13/12/2017

Pourquoi je voterai le budget 2018

Nous n'allons nous occuper jeudi et vendredi au Grand Conseil ni de la nouvelle grille salariale des fonctionnaires, ni de la recapitalisation de la CEPG, ni de la nouvelle version du taux de taxation du bénéfice des sociétés, pour laquelle je maintiens mon opposition. S'agissant en revanche du budget 2018, je ne suivrai pas le délégué de SolidaritéS à la commission des finances, qui le trouve comme chaque année, inacceptable, ajoutant sa voix à celle de l'UDC et du PLR. Il s'agit d'une posture de principe ; les communiqués de presse sont prêts avant la lecture même du budget et le mot d'ordre des trotskistes est de refuser tout ce qui vient du conseil d'Etat.

Je voterai ce budget comme l'an dernier avec les membres de l'alternative que sont les socialistes et les verts, bien que je n'approuve ni la suppression de 3 millions au Grand Théâtre, ni celle de CHF 102.000 au Club Suisse de la Presse et espère que des amendements seront votés pour les rétablir. Mais on ne saurait nier les concessions accordées : Pas de coupes sur l'aide aux primes maladie, annuité complète aux fonctionnaires, augmentation de 301 postes de ces derniers, dont 196 au DIP, etc. Les charges augmentent ainsi de 2,5% et il faut beaucoup de mauvaise foi pour persister à parler de "budget d'austérité".

Ayant moi-même représenté "Ensemble à Gauche" à la commission des finances, je sais combien il est difficile de se faire idée des besoins réels des quelques 400 entités subventionnées par l'Etat de Genève. Chaque direction questionnée répond invariablement qu'elle manque de personnel et travaille à flux tendus. Si cela est  indiscutable pour les HUG, l'IMAD, les EMS et encore certaines autres, il est certainement abusif de généraliser cette pénurie à l'ensemble du secteur subventionné. Le principe des coupes linéaires est regrettable, une analyse plus fine devrait pouvoir être menée par  les commissaires.

Les investissements prévus de 726 millions sont globalement satisfaisants. je ne suis pas d'accord avec le refus de la commission de prévoir 32 millions pour l'étude et les premiers travaux de la prison des Dardelles qui doit ouvrir 450 places de détention supplémentaires. Les conditions prévalant actuellement à Champ Dollon sont inacceptables et n'ont que trop duré.

17/09/2017

Les enjeux fiscaux urbains

Grâce à mon amie Martine, j'ai pu participer samedi au manège d'Onex à un échange de vues destiné aux élus municipaux entre ces deux éminents fiscalistes que sont Xavier Oberson et Samuel Bendaham. Quel plaisir d'écouter ces deux merveilleux vulgarisateurs de haut vol nous présenter le problème fiscal des villes suisses dans le contexte mondial, national, cantonal et municipal sans que l'on s'ennuie une minute ! Et comme il est rassurant de savoir que certains réfléchissent à l'avenir en pleine conscience de tous les paramètres !

Bien sûr, malgré mon immense estime pour Xavier Oberson, ma sensibilité est bien plus proche de celle du conseiller National socialiste qui explique entre autres, et d'ailleurs comme Thomas Picketty, que l'héritage sans droits de succession est une pratique féodale qui creuse encore d'avantage les inégalités de revenu et de fortune. Quant aux robots, le problème n'est pas seulement le travail qu'ils remplacent, les postes de travail qui disparaissent et les cotisations sociales qui vont avec. Ils grossissent le capital entre les mains de quelques uns et c'est cela que la collectivité doit se réapproprier à tout prix.

Quel dommage qu'un tel exposé n'ait profité qu'à un si petit groupe de personnes et que les élus du Grand Saconnex n'aient pas jugé utile d'adhérer à l'Union des Villes Suisses !

 

 

31/08/2017

Le secret médical envers les détenus psychopathes

Le Grand Conseil a chargé ce matin la commission judiciaire d'élaborer un contre-projet à l'initiative des médecins IN 159-B, intitulée "Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société", pouvant laisser entendre que la modification récemment votée à loi d'application du code pénal risquait de menacer le secret médical dans son ensemble.

Il n'en est rien et plusieurs médecins députés ont précisé à nouveau que cet article ne s'appliquait strictement qu'aux personnes condamnées en thérapie. Les droits des détenus son respectés, mais cet article permet de diminuer le risque et de répondre aux impératifs de sécurité publique. Il s'agit de protéger la collectivité, les professionnels de santé, mais aussi la qualité des soins aux condamnés.

