Le blog de Magali Orsini

  • Avoir la foi

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    Une page entière dans "La Tribune" pour essayer de nous convaincre que la religion a des effets bénéfiques sur notre organisme ! "Un corpus scientifique montre que, globalement, la religion et la spiritualité amènent un effet positif sur la santé mentale". Ces effets psychologiques bénéfiques, se regroupent sous le nom de "coping religieux". "Lorsqu'on croit que c'est une instance supérieure qui décide, cela peut mener à une acceptation de l'adversité, ce qui joue un rôle important dans la résilience".

    Des expériences faites sur des psychotiques montrent que 70% des patients font un usage positif de la religion. J'espère qu'on accordera à ceux qui, comme moi, se croient presque normaux, le droit à une autre forme de croyance : Nous ne sommes que de misérables fourmis à la surface d'une misérable petite planète. Rien ne dit que nous comprendrons un jour ce qu'est la vie. Mais, en tous cas, nous n'avons pas été créés par un Dieu bon. La "nature" se fiche pas mal de notre bien être et toutes les bestioles et les virus ne sont pas nos amis. Je préfère accepter l'adversité en toute lucidité et souhaiter bon vent à mes atomes pour aller reconstituer autre chose après ma mort. En attendant, j'aime aimer (comme dirait Saint Augustin), très satisfaite de l'existence des hormones du plaisir.

  • De la taxation des multinationales.

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    Il est de coutume en Suisse, quand on évoque les travaux de l'OCDE, de s'entendre répondre : "Ils ne sont pas prêts d'être appliqués...". C'est pourquoi on peut se permettre de mettre quinze ans pour décider du taux qu'on appliquera  aux bénéfices des sociétés qui ont leur siège. sur notre territoire. On vient d'apprendre que le 18 octobre prochain, l'OCDE proposera, lors du G20 finances à Washington., son nouveau projet : Les grandes entreprises ne paieraient plus leur impôts au siège du groupe, mais dans les pays où les biens sont exportés et vendus et où les bénéfices sont générés.

    On comprend le peu d'intérêt que présentera, désormais, l'installation d'un siège social de grands groupes sur notre territoire, puisque c'est juste la part du marché intérieur qui sera taxée. Bien que de nombreuses voix aient alerté dans ce sens, Ueli Maurer semble découvrir tout d'un coup que cela risque de bouleverser notre régime fiscal et que les pertes pourraient se chiffrer en milliards de Francs. 

    Sans compter l'incidence sur le marché immobilier si la place suisse ne présente plus d'attractivité particulière.

  • Ultimatum au PDT

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    On lit que SolidaritéS n'acceptera de faire liste commune aux municipales genevoises que si les quatre élus en Ville de Genève qui ont quitté ce mouvement mais sont restés au sein du groupe EAG (Parti du Travail) leur rétrocèdent CHF 150.000 de jetons de présence. Curieuse conception de la notion de "jeton de présence" dont on aurait pu croire qu'elle était prévue pour dédommager précisément les personnes présentes. Mais tout est bon pour racketter de quoi payer leurs pseudo-militants et éliminer les candidats du PDT. Et ils osent parler des "règles de la coalition EAG" alors qu'ils ont longtemps été les adversaires acharnés de tout statut pour cette simple coalition électorale, de manière à pouvoir inventer les règles au fur à mesure de leurs intérêts. En tous cas, l'intérêt général semble bien être le dernier de leurs soucis. Ce sont de toutes petites gens.

  • Des cours de maths réservés aux filles ?

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    Une conseillère d'Etat vaudoise aurait cette idée lumineuse pour "réconcilier les filles et les mathématiques". La preuve de la bouderie : les adolescentes qui s'orientent vers des filières techniques à la sortie des classes restent en forte minorité. Déjà quand j'étais jeune courait le bruit que l'aptitude aux mathématiques faisait l'objet d'une bosse que l'on avait ou que l'on n'avait pas et nombre de mes camarades filles s'étaient rapidement décrétées plutôt littéraires par défaut.

    Par chance, j'avais un père convaincu que les mathématiques étant une création humaine, n'avaient aucune raison d'échapper à sa fille plutôt qu'à ses fils. Il ne m'a donc fait aucun cadeau dans ce domaine et, comme toujours après l'effort, vint le plaisir de savoir résoudre des équations compliquées. Même si je n'en ai pas fait ma spécialité, je reste persuadée qu'il s'agit des reines des disciplines, celles qui ne trahissent pas, "à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons" comme disait Descartes. 

