03/10/2018

Les blancs et les noirs

J'ai toujours eu une grande tendresse pour les noirs et ils le savent très bien. Leurs rires merveilleux ont égayé mon enfance. Que ce soit à Mitzig ou à Cotonou, ils nous ont toujours protégés des dangers de la brousse et des punitions parentales. Non Madame, non Monsieur, nous ne les battions pas et nous ne nous faisions pas servir comme des pachas. Le sol de notre maison était en terre battue et les toilettes au fond du jardin. Mon père avait créé un dispensaire et ma mère envoyait des venins de serpents à l'Institut Pasteur. Personne ne m'interdira de leur dire avec affection : "Vous les noirs" comme ils disent "vous les blancs" en parlant de nous.

Certains auraient voulu qu'on dise plutôt "black". En Anglais, c'est tellement plus respectueux, n'est-ce-pas ? J'en ai plus qu'assez de cette hypocrisie imbécile. J'ai été la première à hurler quand certaines personnes m'ont dit au moment des élections au Grand-Saconnex qu'elles ne voulaient pas être gouvernées par un noir.

Mais quand je dis qu'il n'y a que des noirs sur le boulevard de la République à Saint-Denis, pas un blanc et pas un Arabe, j'énonce un fait. Des noirs d'ailleurs serviables qui vous portent votre valise et respectent les personnes âgées, infiniment plus que le parisien blanc moyen.

On a quand même le droit de reconnaître qu'on n'a pas la même couleur de peau ni la même texture de cheveux, sans se faire traiter de raciste, surtout quand la notion de race n'existe plus ? Quand Benoit Genecand dit qu'il n'y a que des noirs qui vendent de la drogue à la jonction, il énonce également un fait indiscutable quoique regrettable. Ils ne sont pas agressifs, se poussent poliment pour me laisser installer mes petits enfants dans la voiture, mais ils vendent de la drogue et ils sont noirs.

Commentaires

Merci Magali ! C'est d'ailleurs une des interrogations qui a subit au cours de mes échanges. M'étant fait traiter de xénophobe, je suis allé lire la norme pénale, 261 bis, "Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse" Ceci sous le titre discrimination raciale. Je suis comme toi, je pense que la race est un concept creux, vide, sans signification. On peut décrire la couleur de peau d'un groupe de personnes, comme on peut dire qu'ils mesurent tous entre 1 mètre 65 et 1 mètre 80. Cela en fait un sous-groupe identifiable, une catégorie statistique. Est-ce que cela nous dit quelque chose de plus ? une proximité de caractère, d'habitude, de préférence, de religion ? évidemment non. Il est troublant que voulant lutter contre le problème notre code pénal pérennise un concept dont la vacuité est connue depuis des décennies.

Écrit par : Genecand | 03/10/2018

Ah, que voilà un discours qui fait du bien ! Continuez à résister à la doxa bien-pensante, Mme Orsini. La gauche a bien besoin de gens comme vous, au risque de sombrer dans la bisounourserie contre-productive... et tellement bête parfois.

Écrit par : Mathilde Lavenex | 03/10/2018

Merci pour votre bon sens. Il y en a besoin.

Écrit par : Laurent | 04/10/2018

Genecand aurait du dire que les noirs sont de loin les meilleures commerçants de rue que la jonction n'ait jamais connu, de jour conne de nuit. Il aurait ainsi pu passer entre les filets de la bien-pensance.

Écrit par : norbert maendly | 06/10/2018

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