Les auteurs de l'initiative invoquaient une "érosion du secret médical" et un risque de contagion à d'autres professions, comme les avocats et les ecclésiastiques. Le Conseil d'Etat a expliqué à juste titre que ceux-ci ne jouent pas le même rôle que le thérapeute qui dispense un traitement qui n'a pas été librement choisi par son patient. Ils n'ont pas pour mission de préserver les intérêts de la collectivité.

Par ailleurs, le nouvel article ne stipule en aucun cas que les médecins doivent agir comme experts auprès des autorités. Une expertise est demandée pour les besoins de la justice et non du détenu. Il s'agit seulement, en cas de refus de l'intéressé, de rendre obligatoire le mécanisme de levée du secret professionnel, là où le thérapeute pouvait choisir de se taire.

Autant on peut comprendre un réflexe corporatiste de certains médecins, autant le mot d'ordre de certains partis peut paraître insolite, dans ce qu'il suppose de mépris pour la sécurité de la population. Je me réjouis pour ma part, du renvoi de cette initiative en commission en vue d'un contre-projet enfin acceptable pour tous.

 

 

24/06/2017

De la propriété intellectuelle

J'ai écouté avec amusement hier soir, dans le "Geneva Show" sur Leman Bleu, le secrétaire de Solidarités. salarié à plein temps par ce mouvement, essayer de réduire "La Gauche" et le nouveau "Parti Radical de Gauche" à trois individus qui "passeraient leur temps à faire des procès à la moitié de la République". Sa conception du respect des lois fédérales, en particulier sur la propriété intellectuelle, donne toute la mesure de sa culture juridique. Quant à la force que nous représentons, je crains pour lui que ses ambitions un tout petit peu démesurées ne s'y heurtent plus rapidement et plus fortement qu'il ne le prévoyait.

Un petit mot aussi pour mon cher Jeremy Seydoux, qui s'obstine à confondre les brevets et les marques. Il est très courant dans les pays voisins que les partis politiques protègent leur nom. Il ne s'agit absolument pas d'un enfantillage, mais d'une sage prudence. On le voit bien dans le cas présent, quand certains prétendent l'utiliser alors que des composantes qui l'ont adopté ne sont plus là. Rappelons que les abus sont sanctionnés par le Code Pénal.

 

01/06/2017

La parole au Grand Conseil

L'article "Les grandes gueules du Grand Conseil" dans la Tribune d'aujourd'hui oublie de signaler le fait que dans certains groupes parlementaires le droit à la parole doit se conquérir de haute lutte. Pour ce qui concerne le mien (Ensemble à Gauche), et pendant les deux premières années de la législature, alors qu'un sujet m'avait été attribué au caucus et que  j'avais parfois passé des heures à préparer mon intervention, j'en étais régulièrement privée par des députés tels que Pierre Vanek ou Michel Ducommun. Ceux-ci se faisaient un plaisir d'appuyer avant moi sur le bouton de prise de parole, puis de délayer leurs propos pour ne plus me laisser aucun espace. Il s'agissait de sujets, - généralement financiers ou fiscaux,- sur lesquels je puis me vanter de disposer d'une certaine expertise. Je ne pense pas que le débat public ait eu quoi que ce soit à gagner de tels agissements. J'ajoute que la ligne politique de mes textes était celle convenue.

C'est ce qui m'a conduite un beau jour, alors que j'étais parvenue à appuyer avant les autres sur ledit bouton, à parler le plus lentement possible pour occuper à mon tour tout le temps de parole disponible pour le groupe.

La guerre des boutons est toujours d'actualité ; elle est connue de tout le monde et je m'étonne que des journalistes prétendûment d'investigation n'en aient pas fait état. Encore, récemment, Pierre Vanek a baladé tout le Grand Conseil dans des redites en boucle sans intérêt en voyant que je m'étais inscrite pour une prise de parole. A moins que la parole d'un tel GURU soit tellement sacrée pour certains journalistes...

10/04/2017

Loi sur la gouvernance des régies publiques

Une fois de plus, Solidarités publie un communiqué avec des passages totalement mensongers me concernant dans sa prétendue "lettre d'information du groupe parlementaire Ensemble à Gauche au Grand Conseil » à propos de la loi sur les régies publiques que nous avons traitée jeudi et vendredi derniers.

