24/01/2016

Votations du 28 février

Noyée dans la masse des nombreux objets proposés au vote des citoyens le 28 février, figure l'initiative de "Loi constitutionnelle modifiant la constitution de la république et Canton de Genève". Il s'agit de la décision très importante de confier les comptes de l'Etat à la Cour des Comptes plutôt qu'à une fiduciaire privée. La nouvelle constitution se contente de dire "La révision des comptes de l'Etat est assurée par un organe externe et indépendant désigné par le Grand Conseil. Il peut s'agir de la Cour des Comptes"

Le Conseil d'Etat s'est empressé de profiter de cette brèche pour faire voter une Loi sur la Surveillance de l'Etat qui décide de confier cette révision à une fiduciaire privée. Ensemble à Gauche et les socialistes ont chacun déposé un projet de loi tendant à revenir sur ce vote et une majorité s'est dégagée dans ce sens à la commission des finances. Depuis lors, la droite et le Conseil d'Etat multiplient les manoeuvres dilatoires pour repousser ce vote en plénière.

Dans l'intervalle, l'UDC a déposé le projet de loi sur lequel la population est appelée à voter. La constitution dirait clairement désormais : "La révision des comptes de l'Etat est assurée par la Cour des Comptes". Là encore, le Conseil d'Etat a tout fait pour reculer ce vote jusqu'en Février 2016 et le noyer parmi de nombreux autres sujets importants.

On a essayé par  tous les moyens de discréditer la Cour des Comptes, en prétendant en particulier qu'elle ne disposait pas des experts réviseurs nécessaires. Or, elle dispose déjà de six experts comptables diplômés, dont un magistrat. De plus, elle travaille au coût de revient et n'a pas besoin d'une marge commerciale. Avec elle, il n'y aurait pas à redouter que des données sensibles, par exemple fiscales, puissent être transmises ou stockées à l'étranger.

La révision des comptes fait partie des missions traditionnelles des Cours de Comptes qui nous entourent. Votons OUI à ce projet de loi, même s'il émane d'un député UDC. 

10/01/2016

Ensemble à Gauche et la laïcité

Un membre de notre groupe parlementaire Ensemble à Gauche au Grand Conseil, Pierre Vanek, tente de démolir  dans le journal du mouvement Solidarités, le projet de loi sur la laïcité que cinq autres élus du même groupe, dont moi-même, soutiennent en réponse à celui, inacceptable, de Pierre Maudet. 

Il nous reproche de mener "une lutte idéologique antireligieuse" au lieu de lutter pour le socialisme en général ou dans des combats sociaux ou économiques particuliers. Certes, il annonce tenir ces propos à titre personnel, mais  ils prouvent qu'il n'a rien compris à la notion de laïcité ni aux importants enjeux de société qui se présentent actuellement à notre jugement.

Traiter d'anti-cléricaux, de laïcards et d'islamophobes tous les citoyens qui s'inquiètent de la tournure que prennent certains changements législatifs est non seulement facile et stupide, mais également très lâche. Comme l'écrit très bien Richard Malka dans le dernier Charlie Hebdo, "certains soignent par là-même leur culpabilité de classe ou leur tropisme "anti-impérialiste" sur le dos du droit à la neutralité religieuse dans l'espace public".

Nous ne pouvons accepter un projet de loi qui déclare comme un de ses buts : "permettre aux organisations religieuses d'apporter leur contribution à la cohésion sociale". Le communautarisme est par définition un facteur de division et les pays qui ont choisi cette solution, telle la grande Bretagne, le regrettent maintenant amèrement. La défense de la laïcité devrait être la fierté de la gauche, de toutes les gauches.

"Tout individu a le droit de claironner ses convictions dans l'espace public, comme de les manifester et les mettre en oeuvre publiquement" écrit le même député. Il oublie la loi sur le culte extérieur du 28 août 1975, toujours en vigueur qui dit clairement : "Toute célébration de culte, procession ou cérémonie religieuse quelconque est interdite sur la voie publique".

Pourquoi cette frénésie à revenir sur ce qui nous a valu un siècle de paix et d'harmonie ? Pierre Vanek, qui n'a peur de rien,  ose trouver à notre exposé des motifs "des relents xénophobes et totalitaires". Il ne sait pas que, dans tous les milieux de gauche dignes de nom, le coup de ce genre d'insultes est éculé. La rage de voir déposer un projet de loi qui n'émane pas de Solidarités a des limites.

Comme le disait si joliment notre ami Cavanna : "Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, causons dans le poste, éduquons nos gosses, saisissons toutes occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés".