09/08/2008

Pourrons-nous un jour regarder et entendre autre chose ?

Ce qui me met encore plus en colère que la stupidité de la production des medias actuels, ce sont les excuses qu’ils se trouvent. Hasardez-vous à critiquer l’ineptie de leurs programmes, ils vous répondent inévitablement que telle est la demande du public. Et c’est vous l’élitiste, le snob, le bobo qui ne comprend pas  le besoin du commun des mortels de divertissements sans prise de tête.

Rien ne vous empêche d’ailleurs de faire un petit somme jusqu’à 23 heures, puis de constater que les choses s’améliorent sensiblement lorsque ceux qui doivent se lever tôt ont commencé à glisser dans un sommeil réparateur.

Sous prétexte de liberté, les médias conditionnent  le public  à trouver normale l’image de lui-même qu’ils lui proposent aux heures de grande écoute. On ne peut plus parler de facilité ou de légèreté face à une telle vulgarité. Certes, la paresse est certainement aussi une chose du monde bien partagée chez chacun d’entre nous (on peut toujours en faire moins), mais l’entretenir aussi cyniquement avec la volonté délibérée d’abrutir et de décerveler est monstrueux. Pourquoi les enseignants ne se limiteraient-ils pas au niveau d’exigence de leurs élèves et ce depuis l’école enfantine ?

Quant à notre droit légitime à une information minimum sur ce qui se passe de sérieux dans le monde, nous pouvons également y renoncer à ce niveau. Seuls les faits divers locaux, les détails de la vie privée des « people » et les scores sportifs sont censés nous intéresser. On peut régulièrement entendre un présentateur de télévision expliquer certains jours que « l’actualité est maigre aujourd’hui », sous-entendu « il ne s’est sûrement rien passé puisque nous n’avons pas reçu de dépêche d’agence ».

Là encore, les bien-pensants vont me répondre que je dispose d’assez de moyens d’investigation personnels autres que la télévision, etc...  Mais je n’ai pas envie de me prendre pour une intellectuelle avec ses canaux privilégiés. J’ai envie de pouvoir me régaler d’émissions de qualité avec mes voisins.

 

 

Attac a consacré l’an dernier son université d’été au problème des medias et de fructueuses réflexions en sont ressorties, qu’elle tient à disposition. Il me paraît indispensable que la constituante s’en occupe également, sous une forme à définir.

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