26/04/2012

Après le premier tour

Voici les passages que je retiens du blog de JL Mélenchon :

"Je suis déterminé à militer pour convaincre le plus de monde possible de voter pour rejeter Nicolas Sarkozy en utilisant le bulletin de vote François Hollande. Ceci posé sans ambiguité, je désapprouve toute utilisation de mon nom pour m'associer à je ne sais quel rassemblement autour du candidat et du programme des socialistes...Nous n'avons pas d'énergie à perdre dans les regrets quand bien même il est juste et normal d'en éprouver et de souffrir au spectacle du pays défiguré par l'extrême-droite. Non pour s'auto-flageller. Nous avons fait notre devoir et nous nous sommes sentis bien seuls à le faire. Nul ne nous fera jamais oublier comment la presse socialiste a préféré consacrer son énergie à nous accabler d'injures plutôt que de combattre Le Pen. Mais cela ne doit pas aller au point de perdre conscience de notre force et de nos responsabilités...

La défaite de Sarkozy est notre tâche urgente. Celle qui donnera de l'air à l'action sociale dans notre pays, bien sûr...c'est ce qui est attendu de nous par la gauche de toute l'Europe pour briser le directoire actuel que l'on a résumé à juste titre sous le nom de "Merkozy"...Je connais les raisons qu'ont autant des nôtres à refuser leur voix... mais je voudrais les convaincre que leur résistance prend toute sa dimension s'ils ne vivent pas le vote Hollande comme une allégeance mais comme le moyen d'une action autonome et conquérante de plus longue haleine. La nôtre. La marche vers la révolution citoyenne...

Nicolas Sarkozy perd 1,8 millions d'électeurs par rapport à 2007... son électorat les plus fidèle et mobilisé est celui de la grande bourgeoisie... les grandes fortunes ont donc fait bloc autour de leur homme de main. Mais c'est un échec terrible, car les beaux quartiers ne peuvent gouverner que si les quartiers populaires se laissent séduire... 70% de la progression de Marine Le Pen vient du recul de Sarkozy. Une transfusion... Selon l'IFOP, 30% des électeurs de François Hollande ont hésité à voter pour nous. Cela ferait neuf points de plus pour nous s'ils avaient choisi de ne pas se laisser effrayer par les affolés de la vingt-cinquième heure qui les ont ramenés au prétendu "vote utile"... l'essentiel de la dynamique de la gauche vient du Front de Gauche. Nous apportons les deux tiers des voix supplémentaires comptées à gauche.

 

24/04/2012

Lendemain du premier tour

Chers compatriotes,

Ma première réaction à l'annonce des résultats du premier tour de cette élection présidentielle a, bien entendu, été la déception de voir le score du Front National par rapport à celui du Front de Gauche. En y réfléchissant cependant, nous devons constatez la progression fulgurante de notre organisation. Qui aurait pu croire il y a 5 ans que nous dépasserions les 10% alors que MG Buffet venait de recueillir 1.9% ?

Un grand merci à tous ceux qui ont voté et fait voter JL Mélenchon pour parvenir au score très honorable de 8.44% pour la Suisse, traditionnel bastion de droite et à ceux de nos membres qui ont accepté la tâche fatiguante de fonctionner comme délégués ou assesseurs dimanche dernier.

Les thèmes développés par le Front de Gauche ont marqué toute la campagne, mais le contexte politique était au bipartisme. On n'a cessé de brandir l'épouvantail Le Pen pour imposer le "vote utile" à gauche, alors que c'est grâce au Front de Gauche que Le Pen n'est pas présente au second tour.

Le vote Front de Gauche est un vote d'adhésion à notre programme ; le vote pour le PS est un rejet de Sarkozy. Il faut néanmoins continuer à briser l'axe Merkel/Sarkozy qui ne nous promet que la spirale infernale de l'austérité. Le 6 Mai, sans hésitation, nous choisirons donc le bulletin Hollande.

Mais avec les  législatives, la lutte continue plus que jamais. Notre force politique est maintenant visible et reconnue. Battons-nous pour faire connaître nos analyses et notre programme.

On lâche rien !

13/04/2012

communiqué d'Attac France

Le gouvernement a-t-il donné le feu vert au nouvel outil de spéculation contre la dette française ?

