Le blog de Magali Orsini

  • Des cours de maths réservés aux filles ?

    Imprimer

    Une conseillère d'Etat vaudoise aurait cette idée lumineuse pour "réconcilier les filles et les mathématiques". La preuve de la bouderie : les adolescentes qui s'orientent vers des filières techniques à la sortie des classes restent en forte minorité. Déjà quand j'étais jeune courait le bruit que l'aptitude aux mathématiques faisait l'objet d'une bosse que l'on avait ou que l'on n'avait pas et nombre de mes camarades filles s'étaient rapidement décrétées plutôt littéraires par défaut.

    Par chance, j'avais un père convaincu que les mathématiques étant une création humaine, n'avaient aucune raison d'échapper à sa fille plutôt qu'à ses fils. Il ne m'a donc fait aucun cadeau dans ce domaine et, comme toujours après l'effort, vint le plaisir de savoir résoudre des équations compliquées. Même si je n'en ai pas fait ma spécialité, je reste persuadée qu'il s'agit des reines des disciplines, celles qui ne trahissent pas, "à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons" comme disait Descartes. 

    Elles sont indispensables dans de nombreux domaines : physique bien sûr, mais aussi biologie, chimie, géologie, informatique, etc. On en rêve pour l'économie, mais en refusant le postulat de l'"homo oeconomicus" qui supposerait que les individus ne songent qu'à accroître leur profit, alors que nombre de leurs motivations sont bien moins rationnelles.

    Mais une fois de plus, qu'on ne commence pas par nous brandir le seul argument des "métiers du futur". Le rôle de l'école est là aussi de donner le goût des mathématiques aux élèves, à tous les élèves. Quand on aime apprendre et chercher, on est sauvé, quoi qu'il arrive. Le choix d'un métier viendra bien assez tôt.

  • Le nouvelles monnaies

    Imprimer

    Ces temps-ci, cela s'agite beaucoup autour des monnaies et cela fait peur à la nullité que je suis. J'ai toujours trouvé que le chapitre de la monnaie était un des plus difficiles de l'économie politique. L'édito de La Tribune nous annonce que le Libra (la nouvelle monnaie virtuelle de Facebook) risque d'échapper à la régulation et aux systèmes de lutte contre la fraude et que le pouvoir suprême des banques centrales (créer et gérer la monnaie) risquait d'être affaibli, voire annihilé. 

    Comme si celles-ci n'avaient pas renoncé depuis longtemps à ce pouvoir au profit des banques commerciales qui sucent le sang des Etats et de leurs citoyens depuis des dizaines d'années !

    On nous parle d'une "monnaie électronique intégrale remplaçant d'un clic billets, pièces et cartes de débit...". je n'aurai qu'un mot : Brrr...

  • SolidaritéS capte les revenus des élus rouges

    Imprimer

    Tel est le titre de la Tribune de ce jour. Je suis presque heureuse de ne pas être la seule victime de cette bande de vampires et rappelle que je poursuis toujours une action en just2ice pour récupérer plus de 50.000 francs qu'ils ont indûment détournés sur les jetons de présence et indemnités diverses dus à mon parti et à moi-même lors de la précédente législature. Alors que le Bureau du Grand Conseil, puis le Tribunal avaient confirmé que nous avions jusqu'à la fin fait partie du groupe "Ensemble à gauche", ils s'obstinent à prétendre que tel n'est pas leur avis et à retenir ces montants. Le but était évidemment de nous priver de tout moyen financier pour la campagne d'élection qui allait suivre. Tel est le préjudice causé à "La Gauche-Genève". Je crois savoir qu'ils ont également renié leurs engagements d'un versement annuel au groupe des communistes et constate qu'ils s'attaquent maintenant au Part¡ du Travail. Pour des anti-capitalistes militants, je trouve qu'ils pourraient en remontrer à maints commerçants retors.

  • L'initiative sur la BCGE invalidée par le Conseil d'Etat.

    Imprimer

    Des avis de droit motivés ont conduit le Conseil d'Etat, comme on pouvait s'y attendre, à invalider l'initiative lancée en pleine période électorale l'an dernier par une partie du groupe "Ensemble à Gauche". Celle-ci voulait revenir sur la décision prise il y a 18 ans d'assainissement de la BCGE par une recapitalisation décidée par le Parlement.

