travailleurs en question. C'est également les personnes qui achètent leurs produits (à supposer qu'ils produisent quelquechose, ce qui n'est pas le cas de maints gestionnaires et autres boursicoteurs).

C'est aussi, ne leur en déplaise, l'Etat, qu'ils sont bien contents d'appeler à la rescousse quand ils ont perdu leurs billes, et dont on espère qu'il continuera toujours à assurer les services essentiels que sont l'école et les soins médicaux.

L'économie, c'est aussi le bénévolat qui fournit gratuitement des biens et des services que le système devrait normalement prendre en charge. C'est aussi le travail ménager que l'on devrait payer si l'on décidait de le faire effectuer par des personnes autres que les occupants des lieux. Ne pas oublier la boutade de Keynes : "Si un homme épouse sa femme de ménage, est-ce que cela change quelque chose au PIB?" (La réponse est oui, son salaire disparaît de la comptabilité nationale)

Alors, de grâce, Messieurs les rédacteurs, appelez les choses par leur nom : Les organisations patronales ne sont pas l'économie, pas plus que les lois du marché ne sont l'économie politique.