06/01/2017

Leurs vrais mobiles

Aux six membres trotsko-staliniens du Groupe parlementaire EAG, il ne suffit pas de s'être répartis entre eux seuls les commissions du Grand Conseil qui devraient être équitablement distribuées aux neuf élus du groupe. Ils viennent en fin d'année de décider de garder pour eux la part qui revient à mon parti "La Gauche" de l'indemnité annuelle versée à chaque  groupe,  la part qui lui revient sur mes jetons de présence, soit 75% de ces derniers, ne me laissant que 25% de ces maigres jetons, calculés sur la seule fonction à laquelle ils n'ont pu s'opposer, celle de membre du Bureau du Grand Conseil. En tout, C'est plus de CH 25.000 qu'ils refusent de nous rétrocéder, comme ils le faisaient les autres années. Le Secrétariat du Grand Conseil ne souhaite pas intervenir, considérant que c'est un problème interne au groupe.

Ils estiment avoir décidé entre eux que "La Gauche" ne faisait plus partie du groupe EAG et qu'à ce titre elle pouvait être gaiement spoliée de toutes les indemnités relatives au travail de l'élue que je suis. Inutile de rappeler que ni le Bureau du Grand Conseil, ni la chancellerie n'ont accepté de prendre acte de cette prétendue exclusion, qui ne se réfère à aucune disposition légale ou statutaire et qui est contestée. Tous les citoyens peuvent constater que La Gauche figure bien dans la brochure des dernières votations, comme composante d'Ensemble à Gauche.

Sous couvert d'être horrifiés par une abstention à laquelle j'ai osé me livrer il y a quelques mois, ces tristes personnages montrent ainsi leur vrai visage : Tenter d'asphyxier financièrement le moindre rival pour assouvir par n'importe quel moyen leur rêve hégémonique. Encore une procédure en perspective. C'est lassant, mais nécessaire. On ne peut laisser accomplir sans réagir de tels agissements.

 

 

15/12/2016

Pourquoi nous voterons le projet de budget 2017

En tant que représentants de l'aile républicaine d'Ensemble à Gauche, certains députés de cette coalition, en tous cas Pierre Gauthier et moi-même, nous apprêtons à voter ce projet à condition, bien entendu, qu'il ne soit pas dénaturé avant la fin de cette session par des amendements que nous jugerions inacceptables.

L'an dernier à la même époque, nos amis de l'alternative, les socialistes et les verts, s'étaient joints à l'ensemble des députés EAG pour refuser le budget proposé. L'entrés en matière elle-même avait été refusée par la commission des finances, ce qui fait qu'aucun travail sérieux n'avait été fait par cette dernière. L'annonce par le Conseil d'Etat de son intention de réduire la masse salariale de 5% sur les trois années suivantes et de pratiquer des coupes linéaires de 1% dans toutes les subventions avait mis la fonction publique dans la rue.

En ma qualité de représentante d'EAG à la commission des finances, j'avais bien sûr déploré qu'aucune recette fiscale supplémentaire de la part des personnes à hauts revenus et grandes fortunes, n'ait été envisagée. La philosophie du budget de l'an dernier était de prétendre que l'austérité était inévitable pour les années à venir. Nous avons donc vécu avec des douzièmes provisoires en 2016.

On ne peut pas dire que le projet 2017 nous satisfasse à tous égards mais nous ne suivrons pas le rapporteur de minorité d'EAG quand il le qualifie de "budget d'austérité". Un effort manifeste a été fait pour satisfaire les prestations fondamentales à la population (santé, logement, social, formation). Une augmentation de 356 postes est prévue et l'autofinancement est acceptable. L'annuité est acceptée et il y a une véritable tentative de dialogue avec la fonction publique.

De plus, il serait très mauvais pour la réputation du canton, sa notation par les agences spécialisées et par conséquent ses conditions d'emprunt, de renouveler une année encore le système des douzièmes provisoires. L'aile républicaine d'Ensemble à Gauche est totalement opposée au taux de 13.9% proposé pour l'imposition du bénéfice des personnes morales. mais ce n'est pas le sujet de cette session.

