09/12/2018

La succession de Pierre-Yves Maillard

Je me tords évidemment les côtes en lisant que Solidarités Vaud et quelques petites composantes d'Ensemble à Gauche avait décidé de présenter la candidature de Jean-Michel Dolivo au Conseil d'Etat, sans avoir consulté leur alliée privilégiée, à savoir le POP vaudois. Ce dernier argue que, dans ces conditions, ces militants ne pouvaient pas utiliser la bannière "Ensemble à Gauche". Exactement le même schéma que les abus commis à l'époque à Genève pour présenter une liste au Conseil National.

A tout hasard, je me permets de leur rappeler qu'il existe un seul détenteur de la  marque "Ensemble à Gauche", c'est une association inscrite au Registre du Commerce de Genève - IDE CHE-359.071.286 - dont le président est Pierre Gauthier, et dont je suis la trésorière. Cette marque nous appartient par inscription No 590639 au Registre fédéral de la propriété intellectuelle. Le plus sage pour Solidarités et consorts serait d'y renoncer définitivement partout en suisse.

02/12/2018

Faut-il rejoindre les gilets jaunes ?

Certes, on est loin de Mai 68 ou du mouvement "Nuit debout" de 2016 et, a priori, celui des "gilets jaunes" me rappelle plutôt le poujadisme. Je n'ai pas de sympathie particulière pour les gens qui se battent pour protéger leur confort. De plus, le profil de certains de certains initiateurs du mouvement ne m'attire pas spécialement, qu'il s'agisse de Julien Terrier (défenseur du bijoutier niçois qui avait tué un braqueur), de Maxime Nicolle (dont les idées sont proches de celles de Marine Le Pen) ou du routier Eric Drouet (surtout connu pour ses positions anti migrants). Enfin,  une partie d'entre eux aspire à la mise en place d’une démocratie illibérale— sur le modèle de celle mise en place par Viktor Orban en Hongrie, ce qui laisse rêveur.

Tout a commencé avec la mobilisation contre les 80 km/h : 78% des habitants en zone rurale y étaient opposés. C'est là où l'on trouve le taux le plus élevé de véhicules diesel. Même si je trouve cette mesure stupide dans son autoritarisme, je ne me sens pas pour autant proche de la "Fédération Française des Motards en colère".

Les gilets jaunes représentent la France des fins de mois difficiles, à qui il manque désormais la marge de manoeuvre qui permettait de s'identifier à la bourgeoisie. Ils sont souvent propriétaires de  leur logement, ont une famille et un travail mais ressentent un déclassement dans la perte de leur pouvoir d'achat. Les électeurs de Marine Le Pen et de Nicolas Dupons-Aignan sont les premiers à les soutenir, mais la France Insoumise s'est également jointe, d'où ma perplexité. En effet, je suis de ceux qui ont toujours considéré l'impôt comme légitime, permettant de  financer les services publics et de réduire les inégalités. Or, de nombreux retraités de droite, soumis à la hausse de la CSG, se sont joints au mouvement.

De toutes façons, vu l'ampleur de ce dernier, je ne pense pas que ma présence soit indispensable. Je m'abstiendrai donc lâchement, tout en conseillant vivement à Emmanuel Macron et à son entourage de faire marche arrière avec cette taxe honnie. Ils n'ont plus aucune crédibilité à perdre.