24/08/2016

Divergences de gauche

Le Courrier fête la rentrée politique en consacrant une page entière à "Ensemble à Gauche". Il semble ignorer que cette dénomination ne coiffe pas les mêmes entités selon qu'il s'agit de la Ville de Genève (institué en 2011 et qui ne comprend que quatre composantes) ou du Canton (institué en 2013 pour l'élection au Grand Conseil en qui en comprend sept). Autant de subtilités et de complications souhaitées par certains pour que l'on confonde une fois pour toutes Ensemble à Gauche et SolidariteS. Mais d'affreux minoritaires osent se rebiffer et prétendre survivre à cette tentative permanente d'hégémonie... et s'exprimer !

Cessons donc de mélanger et  d'additionner dans les rondelles du bas de la page les élus du Canton avec ceux des municipalités et résumons ainsi la réalité des élus au Grand Conseil : solidarités 4, Parti du Travail 1, La gauche 1, Indépendants de gauche 1, le Dal 1, et le nouveau parti RDG 1, soit 9 élus en tout. On voit que Solidarités, avec 4 élus sur 9, ne détient pas la majorité écrasante qu'elle aimerait proclamer puisqu'elle est carrément minoritaire. Quant aux chiffres d'adhérents, on voit que le rédacteur a pris pour argent comptant ceux que certains responsables ont prononcés concernant leur parti : Celui de SolidariteS (250) fait tordre de rire ceux qui, comme moi, connaissent bien la composition de ce mouvement : Soyons bon prince et disons 100, dernier prix en comptant les sympathisants. Quant à Acte, il s'agit d'un groupement totalement fantôme. Nous nous sommes aperçus trop tard qu'il n'avait été créé que pour rajouter un membre supplémentaire de solidaritéS parmi les têtes de liste, sous couvert d'un groupement de syndicalistes. Je serais ravie que l'on me présentât les 20 personnes qui composeraient cette association, en même temps que ses statuts, ses comptes et ses PV de séances, contrairement à La Gauche par exemple, qui a des sections dans plusieurs cantons. 

Ce n'est pas faute de les avoir réclamées que l'alliance EAG ne dispose pas de règles de fonctionnement. SolidariteS n'en a pas voulu dans l'idée d'absorber rapidement les autres partis, mais il avait au moins été clairement décidé que chaque composante disposait d'une voix. Quant aux désaccords sur certains sujets (laïcité, armée, éligibilité des étrangers, etc.), ils étaient apparents et exprimés dès le début. Je ne pense pas que les prises de position de La Gauche sur le plan économique et fiscal aient jamais trahi une ligne de gauche irréprochable. C'est donc avec beaucoup de sérénité et de détermination que nous continuerons à défendre ce que nous estimons être le bien commun. La création d'un nouveau parti, résolument de gauche mais républicain, est une bonne nouvelle. Nous ne serons jamais assez nombreux à affirmer que la laïcité est la base et la condition première de la démocratie.

 

Commentaires

La dernière phrase de votre texte, sur la laïcité, est magnifique. Si seulement c'était vrai. Si seulement La Gauche, suisse comme française, pouvait enfin se réveiller et sortir du déni de réalité, au lieu de favoriser le communautarisme et le différentialisme, et de faire le jeu de La Droite dure! Elisabeth Badinter l'a brillamment expliqué dimanche soir 28 août sur la radio romande, de 18h40 à 19h00, allez tous l'écouter sur le site rts. Cela évitera peut-être à Sandrine Salerno de redire des horreurs sur le port du voile et la burka....

Écrit par : Christian | 29/08/2016

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