Les "bullshits jobs"

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Selon Rachel Haller, il s'agit littéralement d'"emplois à la con", concept présenté par l'anthropologue américain David Graeber. Alors que John Maynard Keynes avait prévu pour les pays avancés une durée hebdomadaire du travail de 15 heures, celle-ci a plutôt tendance à s'accroitre, tandis que beaucoup de personnes s'ennuient au bureau,  disent ne travailler de manière effective que 15 heures par semaine, et que de nombreuses autres sont au chômage. Le système capitaliste serait pourtant censé éliminer les emplois superflus, mais il semble que des emplois sans intérêt soient inventés pour tenir occupée une partie de la population. 

Dans son ouvrage "Bullshits jobs", David Graeber donne une définition générale de ces emplois : "Une forme d'emploi rémunéré qui est si inutile, superflu ou néfaste, que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence, bien qu'il se sente obligé, pour honorer les termes de son contrat, de faire croire qu'il n'en est rien". Il en distingue cinq catégories :

1. "Le larbin" qui travaille pour quelqu'un qui veut se sentir important, alors qu'il n'y a pas assez de tâches à déléguer.

2. "Le porte-flingue" au service d'une industrie que l'on peut considérer comme néfaste.

3. "Le rafistoleur" qui est là pour résoudre un problème qui ne devrait pas exister.

4. "Le cocheur de case" qui justifie le travail des organisations en faisant des rapports et en réunissant des indicateurs.

5. "Le petit chef" qui surveille ses subordonnés et distribue les tâches.

Or, il explique, à juste titre, que l'humain a besoin de sentir qu'il exerce une influence sur le monde. L'idée du travail a des racines théologiques profondes ; oisiveté et loisir sont considérés comme suspects, d'où une résistance tenace à réduire la durée du travail, même si c'est évidemment la solution, surtout avec la robotisation qui s'annonce.

J'appelle personnellement de mes voeux une introduction rapide du revenu de base universel.

 

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