    Les auteurs de l'initiative ont fait semblant d'ignorer la notion d'assainissement tele qu'elle est inscrite aux articles 725 et ss. du Code des Obligations. Rappelons que, lors de la fusion entre les deux anciennes banques cantonales, des pertes considérables avaient nécessité cet assainissement. Il ne s'agit en aucune manière d'un prêt, comme certaines personnes ont essayé de le faire croire à la population, mais d'un versement à fonds perdu comme chaque fois que des actionnaires souhaitent effacer des dettes figurant au bilan. Seus les frais de fonctionnement de la fondation de valorisation (371 millions en 2009) devaient par convention être remboursés chaque année et le sont d'ailleurs régulièrement.

    Depuis, l'Etat a vu son patrimoine se reconstituer, 368 millions de dividendes ont été distribués aux collectivités publiques depuis 2000. N'importe quel citoyen honnête peut comprendre qu'on ne peut cumuler les avantages d'un actionnaire (valorisation des actions et dividende) et ceux d'un créancier (remboursement en plus d'un prétendu prêt et intérêts). De plus, un remboursement au seul Etat serait de nature à léser les autres actionnaires que sont les communes genevoises, la CPEG et divers privés. Enfin, la banque, qui ne bénéficie d'aucun statut fiscal privilégié, verse chaque année des dizaines de millions d'impôts qui profitent à la collectivité.

    Les initiants voulaient paraître défendre un intérêt public avec ce texte mensonger alors que c'est juste le contraire. Cela aurait porté un coup fatal à la banque qui contribue par excellence à l'économie de Genève et de sa région. On peut être de gauche sans vouloir ruiner le tissu économique local, appauvrir l'Etat, mettre en danger l'épargne de ses concitoyens et rendre plus difficile l'accès au crédit des PME locales.

  • Alléger l'horaire à l'école primaire.

    Imprimer

    Le peuple vient à peine de confirmer son voeu de voir les enfants aller à l'école le mercredi matin que les associations d'instituteurs commencent à remettre cette décision en question, selon Le Courrier d'aujourd'hui. Le prétexte officiel est la fatigue des enfants. Ils sont en effet beaucoup plus fatigués de faire de la gymnastique dans un cadre scolaire le mercredi matin que du sport à un autre endroit (les salles de gymnastique ne sont plus disponibles pour les seniors depuis l'introduction de l'école le mercredi matin). 

    On apprend dans le même article que l'horaire des enseignants (28 périodes) est moindre que celui des élèves (32 périodes). La différence est assumée par des voltigeurs, essentiellement en sciences naturelles et et en Anglais. Mais "une étude en 2017" a néanmoins souligné l'épuisement des enseignants. Cependant, selon les directeurs, ils seraient prêts à enseigner 30 périodes avec une hausse salariale. Les hausses salariales chez ces pauvres "maîtres" si mal payés supprime immédiatement toute fatigue, c'est bien connu.

    Enfin, il paraît que quelques heures de plus d'école (on n'ose pas dire d'enseignement car on se demande combien de titulaires enseignent réellement le mercredi matin) n'auraient aucun effet sur la réussite scolaire. Vous voulez dire qu'avec une école à mi-temps, ils ne liraient, n'écriraient ni ne compteraient pas plus mal ? En effet, cela donne à réfléchir...

  • Les "bullshits jobs"

    Imprimer

    Selon Rachel Haller, il s'agit littéralement d'"emplois à la con", concept présenté par l'anthropologue américain David Graeber. Alors que John Maynard Keynes avait prévu pour les pays avancés une durée hebdomadaire du travail de 15 heures, celle-ci a plutôt tendance à s'accroitre, tandis que beaucoup de personnes s'ennuient au bureau,  disent ne travailler de manière effective que 15 heures par semaine, et que de nombreuses autres sont au chômage. Le système capitaliste serait pourtant censé éliminer les emplois superflus, mais il semble que des emplois sans intérêt soient inventés pour tenir occupée une partie de la population. 

    Dans son ouvrage "Bullshits jobs", David Graeber donne une définition générale de ces emplois : "Une forme d'emploi rémunéré qui est si inutile, superflu ou néfaste, que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence, bien qu'il se sente obligé, pour honorer les termes de son contrat, de faire croire qu'il n'en est rien". Il en distingue cinq catégories :

    1. "Le larbin" qui travaille pour quelqu'un qui veut se sentir important, alors qu'il n'y a pas assez de tâches à déléguer.