 Les rédacteurs osent écrire à mon sujet « C’est à elle que l’on doit l’amendement qui interdit aux personnes ayant connu des difficultés financières, victimes de la spirale de l’endettement, de pouvoir siéger dans un Conseil ». J’ai bien expliqué que mon amendement ne visait que les actes de défaut de biens pour cause d’impôts. Les personnes avec des difficultés financières ne paient généralement pas d’impôt ; les autres savent très bien qu’elles doivent verser des acomptes, accomplir le premier de  leurs devoirs civiques et ne pas considérer les impôts comme les dernières dépenses devant être réglées. Demandons-nous à qui SolidariteS veut permettre de siéger dans les conseils des régies publiques sans que cette personne ne règle ses dettes d’impôt !

 Quant au salaire du directeur de l’aéroport, j’ai bien expliqué que mon amendement ne visait pas le salaire en tant que tel, mais le fait que le conseil d’Etat ait signé il y a six mois un contrat de travail en pleine contradiction avec son projet de loi. Je voudrais voir la tête d’un Jean Batou si on lui annonçait que son salaire de professeur d’université est tout d’un coup remis en question !

 Je commence à en avoir assez d’être constamment trahie et salie par cette composante de mon groupe parlementaire, même si le lectorat de leurs torchons reste très confidentiel.

 

20/03/2017

La place d'EAG au bureau du Grand Conseil

Ceci est une petite mise au point suite à l'article haineux et tendancieux du pitbull de SolidaritéS au sujet de cette élection, dans un communiqué prétendant refléter l'opinion de l'ensemble du groupe parlementaire EAG.

L'an dernier, Salika Wenger, membre de l'aile trotsko-stalinienne d'"Ensemble à Gauche", avait présenté et fait élire Madame Christina Meissner en lieu et place de Patrick Lussi, au grand dam de l'UDC qui, en application de ses statuts, a exclu cette dernière de ses rangs. Je n'avais personnellement pas voté pour Christina Meissner et en avais avisé cette dernière, pour enlever toute ambigüité.

Je ne peux pas avoir été élue par la seule droite en 2016 pour représenter EAG au Bureau, comme ont essayé de le prétendre  pendant un an ces mauvais perdants. Un calcul élémentaire montre que j'avais reçu de nombreuses voix de tous les partis. J'étais déjà et suis toujours "une vraie représentante d'EAG" comme l'a confirmé un avis de droit qui explique qu'en l'absence de structure juridique déterminant son fonctionnement, le groupe EAG ne peut exclure un de ses membres.

En revanche, c'est bien en vertu d'un accord contre-nature avec l'UDC et le MCG ("Nous votons pour les candidats de la droite et l'extrême droite,  si vous vous abstenez de voter Orsini") que  Salika Wenger a été élue cette fois-ci. Le pitbull avait cru obtenir l'assurance que seule sa candidate pouvait être en lice. Il a été démenti par l'ensemble des groupes et M. Pierre Gauthier a pu très normalement me présenter. C'est vainement que l'article essaie de le traiter de "député isolé". Il est tout aussi légitime que les huit autres. Rappelons que dans ce groupe, Salika Wenger est la seule représentante du Parti du Travail, Christian Zaugg le seul représentant d'un des deux groupements issus du DAL, Christian Grobet le seul représentant des Indépendants et moi-même la seule représentante de la Gauche-Die Linke.

Compte-tenu de ces accords inavouables, les 44 voix que j'ai obtenues sont bien la preuve de la désapprobation de députés de tous les bords à ces manoeuvres. Je les en remercie chaleureusement.

 

10/02/2017

Les fausses informations

Une fois de plus, "Le Courrier", cette fois sous la plume de Philippe Bach, écrit des contre-vérités telles que "l'actuelle législature (du Grand Conseil) a vu l'exclusion de députés ayant fondé un nouveau parti, les Radicaux de gauche... mais aussi la suspension d'une députée élue sous l'étiquette de La Gauche. Le journaliste est parfaitement au courant de la fausseté de ses allégations et sait très bien que, vu les procédures en cours, le Bureau du Grand Conseil n'a jamais voulu prendre acte des prétendues exclusions du Groupe "Ensemble à Gauche" de Pierre Gauthier et de moi-même. Il crée sciemment la confusion avec le conseil municipal de la ville de Genève qui n'est pas le sujet de l'article et où La Gauche n'a jamais présenté de candidat. Mais mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.

Par ailleurs, contrairement à ce qu'ils annonçaient dans l'édition du 10  janvier de ce même Courrier, les trotsko-staliniens qui tiennent la caisse d'"Ensemble à Gauche" n'ont jamais versé à nos partis respectifs la part des jetons de présence qui leur revient. Il y en a décidément chez qui le mensonge est une seconde nature.

