29/05/2012

Communiqué d'attac France

Après la déclaration scandaleuse de Christine Lagarde...
Les dirigeants européens et le FMI doivent laisser les peuples voter librement !


Le "dérapage" de Christine Lagarde vient couronner une série de déclarations scandaleuses de dirigeants européens. MM. Barroso, Draghi, Schäuble et même malheureusement Laurent Fabius  ("on ne peut pas à la fois vouloir rester dans l'euro et ne faire aucun effort ») ont ouvertement menacé les Grecs d'une exclusion de la zone euro au cas où leur prochain gouvernement, qui sera élu le 17 juin prochain, remettrait en cause le mémorandum et les plans d'austérité infligés depuis deux ans à la Grèce. Le même chantage pèse sur les électeurs irlandais appelés à se prononcer à référendum le 31 mai pour ou contre le Pacte budgétaire, qui va aggraver encore et installer définitivement l'austérité en Europe.

Mais, en insultant le peuple grec, Christine Lagarde vient de franchir une ligne rouge. Le journaliste du Guardian lui demandait si au moment d'imposer de nouvelles coupes budgétaires à la Grèce, elle hésite parfois en pensant "aux femmes enceintes qui doivent accoucher sans sage-femme, aux malades qui n'ont plus accès aux médicaments vitaux, aux personnes âgées qui meurent par manque de soins". Mme Lagarde a osé répondre: "non, je pense davantage aux enfants d'un petit village au Niger, qui ont deux heures de cours par jour et occupent une chaise à trois". Les enfants grecs qui sont affectés par les coupes ? "Leurs parents n'ont qu'à payer leurs impôts". Alors qu'elle même, comme directrice générale du FMI, ne paye pas un dollar d'impôts sur ses confortables revenus... et que les plans d'ajustement structurel imposés en Afrique par le FMI ne sont pas étrangers à la misère qui y règne encore.

Submergée de mails indignés sur sa page Facebook elle a fini par déclarer sa "sympathie avec le peuple grec et les défis qu'il rencontre". Mais son cynisme n'est pas isolé. Les dirigeants européens se préparent ouvertement à couper les vivres au gouvernement élu le 17 juin s'il décide, comme le parti de gauche Syriza l'a annoncé, de dénoncer le mémorandum. Ils espèrent ainsi intimider les électeurs grecs et les convaincre de voter pour les deux partis corrompus qui ont mené la Grèce au chaos, Nouvelle Démocratie et le PASOK. Comme le dit Christine Lagarde dans son interview au Guardian, sur le ton de la plaisanterie (?), "quelqu'un a dit que si le peuple n'est pas content de son gouvernement, il n'y a qu'à changer le peuple". Une plaisanterie indécente qui n'a même pas le goût d'un lapsus...

S'ils refusent par leur vote l'austérité et la dictature des créanciers et des banques, les Irlandais et les Grecs rendront un fier service à l'Europe tout entière, en montrant aux autres peuples qu'on peut stopper la course vers l'abîme dans laquelle les dirigeants européens nous entraînent par leur cynisme et leur aveuglement. Le peuple islandais l'a déjà fait, pour son plus grand bien, en refusant par deux référendums de rembourser les créanciers de ses banques en faillite ! Attac France, avec les Attac d'Europe, exige que l'Union européenne et le FMI abandonnent toute pression à l'encontre des électeurs irlandais et grecs.


Attac France,
Paris, le 29 mai 2012

27/05/2012

Dernières actualités du Front de Gauche

La Grèce : Elle est plus endettés aujourd'hui qu'avant dix plans d'austérité. Cet entêtement fragilise toute la zone Euro. "Que d'économies aurions-nous fait en appliquant la proposition du Front de Gauche d'un prêt direct de la BCE à l'Etat Grec !" (François Delapierre)

L'hémorragie industrielle française : Jean-Luc Mélenchon a écrit au 1er ministre français Jean-Marc Ayrault dès sa nomination pour lui rappeler les modifications législatives que les députés du  Front de Gauche présenteront à l'assemblée nationale :

- Interdiction des licenciements boursiers et suppressions d'emplois dans les entreprises bénéficiaires

- Création d'un droit de veto des élus du personnel en cas de fermeture ou délocalisation et obligation d'examiner les propositions des salariés.

- Droit de préemption de l'activité par les salariés réunis en coopérative, avec un soutien juridique et financier public.

- Adoption de sanctions pour punir les atteintes aux éléments essentiels du potentiel économique de la nation

- Instauration de visas sociaux et écologiques aux frontières pour empêcher le dumping social ou environnemental

- La mise en place de plans écologiques de filières industrielles pour mettre en relation les entreprises entre elles autour d'un projet ambitieux

- La protection des sous-traitants par la responsabilisation des entreprises donneurs d'ordre.

