23/07/2009

A propos de l'OMC

J’ai récemment dû préparer les réponses à 3 questions que M. Philippe Souaille me poserait dans le cadre d’un film qu’il réalise  sur la Genève Internationale, concernant plus précisement l’OMC. En voici un résumé.

1.     Que reprochez-vous à l’OMC ?

-       De faire le jeu des multinationales et d’avoir dépossédé les Etats de leur responsabilités

-       D’essayer de faire croire aux pays du tiers-monde que l’ouverture de leurs marchés aux produits, services et capitaux des pays riches est synonyme de développement.

-       De se substituer aux institutions onusiennes chargées du développement, de la culture, de la santé , de l’agriculture ou de l’alimentation, alors que son action devrait normalement se limiter au commerce.

-       De condamner toute forme de protectionnisme, alors que tous les pays développés se sont protégés pendant des siècles .

-       De décréter que les marchandises agricoles sont des produits comme les autres en menaçant le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes.

-       De s’orienter vers toujours plus  de libéralisation de services publics vitaux pour l’ensemble des citoyens : Education, eau, santé, transport, énergie.

-       De proposer une caricature de que devraient être les échanges et d’empêcher tout développement social.

 

2.     Que proposez-vous comme alternative au commerce et aux échanges pour améliorer le sort des habitants des pays pauvres ?

-       Nous n’avons rien contre le commerce et les échanges qui existent depuis le début de l’humanité, mais rejetons la façon dont l’OMC prétend les réguler.

-       La démission du politique a entraîné une crise majeure : C’est à l’ONU d’éssayer de résoudre cette crise.Il faut subordonner la loi marchande à la déclaration universelle des droits de l’homme et des conventions internationales . L’Organe de règlement des différends est inacceptable, il opère dans le secret, selon des procédures anti-démocratiques. Il usurpe les fonctions législatives et règlementaires des Etats souverains. Il faut une cour de justice économique internationale, composée de professionnels et indépendants de l’OMC

 

3.     Comment concilier le développement social, donc économique avec l’environnement ?

Je ne peux évidemment pas accepter le « donc » qui est un a-priori idéologique.Le développement social n’a jamais été accordé spontanément par les possédants et a toujours été obtenu de haute lutte par les classes populaires.

Nous pronons une réappropriation par les peuples du processus économique, la création de mouvements associatifs, d’une société civile mondiale. Les gouvernements doivent pouvoir prendre des mesures de redistribution, favoriser les produits et entreprises locaux ainsi que ceux qui respectent des critères sociaux et écologiques. Il faut des politiques agricoles protectrices pour les peuples,  une régulation de la production dans toutes les régions du monde.

Les règles de l’OMC doivent cesser de menacer le droit des paysans à disposer librement des semences qu’ils cultivent ou de restreindre l’accès des malades aux médicaments bon marché. 

 Les services publics doivent être exclus des règles commerciales de l’OMC.  La position des gouvernements doit être soumise aux débats démocratiques.

 

 

 

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