Des cours de maths réservés aux filles ?

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Une conseillère d'Etat vaudoise aurait cette idée lumineuse pour "réconcilier les filles et les mathématiques". La preuve de la bouderie : les adolescentes qui s'orientent vers des filières techniques à la sortie des classes restent en forte minorité. Déjà quand j'étais jeune courait le bruit que l'aptitude aux mathématiques faisait l'objet d'une bosse que l'on avait ou que l'on n'avait pas et nombre de mes camarades filles s'étaient rapidement décrétées plutôt littéraires par défaut.

Par chance, j'avais un père convaincu que les mathématiques étant une création humaine, n'avaient aucune raison d'échapper à sa fille plutôt qu'à ses fils. Il ne m'a donc fait aucun cadeau dans ce domaine et, comme toujours après l'effort, vint le plaisir de savoir résoudre des équations compliquées. Même si je n'en ai pas fait ma spécialité, je reste persuadée qu'il s'agit des reines des disciplines, celles qui ne trahissent pas, "à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons" comme disait Descartes. 

Elles sont indispensables dans de nombreux domaines : physique bien sûr, mais aussi biologie, chimie, géologie, informatique, etc. On en rêve pour l'économie, mais en refusant le postulat de l'"homo oeconomicus" qui supposerait que les individus ne songent qu'à accroître leur profit, alors que nombre de leurs motivations sont bien moins rationnelles.

Mais une fois de plus, qu'on ne commence pas par nous brandir le seul argument des "métiers du futur". Le rôle de l'école est là aussi de donner le goût des mathématiques aux élèves, à tous les élèves. Quand on aime apprendre et chercher, on est sauvé, quoi qu'il arrive. Le choix d'un métier viendra bien assez tôt.

Commentaires

  • Oui! Excellent! Je n'ai jamais compris qu'on puisse se juger cultivé sans s'être croché aux maths. Les maths, avec leur science voisine la philosophie, sont prémisses indispensables au raisonnement. Grâce à elles, nous avançons des arguments, et pas seulement des opinions.

  • Les mathématiques ne sont pas une création humaine, il suffit de regarder l’utilisation du nombre d’or ou suite de Fibonacci dans la spirale des mollusques ou les fleurs ..
    Mais ouiiiii il faut cesser de créer cette image que nous détestons les maths, merci de ce post !!!

  • La culture de ses centres d'intérêt garantit l'épanouissement de la personne.

    Combien de jeunes n'ayant pas croché aux maths ont quitté l'école en ayant perdu toute confiance en eux-mêmes!?

    Discrimination sournoise connue, dénoncée : cet.te instituteur.trice qui redit trois fois de suite une même explication concernant un problème en cette matière sans chercher le moins du monde à présenter une autre explication…!

  • Les mathématiques sont, elles aussi, un langage, un moyen d'explorer, de décrire et de communiquer certains pans du réel. C'est très tard que je l'ai compris, et que j'ai commencé à aimer les mathématiques. En ayant beaucoup fait de logique, et en découvrant la géométrie fractale de Benoît Mandelbrot.

    On enseigne les mathématiques comme si c'était une langue morte, alors qu'elles sont sans doute le plus créatif de tous les langages.

  • Cela fait plus de vingt ans que je donne des cours de math à des adultes, des hommes et des femmes qui avaient souvent gardés un (très) mauvais souvenir de cette matière à cause d'un enseignement scolaire trop rigide et théorique, d'un prof. peu patient qui ne valorisait que les meilleurs ... et peut-être aussi à cause de certains préjugés.

    Dans mes cours de math j'essayais toujours de leur redonner confiance, avec une approche très pratique et progressive. Les "nuls en math" ont fait des progrès souvent étonnants, en découvrant leur capacité à apprendre et à appliquer les mathématiques.

    Et il me semble que souvent les femmes étaient plus ouvertes, qu'elles avaient moins de blocages que les hommes, qu'elles essayaient de comprendre, de poser des questions, de trouver des applications, ...

  • Effectivement, ce n'est pas une langue morte. Mais pour y exceller, c'est-à-dire atteindre la création et la poésie, un apprentissage fort exigeant des gammes est nécessaire. Et peu arrivent à atteindre -et certainement pas moi- ou même a entrevoir la poésie des mathématiques. Cela me rappelle la remarque de cet élève du secondaire partant du principe que l'on ne pouvait pas soutenir de thèse de doctorat en mathématiques parce que toutes les questions étaient déjà résolues. Je me souviens aussi de sa grande perpléxité lorque je l'ai confronté au fait qu'il était dans l'erreur.

    Quant à dire que les mathématiques sont le fondement de l'argumentation, il s'agit là d'une vue d'ingénieur (qui sont, M. Weibel, indispensables). En effet, le choix des fondements des mathématiques est arbitraire, en ce sens que le fait que l'on puisse choisir d'autres fondements et que ceux que l'on a choisi (ou qui se sont dégagés) limitent nécessairement nos possibilités, tout en rendant notre possible possible !

    Ce choix est d'ailleurs embêtant puisqu'il est démontré que l'on ne peut pas en démonter la cohérence. Cette remarque peut paraître inutile aux sciences de l'ingénieur et aux autres domaines de connaissance, mais à l'ère de la (r)évolution informationnelle quantique, couramment connue sous le non de deuxième révolution quantique, et, par là, de l'ordinateur quantique, on ne peut plus faire l'économie d'une prise de conscience de cette problématique.

    Quant aux classes ségrégées je crois utile de faire deux observations :

    - Séparate but egal ? Cela ne vous rappelle-t'il pas quelque chose ?

    - S'il se trouve qu'un autre groupe clairement, mais statistiquement identifié, perturbe la classe, faut-il ségrégé les casses-pieds afin d'assure la tranquillité des autres ? Là, je vous le dit, la Conseillère d'état en question, adepte du féminisme intersectionnel, imputerait une forme de racisme à ceux qui aurait l'idée d'envisager de soutenir l'idée qu'il faudrait peut-être se poser la question.

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