07/05/2012

Communiqué d'Attac France

Après la défaite de Sarkozy : vers un juin 1936 européen

Attac se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy, qui pourrait représenter la première défaite politique en Europe pour les tenants de l' hyperaustérité.  Elle sanctionne l’arrogance d’un président au service d’une oligarchie insatiable. Elle exprime la résistance populaire aux politiques d’austérité, qui s’est manifestée en France par le grand mouvement de 2010 contre la réforme des retraites. Elle suscite l’espoir des peuples d’Europe du Sud, confrontés aux terribles ravages des politiques de la « Troïka », Commission européenne, BCE et FMI. Surtout qu’au même moment se dessine une percée historique de la gauche de résistance aux élections législatives en Grèce, avec une chute des deux partis de gouvernement qui ont mené aux plans d’austérité et à la débâcle du pays.

Mais si le soulagement est grand, l’espoir est fragile. La pression des marchés financiers va monter dans les semaines qui viennent pour contraindre François Hollande à ratifier le Pacte budgétaire imposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, avec en guise de « renégociation » quelques vagues déclarations et mesurettes européennes sur la croissance. Ce nouveau traité qui interdit les déficits publics et impose une austérité sans limite, doublée d'un productivisme aveugle qui met à mal la nature, le travail et le travailleur, va pourtant enfoncer l’Europe dans la dépression.

La social-démocratie française et européenne n’a pas encore pris la mesure des ruptures nécessaires pour inverser la tendance. Pourtant les forces progressistes n’ont aucun droit à l’erreur. En cas d’échec en France, la droite et l’extrême droite, dont les convergences xénophobes et autoritaires s’affirment aujourd'hui sans ambigüité, ramasseront la mise de la déception et du désespoir.

Il y a un moyen, et un seul, pour les citoyens d’empêcher cela : la mobilisation sociale, l’intervention directe dans les affaires de la cité. A l’image de juin 1936, mais dans une dynamique d’emblée européenne, nous pouvons imposer nos exigences pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques mises à mal par les politiques actuelles. Renforçons nos syndicats, nos associations, nos partis progressistes ; occupons les places, les espaces publics ; imposons un débat démocratique sur les politiques économiques et sociales, en particulier au plan européen, avec un référendum sur le Pacte budgétaire. Les 18 et 19 mai nous serons des dizaines de milliers à Francfort, à l’appel des mouvements sociaux allemands, pour dire à la Banque centrale européenne : stop à l’austérité, oui à la solidarité !

 

Attac France, le 8 mai 2012


Après l'élection présidentielle, le Front de Gauche n'en restera pas là.

Voter pour François Hollande et inciter tous nos camarades et amis du Front de Gauche à faire de même était l'unique solution pour tourner la page de la politique ultra-libérale incarnée par l'ancien Président de la République. Nous nous réjouissons de ce premier succès.

Mais voter pour François Hollande ne signifie nullement approuver son programme. Nous maintenons donc toutes les critiques et tous les désaccords que nous avons avec lui. Nous l'avons entendu avec satisfaction commencer à défendre certaines de nos thèses : Renégocier le pacte de stabilité, exiger que la Banque Centrale Européenne prête directement aux Etats. Nous n'avons pas entendu un mot sur l'écologie et peu entendu sur le vrai sujet qui concerne la France : Le partage des richesses. Nous contesterons donc désormais l'hégémonie sociale-démocrate à l'intérieur de la gauche française.

Dès demain commmencera la bataille des législatives. Le Front de gauche représente 1/4 des voix de gauche. En trois ans, nous avons rassemblé plus de quatre millions d'électeurs. Nous nous présenterons sous l'étiquette "Front de Gauche" dans la totalité des circonscriptions des Français de l'étranger et ne lâcherons rien du programme "L'humain d'abord".

Que les Français de Suisse et de France voisine, qui votent traditionnellement à droite, n'oublient pas le glissement ultra-dangereux de leur candidat vers le Front National sur les questions d'immigration et de sécurité, intolérable lorsqu'on est soi-même hôte d'un pays étranger.

Le Front de Gauche a même obtenu des scores à deux chiffres dans certains bureaux de vote de Suisse romande. Nos compatriotes comprennent de plus en plus que, face aux politiques d'austérité prônées par les pouvoirs financiers pour les peuples d'Europe et à la rengaine de l'impuissance, seule une véritable insurrection civique peut encore infléchir le cours de l'histoire. La mondialisation néo-libérale n'est pas une fatalité.