26/05/2015

Le sexisme politique

Très franchement, je ne me suis pas sentie concernée, mais presque un peu humiliée par la page de la Tribune intitulée "Les élues genevoises vivent le sexisme jour après jour". Personnellement, je ne vis rien de ce genre. Il est vrai qu'on ne m'a jamais à ma connaissance traitée de "cruche". J'ai entendu assez souvent : "agressive", "va voir en Corée du Nord", "criminelle qui veut détruire notre économie", mais "cruche", ça non jamais. De mon côté, je ne me suis jamais gênée pour "commenter le physique ou la tenue vestimentaire" de l'un ou l'autre de ces Messieurs. "A priori, un homme est jugé compétent" renchérit une de mes collègues. Je trouve qu'elle a de drôles d'a priori et suis loin de faire bénéficier tous les hommes d'un tel préjugé favorable. Et si "avoir de la poigne" est négatif, tant pis mes braves,  il faudra vous y faire. Je ne vois pas pourquoi je ne reprocherai pas à une telle d'avoir effectivement un ton de maîtresse d'école, alors que j'en ai autant au service des divers enseignants et directeurs d'école mâles qui peuplent le grand conseil et nous font perdre un temps précieux en pontifiant et répétant dix fois la même chose. Ayant eu la chance d'être élevée comme un garçon, je me suis toujours prise pour un homme et n'ai pas rencontré les faux problèmes évoqués dans cet article. En particulier, faites moi confiance pour ne pas "travailler doublement afin de gagner un respect qui n'est pas naturel". Il y a des hommes et des femmes que je respecte et que j'admire et j'espère ne pas être dupe des paresseux et des malhonnêtes qui ne font pas leur travail d'élus. J'ai dit.

Commentaires

Bien dit. La logique nous rappelle toujours à l’ordre. Alors même qu’à l’évidence les femmes sont aussi compétentes ou incompétentes que les hommes, toute mesure destinée à protéger les femmes contribue à faire douter de leurs compétences puisqu’elle confirme leur faiblesse (seuls les êtres faibles ont besoin de protection). Si un parti met en avant un objectif de parité, la candidature de chaque femme de ce parti est fortement entachée par un doute: a-t-elle été choisie pour ses compétences ou pour atteindre les quotas? Dans ce domaine, la mentalité victimaire produit les victimes.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 27/05/2015

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