C'est bien pourquoi nos amis de l'alternative,les socialises et les verts, se proposent de le voter avec les mêmes réserves que nous-mêmes. il nous paraît détestable d'additionner des voix EAG à celles du PLR et de l'UDC par pur électoralisme.

27/11/2016

Les dimanches

J'ai longtemps haï les dimanches, jours du Seigneur, où on était à la merci de l'agglutinat familial entre la grand messe du matin, le repas de  midi trop copieux et l'inévitable visite de musées ou de châteaux l'après-midi.

Puis vinrent les dimanches où je me suis ennuyée à mourir dans des villes nouvelles où je ne connaissais personne quand même la lecture ne pouvait me consoler de toutes ces rues désertes et tous ces magasins fermés.

Je hais moins les dimanches depuis que je suis libre de les passer à travailler. Quelle idée d'obliger tout le monde de prendre congé en même temps ? Il serait tellement plus raisonnable d'accorder à tout le monde deux jours de congé consécutifs, à prendre au choix en fonction de sa religion et de son organisation familiale.

Je rappelle  que les couples les plus durables sont ceux qui ont su renoncer de temps en temps à la fusion intégrale et s'accorder un peu d'oxygène...

 

 

 

22/11/2016

Inauguration du Centre Médical Universitaire

Quel bel immeuble et quelle belle soirée ! C'est très toujours très réconfortant de constater d'aussi belles réalisations dans ce Canton où on dirait toujours qu'on est au bord de la faillite. Ce pôle "santé" dédié à la médecine et à la pharmacie est  le résultat d'un projet qui date d'il y a soixante ans. La seule élite que je respecte ne sera jamais celle de l'argent, mais bien celle de ces acteurs de la recherche fondamentale et clinique qui viennent du monde entier pour faire progresser la santé.

J'ai pu, au cours du dîner qui a suivi l'inauguration, apprendre que les laboratoires pharmaceutiques prenaient de moins en moins de risques financiers concernant la mise au point de nouvelles molécules. C'est le secteur public qui assume ce risque, les "pharmas" en recueillant les bénéfices.

On peut être fier du déploiement de cette activité humaine sur le territoire de notre Canton. C'est autre chose que le secteur du négoce des matières premières, avec ses spéculations douteuses et la pollution qu'il engendre sans scrupule dans certaines régions du monde.

14/09/2016

Le projet de budget du Conseil d'Etat

Contrairement aux trois signataires d'un premier communique de presse signé EAG (sans  nous consulter bien entendu), Pierre Gauthier et moi-même avons pris acte, comme d'ailleurs les socialistes et le cartel de la fonction publique, des efforts du conseil d'Etat pour renoncer l'an prochain à des coupes budgétaires excessives. Le vrai rendez-vous problématique sera en 2019, s'il doit s'agir d'appliquer le taux de 13,49% pour l'imposition du bénéfice des personne morales.

Pour le moment, le projet de budget du conseil d'Etat marque la volonté de ce dernier de pacifier les rapports avec le parlement et la fonction publique. On n'y décèle pas les traits d'une vraie politique d'austérité telle qu'on pouvait la dénoncer précédemment.

C'est pourquoi nous demandons à notre représentant EAG à la commission des finances de se joindre à tous les groupes de bonne volonté pour fournir à Genève un budget 2017 le plus conforme possible à l'intérêt public et de ne pas se ranger aux côtés de l'UDC pour le saboter.

30/08/2016

Trop, c'est trop !

Je suis horrifiée par la nouvelle trouvaille de SolidariteS, appuyée par la seule élue du Pdt et révélée par Le Courrier ce matin : Priver Pierre Gauthier de commissions au Grand Conseil, comme ils ont déjà décidé de m'en priver ainsi que Christian Grobet sous le premier prétexte venu. Cette brutalité dans le désir hégémonique, cette voracité à s'approprier les jetons de présence pour tenter d'asphyxier financièrement les petits partis est répugnante. Le chef de groupe d'ensemble à Gauche venait vainement d'essayer d'imposer sa présence à la commission des droits de l'homme qui traite actuellement des différents projets sur la laïcité, dont celui de Pierre Gauthier et moi-même en plus de celui - indigent - de MM. Vanek et Batou. On le lui a refusé, ce qui explique sans doute la nouvelle monoeuvre - radicale - pour éloigner Pierre Gauthier. Tout le monde sait qu'on reste élu jusqu'à la fin de la légistrature avec l'étiquette et tous les droits inhérents à la liste sur laquelle on a été élu. SolidariteS n'a jamais voulu qu'Ensemble à Gauche ait des statuts pour pouvoir profiter de sa majorité et prendre de cas en cas les décisions les plus arbitraires. On tremble à l'idée de ce que serait la société si des gens pareils accédaient au pouvoir ! Le peuple le leur fait bien sentir chaque fois qu'ils croient pouvoir se passer des  personnes qui leur ont permis d'accéder au Grand Conseil. Ils ne gagnent vraiment pas à être connus.