    2. "Le porte-flingue" au service d'une industrie que l'on peut considérer comme néfaste.

    3. "Le rafistoleur" qui est là pour résoudre un problème qui ne devrait pas exister.

    4. "Le cocheur de case" qui justifie le travail des organisations en faisant des rapports et en réunissant des indicateurs.

    5. "Le petit chef" qui surveille ses subordonnés et distribue les tâches.

    Or, il explique, à juste titre, que l'humain a besoin de sentir qu'il exerce une influence sur le monde. L'idée du travail a des racines théologiques profondes ; oisiveté et loisir sont considérés comme suspects, d'où une résistance tenace à réduire la durée du travail, même si c'est évidemment la solution, surtout avec la robotisation qui s'annonce.

    J'appelle personnellement de mes voeux une introduction rapide du revenu de base universel.

     

  • La succession de Pierre-Yves Maillard

    Imprimer

    Je me tords évidemment les côtes en lisant que Solidarités Vaud et quelques petites composantes d'Ensemble à Gauche avait décidé de présenter la candidature de Jean-Michel Dolivo au Conseil d'Etat, sans avoir consulté leur alliée privilégiée, à savoir le POP vaudois. Ce dernier argue que, dans ces conditions, ces militants ne pouvaient pas utiliser la bannière "Ensemble à Gauche". Exactement le même schéma que les abus commis à l'époque à Genève pour présenter une liste au Conseil National.

    A tout hasard, je me permets de leur rappeler qu'il existe un seul détenteur de la  marque "Ensemble à Gauche", c'est une association inscrite au Registre du Commerce de Genève - IDE CHE-359.071.286 - dont le président est Pierre Gauthier, et dont je suis la trésorière. Cette marque nous appartient par inscription No 590639 au Registre fédéral de la propriété intellectuelle. Le plus sage pour Solidarités et consorts serait d'y renoncer définitivement partout en suisse.

  • Faut-il rejoindre les gilets jaunes ?

    Imprimer

    Certes, on est loin de Mai 68 ou du mouvement "Nuit debout" de 2016 et, a priori, celui des "gilets jaunes" me rappelle plutôt le poujadisme. Je n'ai pas de sympathie particulière pour les gens qui se battent pour protéger leur confort. De plus, le profil de certains de certains initiateurs du mouvement ne m'attire pas spécialement, qu'il s'agisse de Julien Terrier (défenseur du bijoutier niçois qui avait tué un braqueur), de Maxime Nicolle (dont les idées sont proches de celles de Marine Le Pen) ou du routier Eric Drouet (surtout connu pour ses positions anti migrants). Enfin,  une partie d'entre eux aspire à la mise en place d’une démocratie illibérale— sur le modèle de celle mise en place par Viktor Orban en Hongrie, ce qui laisse rêveur.

    Tout a commencé avec la mobilisation contre les 80 km/h : 78% des habitants en zone rurale y étaient opposés. C'est là où l'on trouve le taux le plus élevé de véhicules diesel. Même si je trouve cette mesure stupide dans son autoritarisme, je ne me sens pas pour autant proche de la "Fédération Française des Motards en colère".

    Les gilets jaunes représentent la France des fins de mois difficiles, à qui il manque désormais la marge de manoeuvre qui permettait de s'identifier à la bourgeoisie. Ils sont souvent propriétaires de  leur logement, ont une famille et un travail mais ressentent un déclassement dans la perte de leur pouvoir d'achat. Les électeurs de Marine Le Pen et de Nicolas Dupons-Aignan sont les premiers à les soutenir, mais la France Insoumise s'est également jointe, d'où ma perplexité. En effet, je suis de ceux qui ont toujours considéré l'impôt comme légitime, permettant de  financer les services publics et de réduire les inégalités. Or, de nombreux retraités de droite, soumis à la hausse de la CSG, se sont joints au mouvement.

    De toutes façons, vu l'ampleur de ce dernier, je ne pense pas que ma présence soit indispensable. Je m'abstiendrai donc lâchement, tout en conseillant vivement à Emmanuel Macron et à son entourage de faire marche arrière avec cette taxe honnie. Ils n'ont plus aucune crédibilité à perdre.

