25/11/2014

Dénaturation de la campagne

Sans doute las de nous opposer des arguments indéfendables, nos adversaires ont fait dévier la campagne pour l'abolition des forfaits fiscaux dans deux directions qui n'ont rien à voir avec l'objet de la votation de dimanche : Les déductions fiscales et les contribuables suisses qui ne paient pas d'impôts.

Le fait que les initiants aient eu dans l'esprit d'abolir toutes les déductions fiscales en plus des forfaits est proprement mensonger. C'est une théorie fumeuse née dans la cervelle tortueuse d'un avocat fiscaliste qui vit des forfaits qu'il obtient pour ses clients et ne correspond à aucune réalité. Si des parlementaires socialistes ont par ailleurs l'envie de s'attaquer à certaines déductions fiscales, c'est leur droit le plus strict. Mais cela n'a rien à voir avec le vote de dimanche pour lequel l'unité de la matière est totale. Rien ne nous empêchera à l'avenir, de souhaiter l'abolition du bouclier fiscal, de refuser la baisse drastique  du taux d'imposition du bénéfice des personnes  morales, etc. mais nous n'aurons pas besoin pour cela de changer la constitution fédérale.

Pour ce qui concerne la grande proportion de contribuables qui ne paient pas d'impôts, particulièrement à Genève, rappelons que ceux-ci ne demanderaient pas mieux que d'en payer, ce qui signifierait une amélioration sensible de leur situation pécuniaire. Alors que le PIB a crû de 20% en dix ans dans l'arc lémanique, l'augmentation de jeunes en formation et de "travailleurs pauvres" ne cesse d'augmenter. Le revenu imposable d'un célibataire genevois se situe entre 17.000 et 26.000 francs par an, soit entre 1.400 et 2.200 francs par mois. En effet, je ne vois pas le rapport avec les milliardaires de Cologny.

Il faut vraiment lire le livre de Thomas Piketty : "La capital au XXIème siècle". Il ne s'agit pas d'un marxiste, loin de là et ce n'est pas pour rien que ce livre a fait un tabac aux USA. il démontre le creusement comme jamais des inégalités.

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