27/03/2013

Les arguments des adversaires

Je suis donc allée hier soir à l'Institut National Genevois écouter Philippe Kenel exposer ce qui doit être selon lui la stratégie de lutte de la droite contre l'initiative de "La Gauche" sur les forfaits fiscaux au niveau Fédéral, qui lui fait manifestement très peur. Il explique que c'est un problème romand car à partir d'une fortune de 10 millions, un étranger oisif a intérêt à payer l'impôt normal sur la fortune en Suisse Alémanique. pas un mot évidemment sur les faux oisifs qui passent leur journée à contrôler chez eux le travail de sociétés dont ils sont uniques actionnaires (mais pas salariés).

Aux dernières nouvelles, la Suisse compte 5.500 contribuables selon la dépense dont 700 à Genève. Il préconise que les cantons fixent un seuil minimum de 300.000. en plus de l'initiative fédérale de "La Gauche", une initiative cantonale pour la suppression de cet impôt a été déposée par les socialistes en 2012. Selon le dévoué avocat "Il y aura lieu de présenter ou non un contreprojet à cette initiative prévoyant notamment la fixation du plancher minimum des dépenses à CHF 400.000 au lieu de 300.000 aujourd'hui et de fixer un montant minimum de fortune imposable à CHF 8 millions, ce qui correspond à un impôt de 80.000 par an".

Pour ce qui est de l'initiative de "La Gauche", "Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires" qui a abouti en Nov. 2012, le peuple suisse devra voter en principe en 2014 ou 2015. Philippe Kenel fait un appel solennel aux cantons suisses allemands pour qu'ils prennent conscience qu'en écrivant "les privilèges fiscaux pour les personnes physiques sont illicites", ce n'est pas uniquement l'impôt d'après la dépense qui est menacé mais l'ensemble de la législation helvétique !!!

Je vois mal à quel autre privilège inconnu accordé à des personnes physiques Monsieur Kenel pourrait bien faire allusion. Il nous faudra donc bien expliquer à la population allémanique, moins concernée que nous par l'abolition de cet impôt, que nous ne sommes pas en train de sapper les bases de la Confédération (Il y a mille bénéficiares de cet impôt en Suisse Allémanique en tout et pour tout).

De toutes façons, le principe d'égalité devant l'impôt découle du principe général d'égalité reconnu dans la Constitution Fédérale. On fait comme si tous les Suisses fortunés "travaillaient" et s'il n'existait pas de Suisses assez riches pour ne pas travailler (et se contentant de surveiller la production de leurs dividendes comme l'étranger ci-dessus) qui paient leurs impôts au taux normal sans les privilèges accordés à son homologue étranger.

Bref, la lutte sera dure mais nous gagnerons. Une fois de plus, je me suis trouvée dans une salle de 300 personnes dont une écrasante majorité voue aux riches étrangers un culte obséqieux. Je ne suis pas sûre que cela les rende beaucoup plus heureux que les autres.

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