     

  • L'assiette commune consolidée

    Imprimer

    Il ne s'agit pas d'un système de rabais dans les restaurants mais d'un ensemble de règles permettant de déterminer le résultat imposable d'une société au sein de l'Union Européenne, plutôt qu'aux différents régimes nationaux dans lesquels l'activité est exercée (ACCIS). Les groupes soumis au régime ACCIS ne rempliraient qu'une seule déclaration fiscale consolidée pour leurs activités au sein de l'UE. Les résultats imposables consolidés du groupe seraient répartis entre chacune de ses sociétés par application d'une formule simple, pour permettre à chaque Etat de soumettre les bénéfices des sociétés résidentes à son propre taux (l'équivalent de notre péréquation inter-cantonale). Ce système devrait permettre d'éliminer les "rulings" (arrangements) fiscaux dissimulés et rendra obsolètes les prix de transfert (transfert artificiel de bénéfices).

    La commission européenne, qui avait proposé l'ACCIS en 2011, l'a relancé en octobre 2016. L'ACCIS serait obligatoire pour les grandes sociétés multinationales. Une déduction majorée est prévue pour les entreprises qui investissent dans la recherche et le développement.

    Le vote du parlement sur l'ACCIS en mars 2018 a recueilli une très forte majorité. Mais, selon Eva Joly, vice-présidente de la commission spéciale sur la criminalité financière, la fraude fiscale et l'évasion fiscale du Parlement  européen, "notre malheur, c'est que la Commission est dirigée par l'évadeur fiscal en chef, Jean-claude Junker". Lorsqu'il était premier ministre au Luxembourg, ce dernier a mis en place le détournement des produits fiscaux des autres pays. Coincé avec LuxLeak au début de sa législature, il a été protégé  par une grande coalition.

    "L'OCDE a un mandat du G20 depuis 2008. Elle est donc légitime dans ses propositions. Malheureusement, elle est l'organisation des multinationales" ajoute Eva Joly, "elle travaille sur la base du consensus, et il n'y en aura jamais".

    Il faut absolument que le texte sur l'ACCIS finisse par passer. Ceux qui y travaillent comptent sur nous pour réveiller l'opinion publique.

     

  • Le projet du Pré du Stand

    Imprimer

    Dans la nouvelle prétendue affaire du projet du Pré-du Stand, et selon la Tribune, "les verts déplorent la perte de 13 hectares de terre agricole". En ma qualité d'habitante du Grand-Saconnex, je me suis toujours demandé ce qu'on pouvait bien prétendre faire pousser sur cette terre imbibée de kérosène. Il n'y a que les verts pour souhaiter de tels délices à leurs concitoyens... 

    Comme les milliers de logements qui sont prévus à Cointrin à côté de l'aéroport et de l'autoroute. On n'est pas plus charitable... En tous cas, pour ce qui concerne le Pré du Stand, il est rappelé  sur le site que "ces terrains ne permettent pas la création de logements, mais autorisent la réalisation d’affectations non sensibles au bruit telles que le sport, les activités (bureaux, commerces, hôtels, etc.). Ils ne sont pas considérés comme inconstructibles et ils peuvent être aménagés comme des lieux de séjour momentanés. Ces contraintes sont liées à l’ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB) et aux dispositions liées à l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI) et ont pour effet de limiter de manière considérable les affectations possibles sur ce site".

    Ce n'est pas parce qu'un secteur est déjà pollué et sinistré qu'il faut s'empresser d'y cultiver des poireaux ou d'y construire des logements. Quant au notoirement incorruptible Remy Pagani, qui "se pose clairement la question d'échange de bons procédés ...", on voit qu'on a affaire à un spécialiste et on se contentera de glousser.

    Bref, on espère bien que le Grand Conseil ne se laissera pas influencer par ces nouveaux procès d'intention et votera ce déclassement sans problème. Rappelons que ce dernier permettra de libérer le site de Balexert qui, lui,  pourra accueillir, dans le cadre du grand projet prioritaire « Châtelaine », un cycle d’orientation (relocalisation du cycle du Renard) et des logements. Les terrains occupés actuellement par le cycle du Renard pourraient, quant à eux, aussi permettre la construction de logements.