24/08/2018

Le droit de superficie

Malgré toute l'amitié et l'estime que j'ai pour mon ex-collègue Cyril Aellen et son honorable voisine, je suis contrainte de dire que je ne partage pas son sentiment de la "fausse propriété" que constituerait le droit de superficie.

Ce n'est pas à ce brillant avocat que je rappellerai que celui-ci est régi en Suisse par les art. 675 et 779ss du Code Civil. Il existe depuis plus d'un siècle et a permis l'édification de bâtiments et d'ouvrages importants dans plusieurs quartiers de Genève. Les bénéficiaires d'un tel droit de la part d'une collectivité publique signent un contrat devant notaire et acceptent qu'à l'échéance prévue, le propriétaire puisse récupérer terrain et bâtiment, moyennant "une indemnité équitable".

On m'a aussi appris que la bonne foi est un principe essentiel du droit. Le cas des bâtiments à Genthod est un cas flagrant de bénéficiaires de mauvaise foi.

Je suis de ceux qui aimeraient même que la totalité du sol reste la propriété des collectivités, via le canton ou les communes. Les coopératives et toutes autres personnes physiques ou morales pourraient ainsi construire pour les besoins de la population, à l'abri des spéculations dues à la rareté des terrains. Nous sommes bien loin du compte et les promoteurs pour de la PPE ont encore de beaux jours devant eux.