28/06/2012

Communiiqué d'Attac-France

Il y a fort à parier que François Hollande sortira du sommet européen en proclamant avoir obtenu un compromis avec Angela Merkel. Mais il avait lui-même placé la barre à franchir: "nos amis allemands ne peuvent pas poser deux verrous à la fois, un sur les eurobonds et un autre sur le refinancement direct des dettes par la BCE", déclarait-il le lendemain de son élection. Alors qu'il a déjà renoncé à l'instauration rapide d'eurobonds pour mutualiser les dettes publiques européennes, le président de la République ne pourra se targuer d'un succès qu'à une condition: que la chancelière allemande accepte la possibilité pour la Banque centrale européenne d'intervenir directement pour aider les pays en difficulté. C'est la condition non pas pour sortir de la crise - bien d'autres mesures seraient nécessaires - mais pour soulager un peu la détresse des populations des pays attaquée aujourd'hui par les marchés financiers.

Pourtant, cela semble mal parti. Sauf grande surprise, en l'absence d'une volonté réelle d'établir un rapport de force, François Hollande se contentera d'un pseudo-pacte de croissance, avec 120 milliards annoncés (soit moins de 1% du PIB européen) , dont la moitié consiste en un recyclage de fonds structurels européens déjà prévus, et l'autre en d'hypothétiques partenariats public-privé financés par la Banque européenne d'investissement.

En revanche, il paraît désormais probable qu'il s’apprête à accepter le Pacte budgétaire. En fait de croissance, celui-ci va considérablement durcir les exigences de réduction des déficits publics et les mécanismes punitifs envers les Etats récalcitrants, donc les politiques d’austérité et la récession. Va-t-on vers une ratification à marche forcé par voie parlementaire en France ? La capitulation devant les forces invisibles de la finance serait alors totale.

Sans doute sera-t-il également proposé, en conclusion de ce sommet, la mise en œuvre d’une taxe sur les transactions financières via une coopération renforcée entre pays de la zone euro. Ce serait un pas important si l'annonce était, cette fois-ci, suivie d'effet, et si l'assiette et le taux de la taxe permettaient de réduire réellement la spéculation et de dégager des ressources nouvelles. Nous attendrons donc avant  de nous réjouir. D'autant que cette annonce pourrait servir à faire passer auprès de l'opinion publique la pilule de l'aide inconditionnelle aux banques et de l'aggravation de l'austérité.

La proposition de taxe portée par Attac depuis sa création en 1998 est nécessaire mais non suffisante pour sortir de la très grave crise économique dans laquelle est plongée l’Europe. C'est l'ensemble des produits financiers spéculatifs qui doivent être interdits. Une refondation de la zone euro est désormais incontournable pour sortir les Etats de la dépendance aux marchés financiers. Les véritables causes de la dette publique doivent être éclaircies, pour mettre à contribution non pas les salariés et les assurés sociaux mais les banques et les plus riches. En attendant, Attac, avec la Fondation Copernic et de nombreuses personnalités de la société civile, demande à François Hollande d''organiser un vaste débat démocratique sur le Pacte budgétaire, tranché par un référendum.

Attac France, le 28 juin 2012


Commentaires

Et bien voilà au moins un blog qui ne risque pas de disparaître "corps et biens" grâce aux communiqués d'ATTAC France que nous balance, avec une régularité de métronome, Madame Orsini, sans aucun commentaire, analyse critique ou prise de position personnelle... Bref, un blog qui n'en est pas un mais qui est simplement un moyen pour ATTAC France (même si ce n'est pas le seul groupuscule qui en profite) d'obtenir une tribune gratuite et bien fréquentée.

Écrit par : A. Piller | 29/06/2012

C'est une période bénie de l'histoire où les communiqués d'attac France, comme ceux du Parti de Gauche n'appellent de ma part aucune critique. J'ai enfin rencontré les équipes qui, selon moi, font les analyses qui doivent être faites et préconisent les actions qui doivent être entreprises. De plus, elles écrivent en bon Français, intelligible pour tous. J'en connais certes, qui se contenteraient de les plagier pour faire semblant de penser.

Écrit par : Magali Orsini | 05/07/2012

Ils peuvent pondre tous les communiqués qu'ils désirent, la réalité est que l'UE est en faillite et que nous avons bien fait de ne pas entrer dans ce groupuscule de pays fauchés !

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 05/07/2012

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