30/10/2018

Les dénonciations spontanées

J'avoue avoir été très agacée en lisant dans le dernier GHI les lamentations d'un représentant des fraudeurs. Rappelons que, depuis le 1er janvier 2010, les contribuables qui avaient omis de déclarer des biens à l'étranger ont pu le faire sans encourir de sanctions, mais en réglant les arrières d'impôt des dix dernières années, sur le revenu et la fortune (amnistie partielle). On a d'ailleurs pu constater que, dans de nombreux cas de soustractions modestes, l'administration fiscale renonçait à cette taxation rétroactive.

J'ai été, pour ma part, vexée par le nombre de mes clients qui m'ont subitement avoué qui, un appartement à Paris, qui un chalet à Chamonix, une  maison en Italie  ou au Portugal, alors que je me croyais avec eux dans un rapport de totale confiance. Nul n'est censé ignorer la loi et celle-ci a toujours clairement demandé de déclarer les biens sis à l'étranger.

On sait combien je  me suis battue pour un changement des barèmes qui impose davantage les plus fortunés. Mais je ne laisserai pas écrire sans réagir que "le petit épargnant est le plus vulnérable...ils étaient convaincus que leurs biens étant déclarés et taxés dans leur pays d'origine, ils ne devaient plus l'être aussi en Suisse". Mais justement, ils ne le sont pas, cher Monsieur ! Le fait de les déclarer n'entraîne pas la taxation de ces biens en Suisse ; ils viennent juste s'ajouter aux biens suisses pour définir le taux d'imposition des seuls biens suisses. C'est pourquoi, pour les petits épargnants en question, la différence est souvent dérisoire. Rappelons que tout contribuable a droit à une déduction sociale sur la fortune de CHF 82.000, soit CHF 164.000 par ménage plus CHF 41.000 par enfant. A titre d'exemple, une maison estimée à CHF 300.000 ne sera souvent plus déclarée que pour CHF 136.000. Tout dépend alors à quoi cela s'additionne. Mais s'il s'agit de gens très modestes comme ceux cités dans l'article, on peut supposer qu'il s'agit du seul élément de fortune possédé. L'impôt dû sera de l'ordre de CHF 450,- par an. Quant à la valeur locative (si le bien n'est pas loué à des tiers), sans commune mesure avec nos loyers, elle est généralement calculée sur la base des taxes d'habitation locales, et reste très mesurée elle aussi.

Tout responsable de fiduciaire doit avoir à coeur de rappeler à ses clients que la juste déclaration de son revenu et de sa fortune et le juste paiement de l'impôt sont leurs premiers devoirs civiques. Je suis de ceux qui se battent évidemment d'abord contre la fraude massive des plus fortunés. Mais je souhaite à tous de dormir sur leurs deux oreilles plutôt que de se ravager comme on le voit parfois, pour des soustractions qui n'en valent pas la peine.

10/10/2018

De quoi la perversité est-elle le nom ?

Le dénommé Jean Batou vient de se fendre dans le "Journal de Solidarités" de deux longues pages dont l'intitulé est : "De quoi Pierre Maudet est-il le nom ?" Il dépeint ce dernier comme "hypnotisé par l'apparat des grands de ce monde", ce qui ne correspond à aucune réalité psychologique pour ceux qui connaissent ce magistrat. Je pense qu'il a des défauts comme tout le monde mais pas précisément ceux-là.

Répétant ce que tout citoyen de gauche dit du rôle de Genève comme plaque tournante d'un négoce international critiquable à bien des égards, il en profite pour insinuer sournoisement que certains de ses acteurs"semblent avoir joué un rôle clé dans la mise au point du voyage controversé aux EAU, en novembre 2015".

De même, c'est un fait que Genève est connue pour son horlogerie et sa joaillerie de luxe qui intéressent la clientèle sélecte des pays du Moyen-orient. On ne voit pas pourquoi un ministre de l'économie de droite brillamment élu devrait s'en désintéresser, de même que des cliniques et des écoles privées.

Pour faire bon poids, il jette ensuite la suspicion sur le déclassement d'un terrain au Grand-Saconnex, situé dans une zone trop polluée pour en faire autre chose que de l'administratif, l'attribution d'un mandat à la société Dnata dûment contrôlée par l'OFAC, etc..

La perversité de l'auteur consiste à partir de faits réels incontestés pour en donner un éclairage tendancieux propre à jeter un maximum de discrédit sur ses victimes, avec un éternel petit sourire satisfait sur les lèvres. Il est bien connu pour cela et depuis longtemps. Ne tombons pas dans ces pièges grossiers. 

La question n'est pas de savoir si on aime ou pas Pierre Maudet, mais d'attendre sereinement le résultat des investigations de la justice, sans se soucier des prétentions de certains justiciers de pacotille.

03/10/2018

Les blancs et les noirs

J'ai toujours eu une grande tendresse pour les noirs et ils le savent très bien. Leurs rires merveilleux ont égayé mon enfance. Que ce soit à Mitzig ou à Cotonou, ils nous ont toujours protégés des dangers de la brousse et des punitions parentales. Non Madame, non Monsieur, nous ne les battions pas et nous ne nous faisions pas servir comme des pachas. Le sol de notre maison était en terre battue et les toilettes au fond du jardin. Mon père avait créé un dispensaire et ma mère envoyait des venins de serpents à l'Institut Pasteur. Personne ne m'interdira de leur dire avec affection : "Vous les noirs" comme ils disent "vous les blancs" en parlant de nous.

Certains auraient voulu qu'on dise plutôt "black". En Anglais, c'est tellement plus respectueux, n'est-ce-pas ? J'en ai plus qu'assez de cette hypocrisie imbécile. J'ai été la première à hurler quand certaines personnes m'ont dit au moment des élections au Grand-Saconnex qu'elles ne voulaient pas être gouvernées par un noir.

Mais quand je dis qu'il n'y a que des noirs sur le boulevard de la République à Saint-Denis, pas un blanc et pas un Arabe, j'énonce un fait. Des noirs d'ailleurs serviables qui vous portent votre valise et respectent les personnes âgées, infiniment plus que le parisien blanc moyen.

On a quand même le droit de reconnaître qu'on n'a pas la même couleur de peau ni la même texture de cheveux, sans se faire traiter de raciste, surtout quand la notion de race n'existe plus ? Quand Benoit Genecand dit qu'il n'y a que des noirs qui vendent de la drogue à la jonction, il énonce également un fait indiscutable quoique regrettable. Ils ne sont pas agressifs, se poussent poliment pour me laisser installer mes petits enfants dans la voiture, mais ils vendent de la drogue et ils sont noirs.