06/01/2017

Leurs vrais mobiles

Aux six membres trotsko-staliniens du Groupe parlementaire EAG, il ne suffit pas de s'être répartis entre eux seuls les commissions du Grand Conseil qui devraient être équitablement distribuées aux neuf élus du groupe. Ils viennent en fin d'année de décider de garder pour eux la part qui revient à mon parti "La Gauche" de l'indemnité annuelle versée à chaque  groupe,  la part qui lui revient sur mes jetons de présence, soit 75% de ces derniers, ne me laissant que 25% de ces maigres jetons, calculés sur la seule fonction à laquelle ils n'ont pu s'opposer, celle de membre du Bureau du Grand Conseil. En tout, C'est plus de CH 25.000 qu'ils refusent de nous rétrocéder, comme ils le faisaient les autres années. Le Secrétariat du Grand Conseil ne souhaite pas intervenir, considérant que c'est un problème interne au groupe.

Ils estiment avoir décidé entre eux que "La Gauche" ne faisait plus partie du groupe EAG et qu'à ce titre elle pouvait être gaiement spoliée de toutes les indemnités relatives au travail de l'élue que je suis. Inutile de rappeler que ni le Bureau du Grand Conseil, ni la chancellerie n'ont accepté de prendre acte de cette prétendue exclusion, qui ne se réfère à aucune disposition légale ou statutaire et qui est contestée. Tous les citoyens peuvent constater que La Gauche figure bien dans la brochure des dernières votations, comme composante d'Ensemble à Gauche.

Sous couvert d'être horrifiés par une abstention à laquelle j'ai osé me livrer il y a quelques mois, ces tristes personnages montrent ainsi leur vrai visage : Tenter d'asphyxier financièrement le moindre rival pour assouvir par n'importe quel moyen leur rêve hégémonique. Encore une procédure en perspective. C'est lassant, mais nécessaire. On ne peut laisser accomplir sans réagir de tels agissements.

 

 

15/12/2016

Pourquoi nous voterons le projet de budget 2017

En tant que représentants de l'aile républicaine d'Ensemble à Gauche, certains députés de cette coalition, en tous cas Pierre Gauthier et moi-même, nous apprêtons à voter ce projet à condition, bien entendu, qu'il ne soit pas dénaturé avant la fin de cette session par des amendements que nous jugerions inacceptables.

L'an dernier à la même époque, nos amis de l'alternative, les socialistes et les verts, s'étaient joints à l'ensemble des députés EAG pour refuser le budget proposé. L'entrés en matière elle-même avait été refusée par la commission des finances, ce qui fait qu'aucun travail sérieux n'avait été fait par cette dernière. L'annonce par le Conseil d'Etat de son intention de réduire la masse salariale de 5% sur les trois années suivantes et de pratiquer des coupes linéaires de 1% dans toutes les subventions avait mis la fonction publique dans la rue.

En ma qualité de représentante d'EAG à la commission des finances, j'avais bien sûr déploré qu'aucune recette fiscale supplémentaire de la part des personnes à hauts revenus et grandes fortunes, n'ait été envisagée. La philosophie du budget de l'an dernier était de prétendre que l'austérité était inévitable pour les années à venir. Nous avons donc vécu avec des douzièmes provisoires en 2016.

On ne peut pas dire que le projet 2017 nous satisfasse à tous égards mais nous ne suivrons pas le rapporteur de minorité d'EAG quand il le qualifie de "budget d'austérité". Un effort manifeste a été fait pour satisfaire les prestations fondamentales à la population (santé, logement, social, formation). Une augmentation de 356 postes est prévue et l'autofinancement est acceptable. L'annuité est acceptée et il y a une véritable tentative de dialogue avec la fonction publique.

De plus, il serait très mauvais pour la réputation du canton, sa notation par les agences spécialisées et par conséquent ses conditions d'emprunt, de renouveler une année encore le système des douzièmes provisoires. L'aile républicaine d'Ensemble à Gauche est totalement opposée au taux de 13.9% proposé pour l'imposition du bénéfice des personnes morales. mais ce n'est pas le sujet de cette session.

C'est bien pourquoi nos amis de l'alternative,les socialises et les verts, se proposent de le voter avec les mêmes réserves que nous-mêmes. il nous paraît détestable d'additionner des voix EAG à celles du PLR et de l'UDC par pur électoralisme.