05/05/2018

Pourquoi pas de signes religieux ostentatoires au Parlement ?

On nous dit que, contrairement à l'exécutif (le Conseil d'Etat), le Parlement ne saurait être soumis à aucun code vestimentaire, car les élus représenteraient le peuple et non l'Etat. Les députés auraient, de ce fait, le droit d'afficher au Parlement leurs croyances religieuses ou philosophiques.

C'est faire fi du fait que les députés sont les représentants de la République, une et indivisible. Ils n'ont pas vocation à représenter des intérêts particuliers, ni des communautés au Parlement. Les signes religieux doivent s'y effacer pour laisser place au débat éclairé. Le Parlement est une enceinte qui représente la République.

Il n'y a pas que l'Etat et ses agents qui doivent être soumis à la neutralité républicaine : les élèves du primaire et du collège en doivent pas non plus manifester ostensiblement une appartenance religieuse. Ils sont soumis à la neutralité religieuse, même s'ils sont des usagers et non des agents de l'enseignement public. Les représentants du peuple doivent être logés à la même enseigne que les élèves de l'école  laïque et républicaine.

Certains aussi essaient d'ergoter sur la notion de "signe ostentatoire". Il est évident qu'il ne s'agit pas de signes religieux discrets, mais de signes "dont le port conduit à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse, tels que le voile islamique quel que soit le nom qu'on lui donne, la Kippa ou une croix de dimension manifestement excessive".

En effet, ceux qui prétendent les exhiber au Parlement ont bien l'intention de manifester par là qu'ils tiennent à placer leur foi religieuse avant leur qualité de citoyen. C'est ce prosélytisme qui ne saurait être toléré. La foi est une affaire privée et doit absolument le demeurer.

De plus, certains éléments vestimentaires, uniquement portés par les femmes dans certaines religions, indiquent clairement la subordination de ces dernières à la domination masculine. Il est incompréhensible qu'ils soient défendus par des partis politiques qui se disent de gauche, alors qu'ils représentent le traditionalisme le plus arriéré. Comment admettre que seuls les hommes apparaissent au Parlement en tenue neutre qui les dispense d'afficher leur religion ?

09/04/2018

Une campagne avec l'argent des autres

Une partie du groupe "Ensemble à Gauche" au Grand conseil, pilotée par le mouvement SolidaritéS, se permet de fustiger "le flot d'argent dans la campagne" alors qu'elle prive depuis deux ans sa composante "La Gauche" de 75% des jetons de présence et de la totalité des indemnités qui lui reviennent, soit en tout CHF 52.213. Le Tribunal de première instance a pourtant été limpide au sujet de l'appartenance de l'élue de "La Gauche" à ce groupe jusqu'à la fin de la législature. Mais les responsables font la sourde oreille et ne daignent pas répondre à notre avocat.

"La Gauche" a donc été contrainte, à son grand regret, d'actionner à nouveau la justice. Il est évident que le président d'EAG-GC et sa trésorière seront finalement contraints de rembourser le sommes indûment retenues, même s'ils les utilisent actuellement pour la campagne électorale de seulement trois composantes sur sept, au détriment de celle de "La liste pour Genève" dont "La Gauche" fait désormais partie.

13/03/2018

Grand conseil

Si on pouvait avoir des doutes sur les accointances de rédacteur de la Tribune Eric Budry avec le mouvement SolidaritéS, sa prise de position de ce jour sur la situation de ce qu'il reste du groupe "Ensemble à Gauche", suffirait à nous éclairer. Prétendre q'un des buts de notre nouvelle liste "La liste pour Genève" serait de nuire à ce dernier est lui faire bien de l'honneur.

S'il nous a paru nécessaire, dans l'intérêt de notre canton, de déposer cette liste, c'est d'abord pour y défendre l'importante valeur républicaine qu'est la laïcité, actuellement menacée par un certain nombre d'actions nettement communautaristes. Nous laissons le soin aux islamo-gauchistes trotsko-staliniens de prendre leurs responsabilités à ce sujet. 

A leur différence également, nous ne sommes pas partisans de l'éligibilité des étrangers. Notre république mérite qu'on demande la nationalité suisse pour prétendre la gouverner. Les membres de notre liste restent, par ailleurs de vrais citoyens de gauche, souvent issus de la société civile et actifs dans les associations, toujours prêts à lutter contre le creusement des inégalités, les cadeaux fiscaux aux plus fortunés et l'emprise des multinationales. Nous nous battons pour garder à l'Etat toutes ses prérogatives régaliennes et son rôle de régulateur de la justice sociale.

A propos enfin du désir de nuire, l'auteur de l'article oublie de mentionner le montant de CHF 55.000 de jetons et indemnités qui reviennent à mon parti depuis deux ans et qu'EAG refuse de rétrocéder malgré mon récent succès au Tribunal, dans le seul but de nous priver de ressources pour la campagne et d'augmenter leurs propres moyens.

11/02/2018

De la valeur locative (extrait de mon intervention au Grand Conseil)

Récemment, dans une de ses conférences, Me Xavier Oberson, à la  suite de Bill Gates, a proposé de taxer le revenu fictif des robots, à l'image de la valeur locative. C'est dire que la notion de revenu fictif n'est pas malvenue en droit fiscal.

La possibilité de déduire la dette hypothécaire de la fortune et les intérêts et frais d'entretien du revenu rendent souvent l'opération fiscalement blanche pour les jeunes ménages qui ont pu accéder à la propriété, ce qui est évidemment une minorité.

La valeur locative n'a jamais égalé le loyer que le propriétaire aurait réellement pu obtenir en le louant à un tiers. On estime qu'il représente globalement 60% de la valeur du marché. Sans cet ajustement, la réalité économique serait que le propriétaire serait logé gratuitement, là où une majorité de locataires doivent consacrer une part importante de leurs revenus, non déductible, pour pouvoir se loger.

Certains propriétaires, qui ont amorti leur dette hypothécaire, se plaignent de se voir imposer la valeur locative de leur bien sans pouvoir déduire ni dette ni intérêts. Ils  oublient qu'ils bénéficient depuis de très nombreuses années d'une évaluation de leur bien immobilier sans commune mesure avec sa valeur réelle, créant ainsi une injustice par rapport aux acquéreurs plus récents.

Ceux qui ont hérité de petites villas ont profité de la phénoménale augmentation du prix du terrain. Si le paiement d'un loyer fictif leur pose un problème, ils peuvent toujours souscrire un prêt hypothécaire comme ont dû le faire les acheteurs des générations suivantes.

21/01/2018

Jugement du Tribunal

Le Tribunal de première instance vient de confirmer qu'en aucun cas, la branche trotsko-stalinienne d'EAG n'avait eu le pouvoir de m'exclure du groupe parlementaire "Ensemble à Gauche", appuyant la position du Bureau du Grand Conseil qui n'a jamais voulu prendre acte de cette exclusion.

Les considérants sont très clairs et je ne félicite pas les journalistes qui ont colporté pendant près de deux ans la fausse nouvelle de mon exclusion.

Il va maintenant falloir rendre à mon parti La Gauche les jetons de présence et autres indemnités indûment détournés et me convoquer régulièrement au caucus auquel ces petits tyrans m'interdisaient d'assister, me privant des informations en vue des plénières et des jetons de présence correspondants.

Dans une de ses lettres destinées à faire pression sur le Bureau du Grand Conseil, Pierre Vanek qualifiait mes recours de "surréalistes". Malheureusement pour lui, le Tribunal les a trouvés parfaitement fondés. Je félicite et remercie mon avocat, Me Steve Alder.

11/01/2018

Les baisses d'impôts linéaires sont criminelles

Au moment où les économistes et statisticiens de tous bords (gauche et droite) s'entendent pour constater un creusement jamais vu des inégalités, le PLR genevois ne trouve rien de mieux que de proposer une nouvelle baisse linéaire de 5% de l'impôt sur les personnes physiques. Est-ce que la première baisse de 12% en 1999 et ce que cela a engendré comme baisse des recettes ne leur a pas servi de leçon ?

Une baisse linéaire profite bien entendu beaucoup plus aux plus hauts revenus et grandes fortunes qu'aux gens modestes ou même à la classe dite "moyenne". Une baisse de 5% sur un impôt de CHF 300.000, c'est CHF 15.000 d'économisés par un contribuable qui n'en a certainement pas besoin, mais cela n'est que CHF 600 sur celui qui devait payer CHF 12.000 d'impôt.

On  nous disait justement, pour essayer de nous faire avaler la pilule de la baisse du taux d'imposition des personnes morales, que le fisc se rattrapait sur les personnes physiques très bien payées que ces sociétés engageaient. Nous constatons avec regret qu'il s'agissait d'une perfidie.

Comment peut-on oser faire  une proposition pareille au moment où il faudrait faire exactement le contraire (augmenter le taux pour les plus fortunés) pour sauvegarder à la fois les finances du canton et la survie du secteur associatif ? Si ce n'est par générosité et goût de la justice sociale, au moins que ce soit par un minimum d'intelligence.

 

13/12/2017

Pourquoi je voterai le budget 2018

Nous n'allons nous occuper jeudi et vendredi au Grand Conseil ni de la nouvelle grille salariale des fonctionnaires, ni de la recapitalisation de la CEPG, ni de la nouvelle version du taux de taxation du bénéfice des sociétés, pour laquelle je maintiens mon opposition. S'agissant en revanche du budget 2018, je ne suivrai pas le délégué de SolidaritéS à la commission des finances, qui le trouve comme chaque année, inacceptable, ajoutant sa voix à celle de l'UDC et du PLR. Il s'agit d'une posture de principe ; les communiqués de presse sont prêts avant la lecture même du budget et le mot d'ordre des trotskistes est de refuser tout ce qui vient du conseil d'Etat.

Je voterai ce budget comme l'an dernier avec les membres de l'alternative que sont les socialistes et les verts, bien que je n'approuve ni la suppression de 3 millions au Grand Théâtre, ni celle de CHF 102.000 au Club Suisse de la Presse et espère que des amendements seront votés pour les rétablir. Mais on ne saurait nier les concessions accordées : Pas de coupes sur l'aide aux primes maladie, annuité complète aux fonctionnaires, augmentation de 301 postes de ces derniers, dont 196 au DIP, etc. Les charges augmentent ainsi de 2,5% et il faut beaucoup de mauvaise foi pour persister à parler de "budget d'austérité".

Ayant moi-même représenté "Ensemble à Gauche" à la commission des finances, je sais combien il est difficile de se faire idée des besoins réels des quelques 400 entités subventionnées par l'Etat de Genève. Chaque direction questionnée répond invariablement qu'elle manque de personnel et travaille à flux tendus. Si cela est  indiscutable pour les HUG, l'IMAD, les EMS et encore certaines autres, il est certainement abusif de généraliser cette pénurie à l'ensemble du secteur subventionné. Le principe des coupes linéaires est regrettable, une analyse plus fine devrait pouvoir être menée par  les commissaires.

Les investissements prévus de 726 millions sont globalement satisfaisants. je ne suis pas d'accord avec le refus de la commission de prévoir 32 millions pour l'étude et les premiers travaux de la prison des Dardelles qui doit ouvrir 450 places de détention supplémentaires. Les conditions prévalant actuellement à Champ Dollon sont inacceptables et n'ont que trop duré.

17/09/2017

Les enjeux fiscaux urbains

Grâce à mon amie Martine, j'ai pu participer samedi au manège d'Onex à un échange de vues destiné aux élus municipaux entre ces deux éminents fiscalistes que sont Xavier Oberson et Samuel Bendaham. Quel plaisir d'écouter ces deux merveilleux vulgarisateurs de haut vol nous présenter le problème fiscal des villes suisses dans le contexte mondial, national, cantonal et municipal sans que l'on s'ennuie une minute ! Et comme il est rassurant de savoir que certains réfléchissent à l'avenir en pleine conscience de tous les paramètres !