    Elles sont indispensables dans de nombreux domaines : physique bien sûr, mais aussi biologie, chimie, géologie, informatique, etc. On en rêve pour l'économie, mais en refusant le postulat de l'"homo oeconomicus" qui supposerait que les individus ne songent qu'à accroître leur profit, alors que nombre de leurs motivations sont bien moins rationnelles.

    Mais une fois de plus, qu'on ne commence pas par nous brandir le seul argument des "métiers du futur". Le rôle de l'école est là aussi de donner le goût des mathématiques aux élèves, à tous les élèves. Quand on aime apprendre et chercher, on est sauvé, quoi qu'il arrive. Le choix d'un métier viendra bien assez tôt.

  • Le nouvelles monnaies

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    Ces temps-ci, cela s'agite beaucoup autour des monnaies et cela fait peur à la nullité que je suis. J'ai toujours trouvé que le chapitre de la monnaie était un des plus difficiles de l'économie politique. L'édito de La Tribune nous annonce que le Libra (la nouvelle monnaie virtuelle de Facebook) risque d'échapper à la régulation et aux systèmes de lutte contre la fraude et que le pouvoir suprême des banques centrales (créer et gérer la monnaie) risquait d'être affaibli, voire annihilé. 

    Comme si celles-ci n'avaient pas renoncé depuis longtemps à ce pouvoir au profit des banques commerciales qui sucent le sang des Etats et de leurs citoyens depuis des dizaines d'années !

    On nous parle d'une "monnaie électronique intégrale remplaçant d'un clic billets, pièces et cartes de débit...". je n'aurai qu'un mot : Brrr...

  • SolidaritéS capte les revenus des élus rouges

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    Tel est le titre de la Tribune de ce jour. Je suis presque heureuse de ne pas être la seule victime de cette bande de vampires et rappelle que je poursuis toujours une action en just2ice pour récupérer plus de 50.000 francs qu'ils ont indûment détournés sur les jetons de présence et indemnités diverses dus à mon parti et à moi-même lors de la précédente législature. Alors que le Bureau du Grand Conseil, puis le Tribunal avaient confirmé que nous avions jusqu'à la fin fait partie du groupe "Ensemble à gauche", ils s'obstinent à prétendre que tel n'est pas leur avis et à retenir ces montants. Le but était évidemment de nous priver de tout moyen financier pour la campagne d'élection qui allait suivre. Tel est le préjudice causé à "La Gauche-Genève". Je crois savoir qu'ils ont également renié leurs engagements d'un versement annuel au groupe des communistes et constate qu'ils s'attaquent maintenant au Part¡ du Travail. Pour des anti-capitalistes militants, je trouve qu'ils pourraient en remontrer à maints commerçants retors.

  • L'initiative sur la BCGE invalidée par le Conseil d'Etat.

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    Des avis de droit motivés ont conduit le Conseil d'Etat, comme on pouvait s'y attendre, à invalider l'initiative lancée en pleine période électorale l'an dernier par une partie du groupe "Ensemble à Gauche". Celle-ci voulait revenir sur la décision prise il y a 18 ans d'assainissement de la BCGE par une recapitalisation décidée par le Parlement.

    Les auteurs de l'initiative ont fait semblant d'ignorer la notion d'assainissement tele qu'elle est inscrite aux articles 725 et ss. du Code des Obligations. Rappelons que, lors de la fusion entre les deux anciennes banques cantonales, des pertes considérables avaient nécessité cet assainissement. Il ne s'agit en aucune manière d'un prêt, comme certaines personnes ont essayé de le faire croire à la population, mais d'un versement à fonds perdu comme chaque fois que des actionnaires souhaitent effacer des dettes figurant au bilan. Seus les frais de fonctionnement de la fondation de valorisation (371 millions en 2009) devaient par convention être remboursés chaque année et le sont d'ailleurs régulièrement.

    Depuis, l'Etat a vu son patrimoine se reconstituer, 368 millions de dividendes ont été distribués aux collectivités publiques depuis 2000. N'importe quel citoyen honnête peut comprendre qu'on ne peut cumuler les avantages d'un actionnaire (valorisation des actions et dividende) et ceux d'un créancier (remboursement en plus d'un prétendu prêt et intérêts). De plus, un remboursement au seul Etat serait de nature à léser les autres actionnaires que sont les communes genevoises, la CPEG et divers privés. Enfin, la banque, qui ne bénéficie d'aucun statut fiscal privilégié, verse chaque année des dizaines de millions d'impôts qui profitent à la collectivité.

    Les initiants voulaient paraître défendre un intérêt public avec ce texte mensonger alors que c'est juste le contraire. Cela aurait porté un coup fatal à la banque qui contribue par excellence à l'économie de Genève et de sa région. On peut être de gauche sans vouloir ruiner le tissu économique local, appauvrir l'Etat, mettre en danger l'épargne de ses concitoyens et rendre plus difficile l'accès au crédit des PME locales.

