30/05/2009

La solidarité sociale

Je suis à nouveau pantoise après lecture de l’éditorial de Didier Fleck dans le dernier numéro d’ « Entreprise romande ». Il y écrit en particulier qu’ « il y a des limites à ne pas dépasser pour que le système reste bien huilé ».

Mais qu’entend-il par « bien huilé » ? Bien glissant vers des fortunes toujours plus grosses pour les privilégiés et vers une pauvreté toujours plus criante pour les plus pauvres ? Il est frappé par le fait que 0.15% des contribuables paient autant d’impôts que 63.3% d’autres. Cela signifie exactement que 355 personnes gagnent autant d’argent ensemble que 151.000 autres. On peut comprendre qu’elles trouvent le système bien huilé.

Je viens de lire un excellent article dans « Liberation » du 29 mai (également diffusé sur « France Culture ») : « La crise de valeurs était-elle la clé de la crise ? ».  On y rappelle que l’ultraliberalisme en vogue revendiquait l’avidité comme une valeur positive. Or l’égoïsme et l’esprit de compétition sont désormais tenue par une grande partie de l’opinion pour ce qu’elles sont : de fausses idoles.

Monsieur Fleck a l’air convaincu que la richesse vient des gens riches (« c’est d’eux que provient l’essentiel de la manne ») . Il ne faudrait surtout pas démotiver ces personnes par une progressivité de l’impôt dissuasive et des assurances sociales égalitaires ! Les riches n’ont-ils donc que l’argent comme seul moteur, seul espoir et seul réconfort ?

A partir d’un certain niveau de revenus et de fortunes indécents, il est indispensable que le surplus revienne entièrement à la collectivité qui leur a permis de les gagner et de les amasser. Ils découvriront ainsi d’autres valeurs que la rapacité. Il faut qu’ils se mettent dans la tête qu’ils appartiennent à l’espèce humaine et non à une race de demi-dieux au-dessus de toute justification.

Et on trouve heureux que la prévoyance professionnelle soit gérée en Suisse par le secteur privé ! C’est tellement plus simple de faire payer les bouillons pris en bourse par les retraités que de rendre des comptes dans le cadre d’une gestion solidaire et paritaire ! Et les Caisses maladie, quelle merveille de gestion prudente et transparente !

Non pas, « communisme le retour  »car il est un peu facile de traiter de stalinien tout citoyen qui exprime des critiques de simple bon sens devant la débandade actuelle.

 

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