Bien sûr, malgré mon immense estime pour Xavier Oberson, ma sensibilité est bien plus proche de celle du conseiller National socialiste qui explique entre autres, et d'ailleurs comme Thomas Picketty, que l'héritage sans droits de succession est une pratique féodale qui creuse encore d'avantage les inégalités de revenu et de fortune. Quant aux robots, le problème n'est pas seulement le travail qu'ils remplacent, les postes de travail qui disparaissent et les cotisations sociales qui vont avec. Ils grossissent le capital entre les mains de quelques uns et c'est cela que la collectivité doit se réapproprier à tout prix.

Quel dommage qu'un tel exposé n'ait profité qu'à un si petit groupe de personnes et que les élus du Grand Saconnex n'aient pas jugé utile d'adhérer à l'Union des Villes Suisses !

 

 

31/08/2017

Le secret médical envers les détenus psychopathes

Le Grand Conseil a chargé ce matin la commission judiciaire d'élaborer un contre-projet à l'initiative des médecins IN 159-B, intitulée "Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société", pouvant laisser entendre que la modification récemment votée à loi d'application du code pénal risquait de menacer le secret médical dans son ensemble.

Il n'en est rien et plusieurs médecins députés ont précisé à nouveau que cet article ne s'appliquait strictement qu'aux personnes condamnées en thérapie. Les droits des détenus son respectés, mais cet article permet de diminuer le risque et de répondre aux impératifs de sécurité publique. Il s'agit de protéger la collectivité, les professionnels de santé, mais aussi la qualité des soins aux condamnés.

Les auteurs de l'initiative invoquaient une "érosion du secret médical" et un risque de contagion à d'autres professions, comme les avocats et les ecclésiastiques. Le Conseil d'Etat a expliqué à juste titre que ceux-ci ne jouent pas le même rôle que le thérapeute qui dispense un traitement qui n'a pas été librement choisi par son patient. Ils n'ont pas pour mission de préserver les intérêts de la collectivité.

Par ailleurs, le nouvel article ne stipule en aucun cas que les médecins doivent agir comme experts auprès des autorités. Une expertise est demandée pour les besoins de la justice et non du détenu. Il s'agit seulement, en cas de refus de l'intéressé, de rendre obligatoire le mécanisme de levée du secret professionnel, là où le thérapeute pouvait choisir de se taire.

Autant on peut comprendre un réflexe corporatiste de certains médecins, autant le mot d'ordre de certains partis peut paraître insolite, dans ce qu'il suppose de mépris pour la sécurité de la population. Je me réjouis pour ma part, du renvoi de cette initiative en commission en vue d'un contre-projet enfin acceptable pour tous.

 

 

24/06/2017

De la propriété intellectuelle

J'ai écouté avec amusement hier soir, dans le "Geneva Show" sur Leman Bleu, le secrétaire de Solidarités. salarié à plein temps par ce mouvement, essayer de réduire "La Gauche" et le nouveau "Parti Radical de Gauche" à trois individus qui "passeraient leur temps à faire des procès à la moitié de la République". Sa conception du respect des lois fédérales, en particulier sur la propriété intellectuelle, donne toute la mesure de sa culture juridique. Quant à la force que nous représentons, je crains pour lui que ses ambitions un tout petit peu démesurées ne s'y heurtent plus rapidement et plus fortement qu'il ne le prévoyait.

Un petit mot aussi pour mon cher Jeremy Seydoux, qui s'obstine à confondre les brevets et les marques. Il est très courant dans les pays voisins que les partis politiques protègent leur nom. Il ne s'agit absolument pas d'un enfantillage, mais d'une sage prudence. On le voit bien dans le cas présent, quand certains prétendent l'utiliser alors que des composantes qui l'ont adopté ne sont plus là. Rappelons que les abus sont sanctionnés par le Code Pénal.