  • Alléger l'horaire à l'école primaire.

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    Le peuple vient à peine de confirmer son voeu de voir les enfants aller à l'école le mercredi matin que les associations d'instituteurs commencent à remettre cette décision en question, selon Le Courrier d'aujourd'hui. Le prétexte officiel est la fatigue des enfants. Ils sont en effet beaucoup plus fatigués de faire de la gymnastique dans un cadre scolaire le mercredi matin que du sport à un autre endroit (les salles de gymnastique ne sont plus disponibles pour les seniors depuis l'introduction de l'école le mercredi matin). 

    On apprend dans le même article que l'horaire des enseignants (28 périodes) est moindre que celui des élèves (32 périodes). La différence est assumée par des voltigeurs, essentiellement en sciences naturelles et et en Anglais. Mais "une étude en 2017" a néanmoins souligné l'épuisement des enseignants. Cependant, selon les directeurs, ils seraient prêts à enseigner 30 périodes avec une hausse salariale. Les hausses salariales chez ces pauvres "maîtres" si mal payés supprime immédiatement toute fatigue, c'est bien connu.

    Enfin, il paraît que quelques heures de plus d'école (on n'ose pas dire d'enseignement car on se demande combien de titulaires enseignent réellement le mercredi matin) n'auraient aucun effet sur la réussite scolaire. Vous voulez dire qu'avec une école à mi-temps, ils ne liraient, n'écriraient ni ne compteraient pas plus mal ? En effet, cela donne à réfléchir...

  • Les "bullshits jobs"

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    Selon Rachel Haller, il s'agit littéralement d'"emplois à la con", concept présenté par l'anthropologue américain David Graeber. Alors que John Maynard Keynes avait prévu pour les pays avancés une durée hebdomadaire du travail de 15 heures, celle-ci a plutôt tendance à s'accroitre, tandis que beaucoup de personnes s'ennuient au bureau,  disent ne travailler de manière effective que 15 heures par semaine, et que de nombreuses autres sont au chômage. Le système capitaliste serait pourtant censé éliminer les emplois superflus, mais il semble que des emplois sans intérêt soient inventés pour tenir occupée une partie de la population. 

    Dans son ouvrage "Bullshits jobs", David Graeber donne une définition générale de ces emplois : "Une forme d'emploi rémunéré qui est si inutile, superflu ou néfaste, que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence, bien qu'il se sente obligé, pour honorer les termes de son contrat, de faire croire qu'il n'en est rien". Il en distingue cinq catégories :

    1. "Le larbin" qui travaille pour quelqu'un qui veut se sentir important, alors qu'il n'y a pas assez de tâches à déléguer.

    2. "Le porte-flingue" au service d'une industrie que l'on peut considérer comme néfaste.

    3. "Le rafistoleur" qui est là pour résoudre un problème qui ne devrait pas exister.

    4. "Le cocheur de case" qui justifie le travail des organisations en faisant des rapports et en réunissant des indicateurs.

    5. "Le petit chef" qui surveille ses subordonnés et distribue les tâches.

    Or, il explique, à juste titre, que l'humain a besoin de sentir qu'il exerce une influence sur le monde. L'idée du travail a des racines théologiques profondes ; oisiveté et loisir sont considérés comme suspects, d'où une résistance tenace à réduire la durée du travail, même si c'est évidemment la solution, surtout avec la robotisation qui s'annonce.

    J'appelle personnellement de mes voeux une introduction rapide du revenu de base universel.

     

  • La succession de Pierre-Yves Maillard

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    Je me tords évidemment les côtes en lisant que Solidarités Vaud et quelques petites composantes d'Ensemble à Gauche avait décidé de présenter la candidature de Jean-Michel Dolivo au Conseil d'Etat, sans avoir consulté leur alliée privilégiée, à savoir le POP vaudois. Ce dernier argue que, dans ces conditions, ces militants ne pouvaient pas utiliser la bannière "Ensemble à Gauche". Exactement le même schéma que les abus commis à l'époque à Genève pour présenter une liste au Conseil National.

    A tout hasard, je me permets de leur rappeler qu'il existe un seul détenteur de la  marque "Ensemble à Gauche", c'est une association inscrite au Registre du Commerce de Genève - IDE CHE-359.071.286 - dont le président est Pierre Gauthier, et dont je suis la trésorière. Cette marque nous appartient par inscription No 590639 au Registre fédéral de la propriété intellectuelle. Le plus sage pour Solidarités et consorts serait d'y renoncer définitivement partout en suisse.