22/11/2014

Dans le même journal improbable

"Entreprise Romande" enchaîne quelles pages plus loin : "Par méconnaissance, certains pensent que le régime d'imposition à le dépense est une affaire de privilégiés". Mais où le bon peuple est-il allé chercher une idée pareille ? Payer cent mille francs d'impôts comme étranger au lieu de plusieurs millions si on était Suisse avec le même revenu et la même fortune n'est pas absolument pas un privilège. D'ailleurs, ceux qui emploient ce mot n'ont aucune culture juridique !

"Nous voulons rendre cette campagne plus humaine" lance Jacques Jeannerat, directeur de la Chambre de Commerce. En effet, d'abominables gauchistes ont essayé de faire passer d'honnêtes retraités pour des profiteurs alors qu'ils sont parfaitement en règle avec la loi. Certes, ils sont censés ne pas travailler sur le territoire suisse et passent leur vie à gérer leurs affaires depuis leurs résidences de luxe, mais ne soyons pas mesquins. Ces gens ont une grande sensibilité et même si les montants d'impôts n'ont aucune importance pour eux ("Ils ne sont pas bloqués par leur budget" dit le même article), ils sont peinés par les propos inhumains tenus par certains.

Voilà maintenant que, toujours selon ce digne canard, les emplois menacés ne seraient plus de 22.000 mais de 80.000. Déjà que personne ne savait d'où venait le premier chiffre ahurissant, là nous sommes définitivement sidérés. C'est simple, le départ de certains forfaitaires (moins de 1% des recettes du canton) va entraîner selon l'auteur le report de projets tels que le CEVA, le dépôt des TPG et l'école de commerce de Frontenex. Pourquoi pas l'arrêt de l'aile Est de l'aéroport, le service des urgences de l'hôpital et les cours à l'Université ?

Certes le lectorat de ce genre de publication est assez spécial, mais essayer de gruger à ce point-là l'opinion publique révèle un écoeurant manque de déontologie.

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