22/05/2009

Plus jamais ça ! Désarmons les pouvoirs financiers

A la demande de nombreuses personnes, voici le texte que j'ai lu au nom d'attac devant l'UBS à l'occasion de la manifestation anti-crise du 16 mai dernier :

"La crise qui submerge le monde depuis deux ans est liée à une recherche du profit à tout prix et à des mécanismes financiers extrêmement dangereux. Les capitaux circulant sans entraves ont pu s’engouffrer dans une multitude de produits financiers échangés pour des montants colossaux sur des marchés aux dimensions extravagantes. Le G 20 s’est autoproclamé directoire du monde et il est à craindre que les structures de la finance mondiale soient pérennisées, alors que c’est le contrôle démocratique du système bancaire que réclame le monde en crise. Pendant que ces chefs d’Etat discutaient d’une meilleure gouvernance, ils ont été capables, en quelques jours, d’avancer des milliards des diverses monnaies à partir de caisses publiques qui étaient encore vides quelques semaines auparavant. Ces avances ont été faites pratiquement sans garanties quant à l’usage des fonds, alors que les possibilités de spéculer sont toujours là. Il est urgent d’instaurer une surveillance et des réglementaions sur les pratiques bancaires.

On a voulu marchandiser toutes les activités humaines, privatiser tous les services publics, brader les systèmes de protection sociale aux compagnies d’assurance et aux fonds de pension. Les paradis fiscaux et judiciaires ont une responsabilité écrasante dans le dérèglement de la finance. Ils sont un rouage essentiel de la spéculation, de la fraude et de l’évasion fiscales et donc de l’aggravation des inégalités et de la dégradation des systèmes sociaux. La suppression des paradis fiscaux et judiciaires et la levée du secret bancaire sont tout à fait possibles, en déclarant nulles les transactions financières réalisées avec des paradis fiscaux. Les Etats ont de multiples moyens de pression pour faire respecter leur souveraineté ; il leur suffit de le vouloir.

En Suisse, les gains réalisés par les personnes physiques sur leurs placements en titres ne sont pas imposés. Il s’agit d’une grave anomalie qui encourage la spéculation. C’est d’ailleurs à l’échelle mondiale, qu’il faudrait taxer toutes les transactions financières (de bourse et de change).

En matière d’impôt sur le revenu, il faut renforcer la progressivité et non la diminuer. Au lieu d’une concurrence permanente dans la baisse des taux entre cantons, pays, etc., c’est une harmonisation fiscale qui doit être recherchée, pour supprimer la sous-enchère qui vise à attirer sur son territoire les personnes les plus fortunées et les plus gros revenus. Il est urgent d’instaurer un impôt fédéral sur la fortune ainsi qu’un impôt fédéral sur les successions.

Il est également temps d’instaurer une fiscalité internationale efficace et équitable sur les activités financières, sur les bénéfices des transnationales et des taxes de nature écologique. Une part considérable des transactions de change sont de nature spéculative et ne servent en rien l’économie réelle (en moyenne, 3'500 milliards de dollars par jour en 2007). De même, les quelques impôts sur les bénéfices en bourse qui existent ici ou là sont totalement insuffisants. Depuis plusieurs décennies, l’impôt sur le bénéfice des entreprises a subi une baisse constante. Les firmes transnationales menacent de se délocaliser si on ne leur accorde pas des baisses supplémentaires partout dans le monde. Il est tant d’instaurer un taux unique qui limite la guerre fiscale et les possibilités d’évasion et de fraude.

La gestion de l’avenir doit être enlevée aux tenants du capitalisme et aux profiteurs de ce système."

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