24/08/2016

Divergences de gauche

Le Courrier fête la rentrée politique en consacrant une page entière à "Ensemble à Gauche". Il semble ignorer que cette dénomination ne coiffe pas les mêmes entités selon qu'il s'agit de la Ville de Genève (institué en 2011 et qui ne comprend que quatre composantes) ou du Canton (institué en 2013 pour l'élection au Grand Conseil en qui en comprend sept). Autant de subtilités et de complications souhaitées par certains pour que l'on confonde une fois pour toutes Ensemble à Gauche et SolidariteS. Mais d'affreux minoritaires osent se rebiffer et prétendre survivre à cette tentative permanente d'hégémonie... et s'exprimer !

Cessons donc de mélanger et  d'additionner dans les rondelles du bas de la page les élus du Canton avec ceux des municipalités et résumons ainsi la réalité des élus au Grand Conseil : solidarités 4, Parti du Travail 1, La gauche 1, Indépendants de gauche 1, le Dal 1, et le nouveau parti RDG 1, soit 9 élus en tout. On voit que Solidarités, avec 4 élus sur 9, ne détient pas la majorité écrasante qu'elle aimerait proclamer puisqu'elle est carrément minoritaire. Quant aux chiffres d'adhérents, on voit que le rédacteur a pris pour argent comptant ceux que certains responsables ont prononcés concernant leur parti : Celui de SolidariteS (250) fait tordre de rire ceux qui, comme moi, connaissent bien la composition de ce mouvement : Soyons bon prince et disons 100, dernier prix en comptant les sympathisants. Quant à Acte, il s'agit d'un groupement totalement fantôme. Nous nous sommes aperçus trop tard qu'il n'avait été créé que pour rajouter un membre supplémentaire de solidaritéS parmi les têtes de liste, sous couvert d'un groupement de syndicalistes. Je serais ravie que l'on me présentât les 20 personnes qui composeraient cette association, en même temps que ses statuts, ses comptes et ses PV de séances, contrairement à La Gauche par exemple, qui a des sections dans plusieurs cantons. 

Ce n'est pas faute de les avoir réclamées que l'alliance EAG ne dispose pas de règles de fonctionnement. SolidariteS n'en a pas voulu dans l'idée d'absorber rapidement les autres partis, mais il avait au moins été clairement décidé que chaque composante disposait d'une voix. Quant aux désaccords sur certains sujets (laïcité, armée, éligibilité des étrangers, etc.), ils étaient apparents et exprimés dès le début. Je ne pense pas que les prises de position de La Gauche sur le plan économique et fiscal aient jamais trahi une ligne de gauche irréprochable. C'est donc avec beaucoup de sérénité et de détermination que nous continuerons à défendre ce que nous estimons être le bien commun. La création d'un nouveau parti, résolument de gauche mais républicain, est une bonne nouvelle. Nous ne serons jamais assez nombreux à affirmer que la laïcité est la base et la condition première de la démocratie.

 

17/08/2016

Qu'est-ce que "L'impôt sur le bénéfice corrigé des intérêts" (NID) ?

