30/01/2009

Vous avez dit "idéalistes" ?

Je lis dans "Entreprise romande" du 23 janvier sous la plume de Didier Fleck : "On ne s'attardera pas ici sur les états d'âme d'idéalistes de supermarché"... et dans "La Tribune" d'aujourd'hui sous celle de charles Poncet : "Que des alternatifs, des tiers-mondistes, des communistes impénitents, des verts trotskystes ou d'autres gauchistes séduisant d'admirables idéalistes ou des naïfs"..

On dirait que le mot"idéaliste" est presque une injure dans leur bouche. Il est vrai que l'idéalisme n'est pas le fort de la pensée de droite, si l'on peut qualifier de "pensée" un mélange de loi de la jungle et de vulgaire appât du gain, justifié par quelques théories simplistes où le croisement des courbes de l'offre et de la demande ferait le bonheur de l'humanité.

Mais, côté monde fictif, ce ne sont tout de même pas les altermondialistes qui ont inventé l'argent vrtuel, cette fausse production de richesse que des mouvements comme ATTAC dénoncent depuis de nombreuses années et qui sont la cause de l'effrondrement actuel de tout le système. Les milliers de milliards ainsi créés ne sont pas perdus pour tout le monde et l'on comprend que les puissants de cette planète cherchent à perpétuer ces agissements pendant que le bon peuple constaterait en silence que c'est toujours lui qui les finance.

22/01/2009

Manifestation anti WEF : ATTAC Genève s'était facilement ralliée.

On m'interroge sur le fait que Paolo Gilardi a annoncé hier soir sur Léman bleu qu'attac Genève faisait partie des organisateurs de cette manifestation, alors que j'avais dit le contraire sur les ondes et dans la presse quelques jours auparavant.

Au sein d'attac Genève, nous avions exprimé à l'èpoque, même si cela ne transparaît pas, que la seule circonstance susceptible de nous faire revoir notre position serait la participation des syndicats importants. Celle-ci ayant été confirmée mardi, nous avons décidé mardi soir de rejoindre attac Suisse dans l'organisation de cette manifestation.

Je ne suis pas certaine que la police et le Conseil d'Etat ait eu eux-mêmes cette information lorsqu'ils ont respectivement donné leur préavos et pris leur décision.

Nous sommes bien sûr scandalisés d'être privés de ce droit d'expression alors que les puissants de ce monde ont le front d'organiser une réunion qui "bat tous les records" sans la moindre envie de remettre en question leur système... les records du cynisme sans doute.

08/01/2009

Qu'est-ce que l'économie ?

"L'économie met tout son poids dans la bataille de la libre circulation" titre "La Tribune" d'aujourd'hui. Je sais bien que les titres les plus succints sont les plus racoleurs, mais je commence à être sérieusement agacée par le fait qu'on réserve le terme générique d'"économie" à une poignée d'individus au sommet des organisations patronales. 

A part ces charmants Messieurs/Dames, qui savent bien pourquoi ils sont pour la libre circulation des travailleurs, l'économie, c'est aussi, figurez-vous les travailleurs en question. C'est également les personnes qui achètent leurs produits (à supposer qu'ils produisent quelquechose, ce qui n'est pas le cas de maints gestionnaires et autres boursicoteurs).

C'est aussi, ne leur en déplaise, l'Etat, qu'ils sont bien contents d'appeler à la rescousse quand ils ont perdu leurs billes, et dont on espère qu'il continuera toujours à assurer les services essentiels que sont l'école et les soins médicaux.

L'économie, c'est aussi le bénévolat qui fournit gratuitement des biens et des services que le système devrait normalement prendre en charge. C'est aussi le travail ménager que l'on devrait payer si l'on décidait de le faire effectuer par des personnes autres que les occupants des lieux. Ne pas oublier la boutade de Keynes : "Si un homme épouse sa femme de ménage, est-ce que cela change quelque chose au PIB?" (La réponse est oui, son salaire disparaît de la comptabilité nationale)

Alors, de grâce, Messieurs les rédacteurs, appelez les choses par leur nom : Les organisations patronales ne sont pas l'économie, pas plus que les lois du marché ne sont l'économie politique.