24/05/2013

Qu'est-ce que l'écosocialisme ?

Un manifeste pour l'écosocialisme en 18 thèses a été adopté par le récent Congrès du Parti de Gauche français, qui avait initié cette démarche lors des Assises pour l'écosocialisme en décembre 2012 à Paris.

En voici un bref résumé. Le texte complet se trouve sur le site du Parti de Gauche.

1. L'écosocialisme est une alternative concréte et radicale. Il s'agit de partager les richesses sans attendre, fonder une nouvelle économie des besoins et de la sobriété, préserver le climat, l'écosystème et sa biodiversité

2.Le paradigme écologiste appelle la démocratie, l'égalité sociale, la laïcité et le féminisme. En déterminant l'intérêt général humain, on institue l'universalité des droits humains, la citoyenneté comme devoir et la République comme nécessité.

3. L'écosocialisme est un nouveau projet politique alternatif au capitalisme. Il prend en compte les besoins humains et les limites de la planète. Il repense la finalité de nos produits et la manière de les produire.

4. L'émancipation de la personne humaine passe par le partage de la richesse, la démocratisation du pouvoir et l'éducation globale de chaque homme et de chaque femme. Elle ne peut être atteinte par la croissance sans fin.

5. Nous rejetons une vision de l'écologie qui se veut compatible avec le libéralisme et refusons le discours qui se contente de culpabiliser les individus. Notre écologie à nous fait systématiquement le lien avec la critique du système économique et avec les luttes sociales, en y impliquant l'ensemble des citoyens.

6. Nous réfutons la doctrine sociale-démocrate qui voudrait que toute redistribution des richesses passe par la relance de la croissance du PIB et la hausse de la consommation. Le modèle de l'expansion infinie est un suicide de la civilisation humaine.

7. L'écosocialisme veut mettre l'économie au service des besoins humains. Il s'oppose à la politique de l'offre défendue par les libéraux qui consiste à produire tout et n'importe quoi dans n'importe quelles conditions.

8. L'écosocialisme prône l'appropriation sociale des moyens de production et les propositions alternatives de l'économie sociale et solidaire. Nous défendons la souveraineté budgétaire et la nationalisation comme outil de politique publique, notamment en matière de services bancaires et de crédit.

9. La révision en profondeur de notre système de production repose sur 4  "R" : relocalisation de l'activité, réindustrialisation écologique, reconversion de l'outil industriel et redistribution du travail. Cela permettrait de conserver, transformer ou créer de nombreux emplois, locaux et pérennes, dans tous les pays.

10. La "règle verte" est notre indicateur central de pilotage de l'économie. elle vise à assurer notre responsabiité en supprimant la dette écologique. Cela implique la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et l'arrêt du nucléaire qui comporte des risques inacceptables.

11. Nous sommes aux côtés des salariés et des exclus du système qui résistent et sont porteurs de projets alternatifs. Nos adversaires sont bien les banques, les multinationales et les actionnaires qui orientent la production en fonction de leurs seuls intérêts privés.

12. Les élus du peuple pour le projet ecosocialiste s'impliquent dans le développement d'expérimentations : collectifs de villes en transition, reprise d'entreprises par les salariés, habitat collectif, réquisition de logements vides, extension de la gratuité des services publics.

13. Une révolution citoyenne est nécessaire pour conquérir une réelle capacité de contrôle. Le secteur de la recjerche doit se réorganiser autour de l'intérêt général et des besoins réels. La planification écologique organise l'intervention continue des salariés dans la gestion des entreprises.

14. Nous affirmons l'exigence d'un haut niveau de culture commune par l'école publique incluant l'éducation à l'environnement. Les droits fondamentaux doivent être refondés par le moyen d'une assemblée constituante.

15. Le projet écosocialiste mène son combat idéologique par l'éducation populaire. Il dénonce la programmation d'un individu consommateur docile qui lui fait désirer des productions nuisibles et inutiles.

16. La politique libérale de l'Europe est vérouillée par les traités actuels et les plans d'austérité. Une politique écosocialiste en Europe passe par une désobéissance à l'Europe libérale et à ses directives.

17. Le projet écosocialiste implique la reconnaissance de la responsabilité des pays dits du Nord, de l'OMC, du FMI et de la Banque Mondiale vis à vis des peuples dits du Sud. Il doit pouvoir être porté par un forum mondial qui en face le but de la révolution citoyenne.

18. La remise en cause du modèle productiviste capitaliste implique une refonte radicale des institutions incluant scrutins à la proportionnelle. Ni avant-garde éclairée, ni dictature verte, ni repli ethniciste, nous défendons la voie démocratique de la révolution citoyenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17/05/2013

Une branche décriée

La "Tribune de Genève" d'aujourd'hui donne la parole sur quatre colonnes à un jeune trader es négoce des matières premières qui trouve que "la branche souffre d'une mauvaise réputation car les gens ne font pas la différence entre négoce physique et négoce financier et spéculatif". A qui la faute ? Ce n'est pas nous qui obligeons ce secteur à une opacité complète qui lui permet en effet de consacrer plus de temps et d'argent à spéculer qu'à organiser "honnêtement" les achats et ventes de denrées qui répondent aux besoins de l'humanité.

Au printemps de cette année, ATTAC a organisé deux soirées de films sur le scandale des matières premières. Je me souviens en particulier d'un exemple de spéculation sur le riz où des stocks invraissemblables ont été figés pour faire monter les prix tandis que des pays entiers en manquaient cruellement.

Toujours selon ce merveilleux jeune homme, "le marché est compétitif, il n'y a pas de place pour des profits disproportionnés". Il considère sans doute que la prime de 212 millions que comptaient se distribuer 72 managers de Glencore Xstrata représente une rétribution raisonnable. Il ajoute qu'"il y a des lois et elles sont respectées, les compagnies n'entendent pas souiller leur nom". Il n'a manifestement pas lu l'ouvrage de la Déclaration de Berne "Swiss Trading" qui dénonce les forfaits multiples et variés commis par ces multinationales, déguisées sous le nom d'innombrables filiales, dans les pays où elles se procurent lesdites matières premières même si, à Genève, elles font semblant de se contenter de les gérer. Il n'a sans doute pas lu que, la semaine dernière encore, l'organisation présidée par Kofi Annan a pointé du doigt la manière dont le même Glencore Xstrata a obtenu les mines de cuivre de Kansuki et Mutanda en République Démocratique du Congo.

La Confédération, aidée par un certain nombre de medias a manifestement entrepris une campagne pour nous convaincre de l'angélisme des sociétés de négoce "Je suis contre l'imposition de règles générales par des gens qui méconnaissent le secteur et viennent lui mettre des bâtons dans les roues" dit aussi le merveilleux jeune homme. Qu'il ne se fasse aucun souci : L'autorité se surveillance de la lutte anti-blanchiment n'a aucune intention d'aller mettre son nez dans leurs activités, alors que la loi le prévoit pourtant expressément. A tel point qu'on a pu dire que pour blanchir de l'argent en Suisse, il est beaucoup plus simple d'ouvrir une société de négoce que d'essayer de passer par une banque.