Comme personne n'a l'air de se dévouer, je vais essayer de donner une explication aussi simple que possible. Il s'agit d'une des mesures accompagnant le projet fédéral de réforme de l'imposition des sociétés (RIE III) en faveur de ces dernières bien entendu. Une fois de plus, les entreprises "disposant de solides fonds propres" seront favorisées puisqu'elles pourront déduire de leur bénéfice un intérêt fictif sur le "capital propre supérieur à la moyenne". On a bien compris que ce sont particulièrement les multinationales qui profiteront de cet avantage supplémentaire, en plus de la "patent box" et des déductions pour activités de recherche et développement. Vous voyez que ce n'est pas s i difficile et que point n'est besoin de se tortiller sur sa chaise en prenant des airs savants et mystérieux pour parler du NID.

 

23/07/2016

Une certaine gauche et le complexe colonial.

J'ai lu avec intérêt le détail d'un entretien avec Laurent Bouvet, professeur de science politique à l'université de Versailles et auteur de "L'insécurité culturelle" sur les origines et les rouages de l'islamo-gauchisme. Il ne m'en voudra pas d'essayer de le résumer dans ce blog en employant souvent ses propres mots. Il privilégie comme explication structurelle ce qu'on pourrait nommer "le complexe colonial". Une forme de pensée s'est développée selon laquelle l'homme blanc, européen, occidental, est resté fondamentalement un colonisateur et les anciens colonisés des dominés, des victimes.

La figure du "damné de la terre" va se réduire peu à peu à l'ancien colonisé, qui est "l'autre" non plus à raison de sa position dans le processus de production économique ou de sa situation sociale, mais de son origine ethnique et, plus récemment, de sa religion. Toute une partie de la gauche va trouver dans ce combat pour ces nouveaux damnés de la terre sa raison d'être alors qu'elle se convertit très largement aux différentes formes du libéralisme.

Etre du côté des victimes et des dominés permet de se donner une contenance morale alors que l'on a renoncé à toute idée d'émancipation collective et de transformation de la  société. Pour toute une partie de la gauche, ceci est devenu une doxa. Toute critique est instantanément considérée comme le signe d'une attitude profondément réactionnaire, raciste "islamophobe", etc.

L'avènement sur le sol occidental d'un terrorisme islamiste n'a pas entamé cette doxa. Le terroriste est perçu lui aussi comme une victime (guettos urbains, chômage de masse...). On assiste au glissement historique d'une gauche largement anticléricale quand elle faisait face à l'Eglise catholique à une gauche très défensive quand il s'agit d'appliquer le cadre de la laïcité à l'islam.

L'Islam n'est pas d'abord considéré comme une religion, possible "opium du peuple" mais comme un des traits identitaires spécifiques des victimes et des dominés du monde postcolonial. Ce qui conduit à des choses étranges, comme la défense du voile islamique au nom de la liberté individuelle. La laïcité est à géométrie variable selon la religion concernée.

Il y a incontestablement chez les islamo-gauchistes la tentation d'importer en France des conflits comme celui entre israël et les Palestiniens. La partie qui se joue aujourd'hui n'est pas entre l'Islam et l'occident mais entre l'islamisme et le refus de l'islamisme.

Une culture n'est pas quelque chose de figé. C'est un ensemble de référence, de valeurs, d'habitudes. C'est le mouvement et la mixité. Le commun permet l'existence de différences parce qu'on accepte le cadre d'ensemble dans lequel elles peuvent s'exprimer. La République est l'expression la plus achevée de ce commun.

28/06/2016

L'objectivité de SolidariteS

Selon le dernier journal de Soidarites, "un examen détaillé des comptes montre que le département des finances a encore négligé d'enregistrer une recette de 17,5 millions". Comme si le représentant de SolidariteS à la commission des finances, Jean Batou,  avait la capacité de faire un examen détaillé des comptes de l'Etat ! La vérité est qu'il s'agit d'une réserve de l'organe de contrôle pour ce montant qui est litigieux entre le pouvoir judiciaire et le département des finances. N'importe qui, se contentant comme M. Batou de lire le rapport du contrôleur (et non le détail des comptes de l'Etat) se serait incliné devant les explications de deux brillants experts comptables lors de la dernière plénière. Ceux-ci ont fait preuve de toute la pédagogie possible pour lui faire comprendre à quel point on n'avait pas "négligé d'enregistré une recette". Rien à faire. Il ne reste vraiment plus, comme l'a fait Yvan Zweifel, qu'à lui conseiller  les cours de comptabilité à la Migros, le lundi soir.