A quelques jours de l'élection présidentielle, Eurex - une bourse allemande spécialisée dans les produits dérivés - lance un nouveau produit financier qui va permettre de faciliter grandement la spéculation sur la dette française. Jusqu'ici réservée aux très gros opérateurs financiers, la spéculation sur les taux d'intérêt payés par la France va devenir accessible au boursicoteur de base.

Comme dans le domaine des matières premières ou agricoles, la spéculation sur les produits dérivés de taux d'intérêt risque de faire flamber les prix du "sous-jacent" - c'est-à-dire ici le taux d'intérêt sur la dette française. En achetant ce produit, les spéculateurs peuvent en effet parier sur une hausse des taux d'intérêt que la France offre aux prêteurs. Plus nombreux seront les parieurs, plus les prêteurs jugeront que "le marché" anticipe une hausse des taux, et plus ils seront inquiets sur la situation de la dette française. Car une hausse des taux d'intérêt ("prime de risque") indique que les opérateurs de marché anticipent un risque plus élevé de défaut du pays concerné. De fait cette hausse alourdit la charge de la dette, donc aggrave les déficits, la dette et donc in fine le risque de défaut...

Finalement, selon la logique de la "prophétie autoréalisatrice", les paris sur la hausse des taux d'intérêt contribueront à cette hausse. Et l'exigence d'un plan d'austérité draconien pour "rassurer les marchés" sera posée "dans les deux jours après le 6 mai", comme l'a affirmé Nicolas Sarkozy.

Eurex est une société privée qui dit n'avoir aucune intention politique : elle affirme ne faire que répondre « à une forte demande des acteurs de marché français et autres acteurs européens, à la recherche d'un outil de protection adapté ». C'est possible, mais  l'Agence France Trésor, c'est-à-dire Bercy, c'est-à-dire le gouvernement français, s'est quant à elle publiquement félicitée de cette « initiative privée qui pourrait susciter un surcroît d'intérêt des investisseurs pour les titres français et accroître marginalement leur liquidité », (selon un porte-parole de l'AFT cité hier par l'AGEFI.(www.agefi.fr/articles/les-futures-sur-la-dette-francaise-...).

Selon Pascal Canfin, député européen EELV, l'Agence France Trésor (AFT) a même accordé son autorisation au lancement de ce produit. L'AFT, donc Bercy, donc le gouvernement français, a-t-elle vraiment autorisé le lancement de cette nouvelle arme de spéculation massive à quelques jours de l'élection présidentielle ? Est-il possible que les technocrates de l'AFT aient agi dans une affaire aussi grave sans même en référer à leur ministre ? Est-ce une coïncidence au moment où Nicolas Sarkozy et François Fillon agitent de façon de plus en plus ostensible l'épouvantail d'une attaque spéculative contre la France en cas d'élection de François Hollande ?

Attac exige la clarté sur les conditions de lancement de ce produit financier. L'incompatibilité entre la démocratie et la loi des marchés financiers devient de plus en plus éclatante. La finance ou les citoyens, qui doit décider ?

Attac France,
A Paris, le 13 avril 2012

12/04/2012

Domination de la finance

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

Une nouvelle arme de la finance contre la France

Pendant que Sarkozy et Hollande se font des querelles de mots sur la finance, celle-ci vient de s'offrir un nouveau pouvoir considérable en France. Je condamne la création annoncée pour lundi 16 avril prochain d'un nouvel instrument spéculatif contre la dette française. Lancé par la bourse de Francfort sur le Marché européen des produits dérivés, ce "contrat à terme sur les obligations d'Etat françaises" va offrir des moyens considérables aux spéculateurs pour attaquer notre pays.

Ce nouvel instrument de faire de l'argent sur le dos de notre peuple a aussitôt été saisi par les banksters qui ont déjà déclenché la crise de 2008 aux USA puis celle de la dette en Europe, comme les banques anglo-saxonnes Morgan Stanley et Barclays Capital.

Face à ce nouveau coup de force de la finance contre notre pays, je m'étonne du silence de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement pourtant si prompts à agiter la menace des marchés financiers contre la gauche.

J'invite François Hollande à prendre conscience du danger qui menace et à rejoindre ma stratégie de combat. Je préviens que si je suis élu, ces contrats seront interdits comme toutes les ventes à découvert et les CDS non adossés. Je préviens que des poursuites seront engagées contre ceux qui ont préparé ou facilité la mise en place de ces mesures contre les intérêts économiques fondamentaux de la nation (article 410-1 du code pénal).